Survivantes de viol en Haïti

NAIROBI, 4 novembre 2011 (IRIN) - Plus de 18 mois après le tremblement de terre qui a frappé Haïti en janvier 2010, les femmes et les jeunes filles qui vivent dans les camps de fortune demeurent vulnérables aux violences sexuelles. 

Le dernier film d’IRIN suit Shirley Christoff, une victime de viol, alors qu’elle tente de reconstruire sa vie dans un campement délabré de Port-au-Prince. Comme des milliers d’autres femmes, Mme Christoff craint constamment pour sa sécurité. 

Les organisations des droits de l’homme indiquent que le manque de sécurité explique en grande partie le taux élevé de viol tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des camps de déplacés internes. Selon Amnesty International, plus de 250 cas de viols dans plusieurs camps ont été signalés au cours des 150 premiers jours qui ont suivi le tremblement de terre. 

Les violences sexuelles et les actes de violences sexistes étaient généralisés en Haïti avant le tremblement de terre. Dans les années 1990, l’organisation humanitaire Human Rights Watch (HRW) avait montré l’utilisation du viol en tant que forme d’oppression sous le régime de Raoul Cédras. Le Conseil de sécurité des Nations Unies a estimé que 35 000 femmes et jeunes filles ont été victimes de viols et de violences sexuelles entre 2004 et 2006. 

« Quand on a été victime d’un viol, on n’a plus nulle part où aller, on retourne au camp et on doit faire face à la personne qui vous a violé », a dit Mme Christoff. Les postes de police et les tribunaux ayant été réduits en ruines au cours du tremblement de terre, les quelques mécanismes de protection qui existaient auparavant ont été détruits. 

Selon Amnesty International et HRW, la réponse humanitaire et gouvernementale aux violences sexistes après le tremblement de terre a été totalement inadaptée. Alors que des efforts étaient déployés pour satisfaire les besoins fondamentaux, le droit des femmes et des filles à être protégées des violences sexuelles n’a guère reçu d’attention. Les victimes de violences sexuelles ont décidé de prendre les choses en main, avec le soutien de deux organisations locales qui ont fourni de l’aide à des milliers de femmes. Le premier mécanisme de réponse d’urgence aux violences sexuelles a été mis en place en octobre et un centre d’appel a déjà enregistré 400 cas de viols. 

Ce court-métrage est le dixième d’une série de films consacrés à la question du déplacement, « Fuite forcée ». D’autres films de la série s’intéressent au Changement climatique en Bolivie, aux migrants africains en Israël et aux sans-abri d’Haïti.

mg/og