LONDRES, 8 juillet 2016
Ben Parker

Responsable de la section Projets d'entreprise  

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Le premier consortium mondial sur la sécurité alimentaire, le Partenariat mondial IPC, évoque une « situation de faim extrême frisant peut-être la famine » dans certaines régions de l'État d'Unité, au Soudan du Sud. 

Une détérioration de la situation est probable, a-t-il déclaré. Par manque d'informations, il est toutefois impossible de déterminer si la situation répond à la définition technique de la famine fixée par l'IPC - un signal fort et poignant. Compte tenu des conflits et déplacements à grande échelle et de la fragilité latente, cette éventualité est envisagée depuis de nombreux mois

Les chiffres obtenus à la fin de l'année dernière (voir le graphique ci-dessous) pourraient bien être dépassés. Le dernier rapport officiel en date estime que 40 000 habitants de l'État sud-soudanais d'Unité vivent une situation alimentaire correspondant au niveau 5 de la classification en cinq phases de l'IPC - la plus dramatique. Selon le groupe IPC, il faudrait davantage de contexte et de données pour déclarer l'état de famine. 

 

 

Ces chiffres sont ceux d'un groupe de travail sud-soudanais dédié à la sécurité alimentaire, auquel le gouvernement appartient.

« Le Soudan du Sud est en chute libre et le monde s'en fiche car les réfugiés sud-soudanais ne viennent pas s'échouer sur les côtes européennes » - un travailleur humanitaire.

Mais des divergences émergent entre les experts rattachés au Partenariat mondial IPC et ceux du groupe local.

Un rapport technique du Comité d'examen d'urgence de l'IPC publié le 10 février conclut à une « situation de faim extrême frisant peut-être la famine » dans certaines régions de l'État d'Unité, en ajoutant toutefois que « l'insuffisance et la fiabilité douteuse des preuves disponibles » ne permet pas de statuer.

Dans un passage soigneusement formulé, le comité suggère que l'insécurité pourrait ne pas être la seule explication à l’absence d'informations fiables, en insinuant que les autorités locales manqueraient de volonté politique. « Le Comité d'examen d'urgence s'inquiète de l'absence apparente d'urgence ou de priorité accordée à une évaluation efficace de la gravité de la situation d'insécurité alimentaire dans les régions touchées par le conflit, et d'un éventuel manque d'engagement de la classe dirigeante pour accéder à ces régions. »

En attendant, les estimations publiques restent inchangées : 40 000 habitants de l'État d'Unité se trouveraient dans une situation « catastrophique », en plus des quelque 2,79 millions de personnes en situation de « crise » ou d'« urgence ».