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SRI LANKA: Une organisation anticorruption dénonce la « disparition » de fonds d’aide au Tsunami


Photo: Christine Jayasinghe/IRIN
Des enfants du camp de Jiffrey à Kalmunai, sur la côte est du Sri Lanka. Bon nombre d'entre eux vivent dans ce camp depuis le tsunami de 2004
COLOMBO, 28 décembre 2007 (IRIN) - Plus de 500 millions de dollars américains versés au Sri Lanka au titre de l’aide humanitaire à la suite du tsunami ont « disparu », a révélé une organisation de lutte mondiale contre la corruption.

Selon Transparency International Sri Lanka (TISL), les enquêtes menées par l’organisation ont révélé un écart entre le montant des fonds versés par les agences humanitaires internationales et les sommes investies dans des projets humanitaires et de reconstruction après le tsunami de 2004.

« L’écart entre le montant des fonds versées et les sommes dépensées a donné lieu à une controverse, mais aucune explication crédible nous a été fournie », a déclaré TISL dans un rapport publié à l’occasion du troisième anniversaire de la catastrophe. « Il n’y a aucune explication précise pour justifier les 53 597 253 625 roupies [environ 535 millions de dollars] manquants.

Néanmoins, le gouvernement continue d’affirmer que son programme de reconstruction a été un réel succès. Anura Priyadarshana Yapa, porte-parole et ministre de la Communication du gouvernement a déclaré la semaine dernière que le Sri Lanka s’en sortait mieux que les autres pays frappés par le tsunami et que le taux de réussite de son programme était de 80 pour cent.

D’après les chiffres que le TISL a pu obtenir en début d’année de la Banque de données à l’assistance au développement (Development Assistance Database/DAD) – un site web officiel qui enregistre les montants des fonds versés après le tsunami au titre de l’aide humanitaire – les bailleurs ont débloqué environ 1,2 milliard de dollars (alors qu’ils s’étaient engagés à en verser deux fois plus).

Selon le DAD, sur les quelque 1,2 milliard de dollars disponibles, environ 685 millions de dollars ont été investis dans des projets post-tsunami.

Le TISL a estimé qu’il avait des raisons de penser qu’une partie des fonds « avait été utilisée par le gouvernement à d’autres fins », mais n’a pas pu expliquer ce à quoi cet agent aurait pu servir.

Des allégations rejetées par le gouvernement

Une responsable du gouvernement chargée de la supervision des projets de réhabilitation post-tsunami a catégoriquement rejeté les allégations du TISL. Selon elle, les chiffres avancés par le TISL sont erronés, car ils ont été saisis dans la base de données par des agences de coopération bilatérale et multilatérale.

« Le gouvernement n’a aucun contrôle sur les chiffres figurant dans cette base de données parce que les donateurs se chargent eux-mêmes de la saisie de ces chiffres », a expliqué à IRIN Shanthi Fernando, responsable à la présidence des projets de reconstruction et de réhabilitation post-tsunami. « Ce ne sont pas des sommes perçues directement par le gouvernement ».

Aucun audit financier sur la gestion des fonds

Selon le TISL, depuis la publication d’un rapport provisoire en 2005, le gouvernement n’a commandité aucun audit financier sur la gestion des fonds versés après le tsunami. « Ainsi, la situation financière générale est ambiguë et ouvre la voie à toutes sortes de spéculations », pouvait-on lire dans le rapport du TSIL.


Photo: Christine Jayasinghe/IRIN
Mécontents, les habitants du camp de Lunawa, près de Colombo, ne cessent de répéter qu'ils veulent des habitations proches de la mer, car bon nombre d'entre eux sont des pêcheurs
Toutefois, d’après Mme Fernando, tous les ministères impliqués dans des projets post-tsunami ont réalisé leur propre audit financier et le gouvernement n’a donc pas besoin d’en faire faire un autre.

Le TISL a également soulevé le problème des interventions politiques dans l’affectation des logements et certains faits de corruption impliquant des autorités villageoises des faits qui devront faire l’objet d’une enquête.
« Les projets de reconstruction à grande échelle […] nécessitent la mise en place d’un dispositif permettant d’enregistrer des plaintes liées à des faits de corruption », a expliqué le TISL, qui recommande que le gouvernement établisse une procédure de dépôt de plainte officielle.

cj/bj/cb/ads


Thèmes: (IRIN) Politique, (IRIN) Paix et sécurité, (IRIN) Démocratie et gouvernance, (IRIN) Catastrophes naturelles

[FIN]

[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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