English
|
عربي
|
Mobile
|
A propos d’IRIN
dimanche 19 mai 2013
Recherche avancée
nouvelles et analyses humanitaires
Un service du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies
- Tous les pays -
Afrique du Sud
Afghanistan
Angola
Bangladesh
Bénin
Botswana
Burkina Faso
Burundi
Cambodge
Cameroun
Cap vert
Colombie
Comores
Congo
Côte d'Ivoire
Djibouti
Egypte
Erythrée
Ethiopie
Gabon
Gambie
Ghana
Guinée équatoriale
Guinée
Guinée-Bissau
Haïti
Indonésie
Irak
Iran
Israël
Jordanie
Kenya
Kirghizistan
Laos
Lesotho
Liban
Liberia
Libye
Madagascar
Malawi
Mali
Mauritanie
Maurice
Mozambique
Myanmar
Namibie
Népal
Niger
Nigeria
Ouganda
Ouzbékistan
Pakistan
Philippines
RDC
République Centrafricaine
Rwanda
Sahara Occidental
Sao Tome-et-Principe
Sénégal
Seychelles
Sierra Leone
Somalie
Soudan
Soudan du Sud
Sri Lanka
Swaziland
Syrie
Tadjikistan
Tanzanie
Tchad
Thaïlande
Timor-Leste
Togo
TPO
Turkménistan
Vietnam
Yémen
Zambie
Zimbabwe
Inscrivez-vous à nos alertes email
|
Connexion
Analyses
Monde
Afrique
PAGE D’ACCUEIL - AFRIQUE
AFRIQUE DE L'EST
Kenya
Soudan du Sud
Soudan
Tanzanie
Ouganda
GRANDS LACS
Burundi
République Centrafricaine
Congo
RDC
Rwanda
CORNE DE L'AFRIQUE
Djibouti
Erythrée
Ethiopie
Somalie
AFRIQUE AUSTRALE
Afrique du Sud
Angola
Botswana
Comores
Lesotho
Madagascar
Malawi
Maurice
Mozambique
Namibie
Seychelles
Swaziland
Zambie
Zimbabwe
AFRIQUE DE L'OUEST
Bénin
Burkina Faso
Cameroun
Cap vert
Côte d'Ivoire
Gabon
Gambie
Ghana
Guinée équatoriale
Guinée
Guinée-Bissau
Liberia
Mali
Mauritanie
Niger
Nigeria
Sahara Occidental
Sao Tome-et-Principe
Sénégal
Sierra Leone
Tchad
Togo
Film:
Sables mouvants
Fux RSS - Afrique
Asie
PAGE D’ACCUEIL - ASIE
Afghanistan
Bangladesh
Cambodge
Indonésie
Iran
Kirghizistan
Laos
Myanmar
Népal
Ouzbékistan
Pakistan
Philippines
Sri Lanka
Tadjikistan
Thaïlande
Timor-Leste
Turkménistan
Vietnam
Film:
Guerre civile au Népal
Flux RSS - Asie
Moyen-Orient
PAGE D’ACCUEIL - MOYEN ORIENT
Egypte
Irak
Israël
Jordanie
Liban
Libye
OPT
Syrie
Yémen
Film:
Réfugiés Syriens en Jordanie
Flux RSS - Moyen Orient
PlusNews
Dossiers
Renforcer la résilience
L’Humanitaire dans un monde qui s’urbanise
Nos Vies - Guide de survie
Film
Photo
Hebdo
Thèmes
Catastrophes naturelles
Démocratie et gouvernance
Droits de l'homme
Eau et Assainissement
Economie
Education
Egalité entre les sexes
Enfant
Environnement
Paix et sécurité
Politique
Réfugiés et déplacés
Santé et nutrition
Sécurité alimentaire
Sécurité
Urbanisation
VIH/SIDA
Lire l'article en:
English
MADAGASCAR: À la recherche de Remenabila
Follow @{0}
Commentaire
Email
Imprimer
Mode lecture
Partager
Photo:
Guy Oliver/IRIN
Pare-brise fendu d’un véhicule de la gendarmerie en patrouille à Taolagnaro, une ville portuaire du sud-est de Madagascar
TAOLAGNARO, 25 septembre 2012 (IRIN) - Yvan Razafimandimby, 22 ans, était en train de travailler dans la boutique familiale, dans le quartier de Anbounato, à Taolagnaro, Madagascar, lorsque deux soldats sont arrivés pour lui annoncer que son père, âgé de 50 ans, avait été tué par des bandits.
