Les pluies tardives affectent durement les éleveurs nomades

Les éleveurs nomades des régions rurales de Djibouti ont de plus en plus de difficultés à se nourrir et les pâturages pour le bétail se font de plus en plus rares en raison de l’arrivée tardive des pluies des mois de mars et mai, a prévenu un réseau de systèmes d’alerte précoce.

« La production de lait est quasi-inexistante et le prix des denrées de base est particulièrement élevé. Ceci n’a fait qu’accentuer les difficultés des populations d’éleveurs nomades à accéder à la nourriture, après plusieurs années consécutives de sécheresse », a indiqué le Réseau de systèmes d’alerte précoce contre la famine (FEWS Net), dans un récent rapport sur la sécurité alimentaire à Djibouti, publié le 5 juin.

Selon FEWS Net, l’afflux à Djibouti de réfugiés somaliens fuyant les combats dans leur pays devrait réduire encore plus les maigres ressources humanitaires disponibles.

Dans les régions rurales de Djibouti, la petite saison des pluies, de mars à mai, a commencé avec six semaines de retard et le niveau des pluies a été faible à la mi-avril.

Or, ces pluies qui surviennent généralement après la longue saison sèche d’octobre à février sont d’un grand soulagement pour les populations, en particulier celles vivant dans les zones pastorales des régions frontalières du nord-ouest et du sud-est du pays, a précisé le FEWS Net.

En raison de la sécheresse prolongée, les pâturages et l’eau sont devenus rares, et le bétail commence à montrer des signes extrêmes de détresse qui ont entraîné une baisse significative de la production de lait.

Quant aux populations urbaines démunies, qui éprouvent d’énormes difficultés à se procurer de la nourriture en raison du prix élevés des denrées alimentaires de base, elles commencent à ressentir les effets des pénuries d’eau, en particulier dans la ville de Djibouti et à Dikhil. Et ces pénuries pourraient aggraver la situation sanitaire et nutritionnelle déjà déplorable des enfants, a souligné le FEWS Net.

Les problèmes de malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans sont courants à Djibouti où, d’après l’enquête réalisée en 2006 par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le taux de malnutrition était bien inférieur au seuil d’urgence.

Cette enquête à indicateurs multiples (Multi-Indicator Cluster Survey, en anglais) explique le mauvais état nutritionnel des nourrissons et enfants djiboutiens par les fréquentes sécheresses, le fort taux de chômage et les prix des denrées alimentaires de base qui sont hors de portée de la plupart des habitants des zones urbaines et rurales.

L’un des constats les plus inquiétants de cette enquête est que le taux de malnutrition global s’établit à 20,4 pour cent, contre 17,9 pour cent en 2002, et que le taux de malnutrition aigüe sévère est de 7,1 pour cent, contre 5,9 pour cent en 2002.

Or, selon l’Organisation mondiale de la santé, un taux de malnutrition aiguë global de 15 pour cent est considéré comme grave.

Les effets de la faible pluviométrie devraient se faire encore ressentir jusqu’à la fin du mois de juillet, une période qui coïncide généralement avec le début de la grande saison des pluies.

En outre, a révélé le rapport de FEWS, les sécheresses récurrentes, la diminution du cheptel, le taux particulièrement élevé de la malnutrition et la réduction des opportunités commerciales ont, au cours de la dernière décennie, gravement affecté la capacité des éleveurs à faire face à de telles situations.

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