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AFRIQUE: Des mesures simples pourraient freiner la tuberculose


Photo: Stop TB Partnership
Sans certains équipements coûteux, comme des rayons X ou des laboratoires, il peut être difficile de diagnostiquer la tuberculose
LE CAP, 15 novembre 2007 (PlusNews) - De meilleures mesures sanitaires pourraient inverser la tendance à la hausse de la tuberculose et d’autres maladies respiratoires, même avec les médicaments et technologies existants, a conclu la 38ème conférence sur la santé respiratoire, en Afrique du Sud.

Lors de la clôture de cette conférence de quatre jours, en début de semaine, Nils Billo, le directeur exécutif de l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires (l’Union) a estimé qu’améliorer le contrôle de l’infection, même en usant de méthodes simples et peu coûteuses, pourrait réduire de manière significative la propagation de la tuberculose (TB) et le nombre de ses victimes, particulièrement parmi les personnes vivant avec le VIH/SIDA.

L’un des appels à l’action lancés lors de la conférence a été par exemple de faire un meilleur usage de l’un des médicaments anti-tuberculeux les plus efficaces, l’Isoniazid (aussi appelé isonicotinyl, ou INH en anglais). Des recherches menées au Brésil ont montré qu’il pouvait réduire jusqu’à 75 pour cent le risque d’infection par le bacille de la tuberculose chez les patients séropositifs, s’il était utilisé en association avec une thérapie antirétrovirale.

Les intervenants ont aussi souligné l’impact positif qu’une meilleure gestion du système de santé pouvait avoir, y compris des actions basiques pour prévenir la propagation de la TB dans les structures de soins : ouvrir les fenêtres, réduire le nombre de patients tuberculeux dans une même salle, et même encore plus simplement séparer les patients qui toussent –et donc sont potentiellement contagieux- des autres malades.

Néanmoins, il a aussi été rappelé aux 3 000 participants à la conférence que de meilleurs médicaments et des vaccins pour soigner et prévenir l’infection, ainsi que des outils plus rapides et plus fiables de diagnostic, étaient nécessaires si l’on voulait espérer venir à bout de l’épidémie.

La majeure partie de la recherche menée pour trouver des technologies efficaces, pratiques et abordables est effectuée par des organisations à but non lucratif, financées par des gouvernements, des bailleurs de fonds et le secteur privé.

La TB a souffert d’un manque d’attention de la part des décideurs politiques et des bailleurs de fonds pendant des décennies, principalement parce que la maladie était assez bien contrôlée dans les pays développés.

Cependant, une soudaine augmentation du nombre de cas de TB à New York, aux Etats-Unis, dans les années 1990, associée à un nombre toujours plus grand de cas de tuberculose chez les patients infectés au VIH/SIDA, a ramené la maladie sur le devant de la scène politique et scientifique.

Diagnostiquer la tuberculose peut être difficile, particulièrement quand les structures sanitaires ont un accès limité ou inexistant à des appareils coûteux, tels que les rayons X ou les laboratoires capables d’effectuer les cultures d’échantillons de salive pour détecter le bacille.

Six vaccins prometteurs contre la TB sont sur le point d’être testés dans le cadre d’essais cliniques humains au cours de l’année à venir, mais même si l’un d’entre eux devait s’avérer suffisamment efficace, il est peu probable qu’il soit disponible pour une utilisation à l’échelle mondiale avant 2015.

L’Alliance mondiale pour la recherche médicale sur la tuberculose a annoncé qu’elle avait actuellement deux nouvelles molécules de traitement de la TB en développement. L’une d’entre elles, appelée moxifloxacin, est parmi les nouveaux médicaments potentiels contre la TB les plus avancés, et est sur le point d’être testée dans le cadre d’un essai clinique de phase 3, impliquant plus de 2 000 volontaires au Kenya, en Afrique du Sud, en Tanzanie et en Zambie.

L’organisation espère que son nouvel antibiotique sera finalement utilisé pour remplacer les médicaments actuels, et pourra aider à réduire la période de traitement, actuellement de six mois, avec des médicaments de première ligne.

Inquiétudes persistantes face aux résistances

Malheureusement, la moxifloxacin n’est pas efficace contre les formes ultra-résistantes de TB. Le nombre grandissant de cas de résistance aux médicaments a été au centre de la conférence de l’Union cette année, de même que la propagation de l’épidémie de tuberculose parmi les personnes vivant avec le VIH.

Les taux de réussite de traitement de la TB sont faibles à l’échelle mondiale, mais particulièrement dans les pays en développement qui supporte le lourd fardeau d’une épidémie souvent aggravée par le VIH/SIDA.

En Afrique du Sud, le succès des traitements antituberculeux varie de manière importante selon les régions : un district dans la province de Mpumalanga a rapporté un taux de guérison d’à peine 12 pour cent, comparé à un taux national d’un peu moins de 58 pour cent, bien loin de l’objectif des 85 pour cent recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’apparition de formes résistantes de la TB a été entraînée par l’échec des traitements de première ligne, de nombreux patients ne terminant pas leurs six mois de traitement. Dans la plupart des cas, la transmission de souches résistantes de la TB est intervenue dans le cadre de structures de soins.

La tuberculose multi-résistante (MDR-TB) résiste à au moins deux des médicaments de première ligne les plus efficaces et les plus largement utilisés pour traiter la maladie, tandis que la tuberculose ultra-résistante (XDR-TB) est résistante à au moins un des médicaments de seconde ligne.

A l’échelle mondiale, il est estimé que quatre pour cent des infections tuberculeuses sont résistantes à plusieurs médicaments, bien que ces chiffres atteignent jusqu’à 20 pour cent dans certaines zones.

L’OMS estime qu’il faudrait 2,15 milliards de dollars pour mettre en oeuvre la totalité de son plan de réponse à la MDR-TB et la XDR-TB pour 2007-2008. Cela pourrait permettre de sauver 134 000 vies au cours des deux ans de durée du programme, de traiter 160 000 personnes avec la forme MDR de la maladie et 16 000 avec la XDR.

Environ 14 millions de personnes dans le monde sont co-infectées au VIH et à la TB, tandis que plus des deux tiers des personnes infectées par la TB en Afrique subsaharienne vivent aussi avec le VIH/SIDA. Les deux maladies se renforcent mutuellement dans l’organisme, chacune affaiblissant les défenses immunitaires contre l’autre.

La conférence au Cap a rappelé la nécessité de coordonner l’action contre les deux épidémies, pour créer une réponse effective à ce que certains participants ont appelé une épidémie de co-infection. Des intervenants ont, à plusieurs reprises, rappelé que la lutte contre la TB avait bénéficié de très peu de ressources, comparé à la lutte contre le sida, plus visible.

Alors que la conférence prenait fin, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a annoncé avoir approuvé 1,1 milliard de dollars de nouvelles subventions. Mais la TB ne constitue que 10 pour cent de ce montant, contre 48 pour cent pour le sida et 42 pour cent pour le paludisme.

La conférence 2008 sur la santé respiratoire se tiendra à Paris, en France.

bb/ks/he/oa/ail


Thèmes: (IRIN) Prise en charge/Traitement, (IRIN) VIH/SIDA (PlusNews), (IRIN) Prévention, (IRIN) PVVIH/Organisations, (IRIN) Recherche

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