« Ça a vraiment été un choc que mon père ait été assassiné ainsi. S’il était mort à la suite d’une maladie, j’aurais moins souffert », a dit M. Razafimandimby à IRIN. « Mon père me manque. J’ai perdu quelqu’un sur qui je pouvais compter. »
Fenandson Razafimandimby, sergent d’état-major et militaire de carrière, a passé trois semaines par mois pendant près de dix ans à lutter contre les bandits, appelés en malgache les « dahalo ». Son salaire de 400 dollars représentait le revenu principal de sa famille et était complété par le magasin familial, dont le chiffre d’affaires quotidien oscillait entre six et dix dollars.
M. Razafimandimby a dit que les soldats lui avaient raconté comment son père avait été tué. C’était au mois de juin. Les forces de sécurité, composées de soldats et de gendarmes, étaient en train de rassembler des zébus (bovidé à bosse que l’on trouve à Madagascar) volés près du village de Lambohazo, dans la région de l’Anosy, au sud-est de l’île.
« Alors qu’il vérifiait le certificat de propriété d’un zébu présenté par un villageois, un dahalo est arrivé et lui a tiré dans le dos », a dit M. Razafimandimby. « Je ne pense pas que ses assassins vont être traduits en justice. Je ne peux rien faire et je sais que le gouvernement ne va rien faire. » Deux soldats et huit gendarmes ont été tués dans cet affrontement.
« Les forces de sécurité ne savaient pas que Remenabila et ses dahalo se trouvaient dans le village et étaient en train d’organiser l’enterrement d’un bandit tué quelques jours plus tôt et elles ne savaient pas que le village comptait un grand nombre de dahalo », a dit à IRIN le lieutenant-colonel Mbina Mamelison, commandant de gendarmerie de la région de l’Anosy.
Remenabila, âgé de 54 ans, est devenu l’homme le plus recherché du pays. Le gouvernement a annoncé une récompense de 10 000 dollars pour toute information qui permettrait sa capture et 50 000 dollars pour quiconque le capturerait, mort ou vif.
« Les gendarmes sont très en colère contre ces assassinats et nous sommes prêts à nous battre, mais nous manquons cruellement de moyens », a dit M. Mamelison.
Des dahalo entraînés militairement
« J’étais triste et honteux après les assassinats — triste et honteux, parce que l’armée est faible et ne peut rien faire pour lutter contre les dahalo ». a dit à IRIN un soldat en service, qui a souhaité garder l’anonymat.
« J’étais triste et honteux après les assassinats — triste et honteux, parce que l’armée est faible et ne peut rien faire pour lutter contre les dahalo »
Selon lui, de nombreux dahalo ont suivi une formation militaire, car lorsqu’ils étaient jeunes, ils se sont engagés dans l’armée, qui représente l’une des rares sources d’emploi officiel. Après deux ans, les jeunes soldats doivent payer des pots-de-vin d’environ 500 dollars pour pouvoir continuer à travailler dans l’armée. La plupart n’en ont pas les moyens et retournent donc dans leur village pour gagner leur vie comme dahalo.
Environ 85 pour cent de la population rurale vit avec un dollar par jour ou moins. Le seul bien ayant une valeur marchande substantielle est le zébu, qui est utilisé comme animal de trait et pour fertiliser les champs. Le cheptel de zébus du pays est estimé à plusieurs millions de têtes.
Au cours des trois derniers mois, Remenabila a été accusé d’avoir volé 2 000 zébus, pour une valeur d’environ un million de dollars. Nombreux sont ceux qui doutent qu’il ne soit jamais placé en détention, en raison de sa richesse — dans un pays où les pots-de-vin sont une garantie de liberté — et du terrain sur lequel il opère.
