Un tour d'horizon des fonds du changement climatique

Presque chaque jour, un groupe de réflexion ou une organisation non gouvernementale (ONG) publie une nouvelle estimation du coût des stratégies d’adaptation ou d’atténuation de l’impact du changement climatique dans les pays pauvres.



Le Rapport sur le développement dans le monde 2010, rapport phare annuel de la Banque mondiale, évalue le coût de l’atténuation du changement climatique dans les pays en développement à 400 milliards de dollars pour les 20 prochaines années, et estime que les investissements dans des stratégies d’adaptation pourraient atteindre environ 75 milliards de dollars par an entre 2010 et 2050.



Quels sont les mécanismes de prêts et les financements disponibles actuellement pour l’adaptation et l’atténuation dans les pays en développement ? Voici un guide qu’IRIN a réalisé en s’appuyant sur une liste élaborée par les auteurs du rapport de la Banque mondiale et de l’Etude sur la situation économique et sociale dans le monde, publiée chaque année par le Département des Affaires économiques et sociales des Nations Unies.



Dans le cadre de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) :



Le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) – un organisme international, comptant 178 membres, qui aide les pays en développement à financer des projets et des programmes visant à préserver l’environnement dans le monde – en décembre 2008, 352 millions de dollars avaient été investis dans de tels projets, sur un total de 1,03 milliard de dollars affectés aux stratégies d’atténuation.



Le projet Gestion durable des forêts – ce programme spécifique du FEM dispose de 154 millions de dollars pour financer des projets d’utilisation des terres, de changement d'affectation des terres et de foresterie.



Le Fonds spécial de priorité stratégique pour l'adaptation (SPA) – le projet pilote de la Caisse du FEM en matière d’adaptation – la totalité des 90 millions de dollars disponibles a été affectée.



Le Fonds spécial pour les changements climatiques (FSCC Adaptation), géré par le FEM – en décembre 2008, 68 millions de dollars, sur un total de 90 millions, avaient été affectés à 15 projets.



Le Fonds pour les pays les moins avancés, géré par le FEM – 172 millions de dollars (dont des promesses de dons) ; en décembre 2008, 91,8 millions de dollars avaient été levés pour des projets d’adaptation.



Le Fonds pour l'adaptation – en octobre 2008, 91,3 millions de dollars avaient été levés pour des projets d’adaptation. Les promesses de dons s’élèvent à plusieurs milliards de dollars.



Programmes bilatéraux :



Cool Earth Partnership (Japon) – ce fonds de 10 milliards de dollars, mis en place par le gouvernement japonais et disponible jusqu’en 2012, accorde des subventions et des prêts à des projets d’adaptation et d’atténuation. Près de deux milliards de dollars ont été affectés à l’amélioration de l’accès aux énergies vertes, et huit milliards ont été investis, via des prêts à taux d’intérêts préférentiels, dans des projets d’atténuation.



L’Initiative climat et forêt (CFI) (Norvège) – un fond de 2,2 milliards de dollars du gouvernement norvégien, disponible jusque 2012, qui accorde des subventions pour les projets d’atténuation ; il a effectué une promesse de don de 102 millions de dollars au fonds Amazone, une ONG qui utilisera ce financement pour mener des programmes de préservation des forêts tropicales du bassin du fleuve Amazone.



International Window, de l’Environmental Transformation Fund (ETF-IW) (Royaume-Uni) – ce fonds, créé par le gouvernement britannique, est disponible jusqu’en 2010. Son objectif est d’investir la plus grande partie du montant total, qui s’élève à 1,18 milliard de dollars, dans le Fonds d’investissement climatique de la Banque mondiale, mis en place en 2008 pour aider les pays en développement à mener des projets d’atténuation et d’adaptation.



Le fonds Amazone (Brésil) – jusqu’à présent, seule la Norvège a fait une promesse de don de 102 millions de dollars à ce fonds, qui est censé disposer d’un milliard de dollars. Les dons seront gérés par la Banque nationale de développement du Brésil.



Initiative internationale pour le climat (IIC) (Allemagne) – ce fonds de 764 millions de dollars, créé par le gouvernement allemand, vise à tirer 10 pour cent de ses recettes du système d'échange de quotas d'émission de l'Union européenne, qui permet aux entreprises à forte intensité énergétique d’acheter et de vendre des permis les autorisant à émettre du dioxyde de carbone.



L’Initiative internationale pour le carbone forestier (IFCI) (Australie) – ce fonds, créé par le gouvernement australien, est destiné à accorder des subventions à des projets d’atténuation, en puisant dans les 129 millions de dollars à sa disposition, et ce jusqu’en 2011. En novembre 2008, 50 millions de dollars avaient été alloués.



Programme des Nations Unies pour le développement - Fonds espagnol pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement, Thématique Environnement et changement climatique – cette initiative, dont le budget s’élève à 90 millions de dollars, permettra d’accorder des subventions à des projets d’atténuation et d’adaptation jusqu’en 2010.



L’Alliance mondiale pour la lutte contre le changement climatique (AMLCC) – ce fonds de 76 millions de dollars, créé par la Commission européenne, accorde des subventions aux pays les plus vulnérables, tels que les petites îles, pour y soutenir les projets d’adaptation et d’atténuation.



Programmes multilatéraux :



Le Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone forestier – un fonds de 385 millions de dollars créé par la Banque mondiale destiné à accorder des subventions et des prêts à des projets d’atténuation jusqu’en 2020. Jusqu’à présent, 160 millions de dollars ont été alloués.



Le Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone, également mis en place par la Banque mondiale – dispose de 500 millions de dollars pour soutenir des projets d’atténuation, sur lesquels 140 millions ont déjà été affectés.



Le Dispositif mondial de réduction des effets des catastrophes et de relèvement (GFDRR) – un fonds alimenté par les dons, géré par la Banque mondiale et destiné à financer des projets d’adaptation – n’a reçu pour l’instant que 15 millions de dollars, sur les 83 millions de dollars promis.



Le Fonds de partenariat des Nations Unies pour la réduction des émissions causées par le déboisement et la dégradation des forêts dans les pays en développement (UN-REDD) – un dispositif mettant plus de 52 millions de dollars à la disposition de projets d’atténuation ; à ce jour, six initiatives ont reçu des financements de ce fonds, à hauteur de près de 30 millions de dollars.



Les Fonds d’investissement climatiques, comprenant le Fonds pour les technologies propres et le Fonds stratégique pour le climat, tous deux gérés par la Banque mondiale – ce dispositif de 6,2 milliards de dollars accorde, via ces deux fonds, des prêts et des subventions à des projets d’atténuation et d’adaptation. Les Etats-Unis, qui ont investi deux millions de dollars dans le Fonds pour les technologies propres, en sont le principal soutien.



L’Initiative pour l'énergie durable et le changement climatique (SECCI), mise en place par la Banque interaméricaine de développement – ce dispositif de 29 millions de dollars accorde des subventions et des prêts à des projets d’adaptation et d’atténuation. Il a permis de soutenir des investissements cruciaux pour le développement des biocarburants, des énergies renouvelables et d’autres types d’énergies durables.



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