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jeudi 23 mai 2013
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INDONÉSIE: Jamais sans mon riz !
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Photo:
David Swanson/IRIN
Touche pas à mon bol
JAKARTA, 19 février 2012 (IRIN) - La tentative du gouvernement indonésien de réduire la consommation de riz s’est heurtée au manque de denrées alimentaires alternatives durables et à l’attachement culturel à cette céréale, selon des experts.
Après la hausse record des prix des denrées alimentaires en 2008, le gouvernement a lancé une campagne nationale en 2009 pour faire baisser la consommation de riz : celle-ci incitait les citoyens à ne pas en consommer un jour chaque semaine et appelait les 33 provinces du pays à dynamiser la production d’autres céréales.
Selon des experts, la campagne a connu un succès limité.
« Le gouvernement devrait prendre en compte les agriculteurs, il devrait garantir qu’ils tireront profit de la culture d’autres productions vivrières, comme le manioc. Pour l’instant, aucune subvention n’a été affectée à l’achat d’engrais ou de semences ; il n’y a pas de certitude concernant les prix d’achat et pas de garantie concernant les acheteurs des denrées [autres que le riz] », a dit à IRIN Mulyono Makmur, un conseiller du ministre indonésien de l’Agriculture.
La State Logistics Agency garantit les prix du riz grâce au paiement d’un « prix d’achat gouvernemental » et à la distribution de riz subventionné aux pauvres.
Avec 37 millions de tonnes en 2011, le riz reste la culture la plus importante, loin devant l’huile de palme, le caoutchouc naturel, la noix de coco et le manioc, selon le gouvernement.
« Si nous diversifions notre régime alimentaire en incluant des cultures locales comme la patate douce, le maïs et le manioc, les augmentations des prix des denrées alimentaires n’affecteront pas sérieusement la sécurité alimentaire », a dit M. Makmur.
Au début du mois, la Banque asiatique de développement (BAD) a annoncé que l’Asie du Sud-Est devrait se préparer à une éventuelle augmentation du prix des denrées alimentaires.
En Indonésie, la consommation moyenne de riz (principalement de riz blanc) est de 113 kg par an, selon le Bureau central des statistiques.
La consommation de riz a donc baissé, puisqu’elle atteignait 139 kg en 2010, mais elle demeure élevée, a dit M. Makmur, citant les habitants de la Malaisie et du Japon qui consomment en moyenne 80 kg et 60 kg de riz par an respectivement.
Diabète
Outre la sécurité alimentaire, la décision de faire baisser la consommation de riz vise également à améliorer la santé des Indonésiens en favorisant des régimes plus équilibrés, disent les défenseurs de la campagne.
Une
étude de 2010
réalisée par l’École de santé publique de l’université de Harvard a montré que sur près de 200 000 personnes interrogées, celles qui mangent cinq portions de riz ou plus par semaine ont 17 pour cent de risque en plus de développer un diabète de type 2.
Près de 6 pour cent de la population indonésienne (soit quelque 13,3 millions de personnes en 2007) souffrait de diabète, selon la dernière
enquête de santé nationale
.
Le riz, un vrai aliment
Selon M. Makmur, 77 cultures sont produites en Indonésie, le plus grand archipel du monde avec 17 000 îles.
Mais comme le dit le célèbre proverbe local, « Si vous n’avez pas mangé de riz, alors vous n’avez pas mangé ».
La campagne visant à réduire la consommation de riz ayant rencontré peu de succès, le gouvernement a décidé d’en changer le message en 2010 : il a appelé la population à faire « un repas sans riz » chaque jour plutôt que d’avoir « un jour sans riz » chaque semaine.
Photo:
David Swanson/IRIN
Le riz, une céréale sacrée pour certains
Mais les populations de la région du monde qui produit et consomme 90 pour cent de la production mondiale de riz ont résisté.
Raisons de cet attachement
Tejo Wahyu Jatmiko, le coordinateur de l’Alliance for Prosperous Villages, une organisation non gouvernementale (ONG) locale qui essaye de fournir un accès à la nourriture dans les zones rurales, a évoqué la perception erronée des Indonésiens qui pensent que seuls les pauvres consomment des tubercules.
Il en va de même pour les fruits et les légumes, a indiqué Ahsol Hasyim, le directeur du centre de recherches agricoles d’Indonésie.
« Les Indonésiens mangent du riz trois fois par jour et ils considèrent que ceux qui ne le font pas sont touchés par des difficultés économiques », a-t-il dit.
« L’idée c’est que si l’on mange du riz ou du blé, alors on est prospère », a ajouté M. Jatmiko. « Je pense que la question ici est de savoir comment présenter les aliments comme la patate douce et le manioc pour donner aux Indonésiens l’envie de les consommer ».
M. Jatmiko a dit que le gouvernement précédent, celui du président Suharto, avait fait du riz un symbole de prospérité dans les années 1970 et que cette image a perduré, bien que 75 pour cent des populations les plus pauvres du monde dépendent du riz, selon l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI) basé à Manille.
Le président Suharto a lancé une « révolution verte » en 1969 afin d’atteindre l’autosuffisance en riz. En 1984, la production nationale de riz a pour la première fois excédé la consommation.
« À l’époque, les Indonésiens, d’Aceh à la Papouasie, étaient obligés de manger du riz », a dit M. Jatmiko, en faisant référence aux deux extrémités géographiques du pays.
Mais avant que le riz devienne la principale denrée alimentaire dans le pays, nombre d’Indonésiens mangeaient du maïs, des patates douces et du sagou, un féculent local.