Après l’assassinat des gendarmes et des soldats, 250 militaires, dont des membres des forces d’intervention spéciale, une unité d’élite, ont été déployés dans la région pendant un mois. Ils n’ont cependant réussi à procéder à aucune arrestation.
Les dahalo détiennent toutes sortes d’armes, certaines datant de la Première Guerre mondiale, d’autres aussi modernes que des fusils d’assaut AK-47. Lorsqu’ils volent du bétail, ils portent des bandeaux rouges pour se distinguer, mais le reste du temps ils ressemblent « à des paysans, qui cultivent du riz et des haricots. Il est difficile de les identifier [...] Je ne pense pas qu’attraper [Remenabila] va mettre fin au problème des dahalo », a dit M. Mamelison.
Rouge qui se pavane
Remenabila, dont le surnom, traduit librement du malgache, signifie « rouge qui se pavane », se déplace à travers 5 000 km2 de territoires montagneux, appelés
« zone rouge »
, où le gouvernement exerce un contrôle très limité, voire nul. « Lambohaza n’est pas accessible par la route. Il faut d’abord rouler jusqu’à Esira, puis marcher pendant deux jours sans l’assistance d’hélicoptères ni de radio. Il faut porter tout l’équipement nécessaire, y compris la nourriture et les munitions », a expliqué M. Mamelison.
Photo:
Guy Oliver/IRIN
Insécurité dans le sud de Madagascar
Une nouvelle opération est prévue pour capturer Remenabila. Cependant, sans hélicoptère pour transporter les soldats ni radio pour coordonner les troupes sur le terrain, « les gendarmes sont facilement repérés et [Remenabila] a largement le temps de fuir », a ajouté M. Mamelison.
Une femme soupçonnée d’être la sangoma, ou conseillère spirituelle, de Remenabila a été arrêtée le 15 septembre à Analabinda par les forces de sécurité et a été traînée à genoux devant les officiers supérieurs, sous les flashs des médias locaux. Selon ces derniers, elle a refusé de fournir des informations qui permettraient de localiser Remenabila.
Selon M. Mamelison, la population protège les dahalo par crainte ou loyauté et « la solution est de renforcer le système de certificats d’identification des zébus nécessaires [à la vente] », afin de faire perdre ce marché aux dahalo. Les gendarmes contrôlent de plus en plus les titres de propriété des zébus sur les principaux marchés aux bestiaux du centre-sud de Madagascar. Les dahalo redoublent cependant d’astuce et certains se spécialisent dans la contrefaçon de certificats de propriété de zébus.
On sait peu de choses sur Remenabila. Il a passé environ deux ans en prison pour avoir volé du bétail à Farafangana lorsqu’il était plus jeune et il aurait quatre ou cinq femmes et un nombre inconnu d’enfants. Il appartient à l’ethnie Bara, qui considérait traditionnellement le vol de zébu comme un rite de passage à l’âge adulte, une coutume à laquelle certains adhèrent toujours.
« Le problème des dahalo existe depuis longtemps. C’était une sorte de sport avant. Si vous ne [voliez] pas de bétail ou que vous ne [séjourniez] pas en prison, vous [n’étiez] pas un homme. De nos jours, cela a changé, c’est devenu une source de revenus et c’est de pire en pire [...] L’armée est responsable du maintien de l’ordre, mais il y a beaucoup de désordre maintenant et l’armée essaye donc de rétablir l’ordre et la sécurité », a dit à IRIN le ministre des Forces armées, Lucien Rakotoarimasy.
Insécurité croissante
« Le risque c’est que cela s’étende à toute la région. Nous devons donc identifier l’origine des actes des dahalo. Est-ce politique ? » s’est interrogé M. Rakotoarimasy. Début septembre, environ 300 dahalo ont attaqué le district de Belo sur Tsiribihina, au sud-ouest de Madagascar. Selon les médias locaux, ils ont tué le commandant de la gendarmerie nationale et le commandant régional de l’armée.
