Une opération de l’armée visant les rebelles fait fuir les habitants de Bacongo

Une fusillade entre les troupes gouvernementales et les rebelles « Ninja » retranchés dans le quartier de Bacongo, à Brazzaville, la capitale de la République du Congo, a provoqué panique et psychose chez les habitants de la capitale, mercredi.

Alors que le combat faisait rage, des résidents de Bacongo et d’autres quartiers du sud de la ville, se sont réfugiés dans la partie nord de Brazzaville. La circulation vers le sud a été momentanément interrompue et la chaîne nationale de télévision basée à Bacongo n’a repris ses programmes que dans la soirée.

Quelques blessés ont été admis dans des hôpitaux, selon des sources hospitalières. Le ministre de la sécurité et de l’ordre public, le général de division Paul Mbot, a déclaré que trois gendarmes, deux officiers de police et une commerçante d’origine chinoise, avaient trouvé la mort dans les troubles.

Mais il n’a pas précisé s’ils sont morts durant les combats de mercredi ou la semaine dernière, lorsque la police a essayé d’expulser les Ninjas.

Le gouvernement a ordonné à l’armée d’appuyer la police qui, le 30 octobre, n’a pas réussi à chasser les Ninjas de Bacongo. Les forces de sécurité essayent de déloger les Ninjas fidèles au révérend Frédéric Bitsangou, alias pasteur Ntoumi, qui occupent illégalement des maisons à Bacongo, un de ses « fiefs ». En 2003, le gouvernement lui a construit un logement, dans l’espoir de le voir mettre un terme à sa rébellion armée.

Les combats de mercredi se sont déroulés dans le contexte du retour, vendredi, de Bernard Kolelas, le premier ministre exilé qui a fondé la milice Ninja dans les années 1990.

Le gouvernement a autorisé Kolelas à rentrer pour enterrer sa femme, après huit ans d’exil à Bamako, la capitale du Mali. En 2000, un tribunal congolais l’avait condamné à mort par contumace pour plusieurs délits commis par sa milice durant les cinq mois de guerre civile en 1995. Cependant, le président Sassou-Nguesso a demandé que des procédures légales soient entamées pour qu’il bénéficie d’une amnistie.