Nouveau film d’IRIN : Terre de poussière

Deux ans après la fin de l’apartheid, « il n’y a rien à célébrer », a dit Shawn Yanta. « Seuls les riches ont quelque chose à fêter. La classe ouvrière fait toujours des pieds et des mains pour continuer de vivre. »

M. Yanta habite le bidonville de Stofland, dans la vallée de la Hex, dans la province sud-africaine du Cap-Ouest. L’instauration de la démocratie, en 1994, a donné un coup de fouet à l’industrie du raisin de table de la région en mettant un terme au boycottage international des produits sud-africains.

Les raisins de table cultivés dans la province du Cap-Ouest représentent plus de 80 pour cent de la production totale sud-africaine. Les vallées de la Hex et du Berg sont les principales zones de production du pays. Le raisin de table est l’un des fruits les plus vendus au monde et les conditions climatiques qui prévalent dans ces vallées permettent d’étaler la saison sur huit mois, ce qui est inhabituellement long pour ce type de culture.

L’augmentation des revenus tirés de la vente des raisins ne s’est cependant pas traduite par une amélioration des conditions de vie des cueilleurs. Ceux-ci continuent en effet de vivre dans la pauvreté et sont toujours négligés par le gouvernement et les services sociaux.

Le plus récent film d’IRIN, Land of Dust [Terre de poussière], s’intéresse aux conditions des travailleurs agricoles de la vallée de la Hex, qui se voient récompensés par de longues heures de travail, de faibles salaires et un accès difficile à la santé et à l’éducation. Leurs conditions de vie ont en effet très peu changé depuis la fin de l’apartheid.