Lire Aussi
Madagascar, terre de bandits impitoyables
Déclin du secteur de la santé
Du sexe pour survivre
M. Rakotoarimasy a reconnu que les services de sécurité étaient mal équipés pour maîtriser les dahalo et que, même s’ils avaient des hélicoptères de reconnaissance, acheter des hélicoptères pour transporter les troupes serait « très onéreux ». L’armée doit moderniser son système de communication de terrain, car « pour le moment, nous utilisons des téléphones satellites, ce qui coûte très cher ».
Le problème est en partie dû à l’impunité dont bénéficient les dahalo, a ajouté M. Rakotoarimasy. Les témoins ont peur de comparaître par crainte d’être punis, a-t-il dit. Il faut donc garantir davantage la sécurité des témoins. « L’armée attrape des dahalo, mais ceux-ci sont libérés [par les tribunaux...] Ceux qui sont attrapés devraient être gardés en prison — mais ce n’est pas le cas. »
En attendant, le gouvernement encourage les communautés à se protéger elles-mêmes contre les dahalo, car les forces de sécurité — qui comprennent environ 150 000 soldats, 11 000 gendarmes et 20 000 policiers — manquent de capacité.
« J’approuve l’autodéfense des villageois contre les dahalo. La population doit protéger ses biens. Le gouvernement n’enseigne pas aux gens à se défendre. L’idée est de faire savoir à la population qu’elle doit se défendre elle-même », a précisé M. Rakotoarimasy.
Début septembre, à Betroka, environ 100 dahalo présumés ont été tués par des milliers de villageois.
go/rz-ld/amz
Theme (s)
:
Sécurité alimentaire
,
Démocratie et gouvernance
,
Paix et sécurité
,
Sécurité
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
Partager l’article
Commentaire
votre commentaire
Do not fill this textbox.
FeedBackSuccess
Dernières Nouvelles
Rebelles syriens et DHI
Des solutions internes à la crise en RDC
Hausse du nombre de victimes de mines
La mission des Nations Unies en Somalie
L’éducation souffre des attaques de BH
Mieux former le personnel local
Encourager le financement de la RRC
Partager l’article
Articles associés
Les agriculteurs de Madagascar touchés par une succession de catastrophes
Le cyclone tropical Haruna frappe le sud-ouest de Madagascar
Un programme « vivres contre travail » pour aider les Malgaches et leurs forêts
MADAGASCAR: Thierry Mafisy Miharivonjy Razafindranaivo – Cuisinier à Madagascar
MADAGASCAR: Liliana Lova Rahoaritsalamanirinarisoa – Enseignante stagiaire à Madagascar
PLUS SUR GOVERNANCE
Comprendre les causes de l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest
La lutte contre la faim au point mort en Guinée-Bissau
Analyse: Une justice impartiale pour la Côte d’Ivoire
Le conflit et les rapatriés menacent la sécurité alimentaire au Soudan du Sud
Les civils isolés du Katanga
DIAPORAMA
Trois ans après : Larmes vives et volonté de fer
FILM
A la recherche de la stabilité
Dernières Analyses
« On ne peut pas toujours appliquer les règles » – Rebelles syriens et DHI
Analyse: Aider les travailleurs humanitaires locaux à se bâtir une carrière intéressante
Briefing: La mission intégrée des Nations Unies en Somalie
Analyse: Inciter les gouvernements à financer la RRC
Le renforcement des troupes en RDC peut-il changer les choses ?
Analyse: Vers une meilleure prise en charge des victimes de violences sexuelles en Syrie
Les Plus Lus
Briefing: Vers des solutions internes à la crise en RDC
Briefing: La mission intégrée des Nations Unies en Somalie
« On ne peut pas toujours appliquer les règles » – Rebelles syriens et DHI
Hausse du nombre de victimes de mines antipersonnel dans le Kachin
MONDE: IRIN Service français - Bulletin hebdomadaire humanitaire 671 17 mai 2013
Lire l'article en:
Français
MADAGASCAR: À la recherche de Remenabila
Follow @{0}
Commentaire
Email
Imprimer
Mode lecture
Partager
Photo:
Guy Oliver/IRIN
Pare-brise fendu d’un véhicule de la gendarmerie en patrouille à Taolagnaro, une ville portuaire du sud-est de Madagascar
TAOLAGNARO, 25 septembre 2012 (IRIN) - Yvan Razafimandimby, 22 ans, était en train de travailler dans la boutique familiale, dans le quartier de Anbounato, à Taolagnaro, Madagascar, lorsque deux soldats sont arrivés pour lui annoncer que son père, âgé de 50 ans, avait été tué par des bandits.