« Le [président] Suharto a utilisé le riz comme un outil politique pour mettre fin au communisme, car il pensait qu’une population bien nourrie ne serait pas tentée par le communisme ».
ap/pt/cb-mg/amz
Theme (s)
:
Sécurité alimentaire
,
Santé et nutrition
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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JAKARTA, 19 février 2012 (IRIN) - La tentative du gouvernement indonésien de réduire la consommation de riz s’est heurtée au manque de denrées alimentaires alternatives durables et à l’attachement culturel à cette céréale, selon des experts.
Après la hausse record des prix des denrées alimentaires en 2008, le gouvernement a lancé une campagne nationale en 2009 pour faire baisser la consommation de riz : celle-ci incitait les citoyens à ne pas en consommer un jour chaque semaine et appelait les 33 provinces du pays à dynamiser la production d’autres céréales.
Selon des experts, la campagne a connu un succès limité.
« Le gouvernement devrait prendre en compte les agriculteurs, il devrait garantir qu’ils tireront profit de la culture d’autres productions vivrières, comme le manioc. Pour l’instant, aucune subvention n’a été affectée à l’achat d’engrais ou de semences ; il n’y a pas de certitude concernant les prix d’achat et pas de garantie concernant les acheteurs des denrées [autres que le riz] », a dit à IRIN Mulyono Makmur, un conseiller du ministre indonésien de l’Agriculture.
La State Logistics Agency garantit les prix du riz grâce au paiement d’un « prix d’achat gouvernemental » et à la distribution de riz subventionné aux pauvres.
Avec 37 millions de tonnes en 2011, le riz reste la culture la plus importante, loin devant l’huile de palme, le caoutchouc naturel, la noix de coco et le manioc, selon le gouvernement.
« Si nous diversifions notre régime alimentaire en incluant des cultures locales comme la patate douce, le maïs et le manioc, les augmentations des prix des denrées alimentaires n’affecteront pas sérieusement la sécurité alimentaire », a dit M. Makmur.
Au début du mois, la Banque asiatique de développement (BAD) a annoncé que l’Asie du Sud-Est devrait se préparer à une éventuelle augmentation du prix des denrées alimentaires.
En Indonésie, la consommation moyenne de riz (principalement de riz blanc) est de 113 kg par an, selon le Bureau central des statistiques.
La consommation de riz a donc baissé, puisqu’elle atteignait 139 kg en 2010, mais elle demeure élevée, a dit M. Makmur, citant les habitants de la Malaisie et du Japon qui consomment en moyenne 80 kg et 60 kg de riz par an respectivement.
Diabète
Outre la sécurité alimentaire, la décision de faire baisser la consommation de riz vise également à améliorer la santé des Indonésiens en favorisant des régimes plus équilibrés, disent les défenseurs de la campagne.
Une
étude de 2010
réalisée par l’École de santé publique de l’université de Harvard a montré que sur près de 200 000 personnes interrogées, celles qui mangent cinq portions de riz ou plus par semaine ont 17 pour cent de risque en plus de développer un diabète de type 2.
Près de 6 pour cent de la population indonésienne (soit quelque 13,3 millions de personnes en 2007) souffrait de diabète, selon la dernière
enquête de santé nationale
.
Le riz, un vrai aliment
Selon M. Makmur, 77 cultures sont produites en Indonésie, le plus grand archipel du monde avec 17 000 îles.
Mais comme le dit le célèbre proverbe local, « Si vous n’avez pas mangé de riz, alors vous n’avez pas mangé ».
La campagne visant à réduire la consommation de riz ayant rencontré peu de succès, le gouvernement a décidé d’en changer le message en 2010 : il a appelé la population à faire « un repas sans riz » chaque jour plutôt que d’avoir « un jour sans riz » chaque semaine.
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Le riz, une céréale sacrée pour certains
Mais les populations de la région du monde qui produit et consomme 90 pour cent de la production mondiale de riz ont résisté.
Raisons de cet attachement
Tejo Wahyu Jatmiko, le coordinateur de l’Alliance for Prosperous Villages, une organisation non gouvernementale (ONG) locale qui essaye de fournir un accès à la nourriture dans les zones rurales, a évoqué la perception erronée des Indonésiens qui pensent que seuls les pauvres consomment des tubercules.
Il en va de même pour les fruits et les légumes, a indiqué Ahsol Hasyim, le directeur du centre de recherches agricoles d’Indonésie.
« Les Indonésiens mangent du riz trois fois par jour et ils considèrent que ceux qui ne le font pas sont touchés par des difficultés économiques », a-t-il dit.
« L’idée c’est que si l’on mange du riz ou du blé, alors on est prospère », a ajouté M. Jatmiko. « Je pense que la question ici est de savoir comment présenter les aliments comme la patate douce et le manioc pour donner aux Indonésiens l’envie de les consommer ».
M. Jatmiko a dit que le gouvernement précédent, celui du président Suharto, avait fait du riz un symbole de prospérité dans les années 1970 et que cette image a perduré, bien que 75 pour cent des populations les plus pauvres du monde dépendent du riz, selon l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI) basé à Manille.
Le président Suharto a lancé une « révolution verte » en 1969 afin d’atteindre l’autosuffisance en riz. En 1984, la production nationale de riz a pour la première fois excédé la consommation.
« À l’époque, les Indonésiens, d’Aceh à la Papouasie, étaient obligés de manger du riz », a dit M. Jatmiko, en faisant référence aux deux extrémités géographiques du pays.
Mais avant que le riz devienne la principale denrée alimentaire dans le pays, nombre d’Indonésiens mangeaient du maïs, des patates douces et du sagou, un féculent local.
« Le [président] Suharto a utilisé le riz comme un outil politique pour mettre fin au communisme, car il pensait qu’une population bien nourrie ne serait pas tentée par le communisme ».
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