« Ça a vraiment été un choc que mon père ait été assassiné ainsi. S’il était mort à la suite d’une maladie, j’aurais moins souffert », a dit M. Razafimandimby à IRIN. « Mon père me manque. J’ai perdu quelqu’un sur qui je pouvais compter. »
Fenandson Razafimandimby, sergent d’état-major et militaire de carrière, a passé trois semaines par mois pendant près de dix ans à lutter contre les bandits, appelés en malgache les « dahalo ». Son salaire de 400 dollars représentait le revenu principal de sa famille et était complété par le magasin familial, dont le chiffre d’affaires quotidien oscillait entre six et dix dollars.
M. Razafimandimby a dit que les soldats lui avaient raconté comment son père avait été tué. C’était au mois de juin. Les forces de sécurité, composées de soldats et de gendarmes, étaient en train de rassembler des zébus (bovidé à bosse que l’on trouve à Madagascar) volés près du village de Lambohazo, dans la région de l’Anosy, au sud-est de l’île.
« Alors qu’il vérifiait le certificat de propriété d’un zébu présenté par un villageois, un dahalo est arrivé et lui a tiré dans le dos », a dit M. Razafimandimby. « Je ne pense pas que ses assassins vont être traduits en justice. Je ne peux rien faire et je sais que le gouvernement ne va rien faire. » Deux soldats et huit gendarmes ont été tués dans cet affrontement.
« Les forces de sécurité ne savaient pas que Remenabila et ses dahalo se trouvaient dans le village et étaient en train d’organiser l’enterrement d’un bandit tué quelques jours plus tôt et elles ne savaient pas que le village comptait un grand nombre de dahalo », a dit à IRIN le lieutenant-colonel Mbina Mamelison, commandant de gendarmerie de la région de l’Anosy.
Remenabila, âgé de 54 ans, est devenu l’homme le plus recherché du pays. Le gouvernement a annoncé une récompense de 10 000 dollars pour toute information qui permettrait sa capture et 50 000 dollars pour quiconque le capturerait, mort ou vif.
« Les gendarmes sont très en colère contre ces assassinats et nous sommes prêts à nous battre, mais nous manquons cruellement de moyens », a dit M. Mamelison.
Des dahalo entraînés militairement
« J’étais triste et honteux après les assassinats — triste et honteux, parce que l’armée est faible et ne peut rien faire pour lutter contre les dahalo ». a dit à IRIN un soldat en service, qui a souhaité garder l’anonymat.
« J’étais triste et honteux après les assassinats — triste et honteux, parce que l’armée est faible et ne peut rien faire pour lutter contre les dahalo »
Selon lui, de nombreux dahalo ont suivi une formation militaire, car lorsqu’ils étaient jeunes, ils se sont engagés dans l’armée, qui représente l’une des rares sources d’emploi officiel. Après deux ans, les jeunes soldats doivent payer des pots-de-vin d’environ 500 dollars pour pouvoir continuer à travailler dans l’armée. La plupart n’en ont pas les moyens et retournent donc dans leur village pour gagner leur vie comme dahalo.
Environ 85 pour cent de la population rurale vit avec un dollar par jour ou moins. Le seul bien ayant une valeur marchande substantielle est le zébu, qui est utilisé comme animal de trait et pour fertiliser les champs. Le cheptel de zébus du pays est estimé à plusieurs millions de têtes.
Au cours des trois derniers mois, Remenabila a été accusé d’avoir volé 2 000 zébus, pour une valeur d’environ un million de dollars. Nombreux sont ceux qui doutent qu’il ne soit jamais placé en détention, en raison de sa richesse — dans un pays où les pots-de-vin sont une garantie de liberté — et du terrain sur lequel il opère.
Après l’assassinat des gendarmes et des soldats, 250 militaires, dont des membres des forces d’intervention spéciale, une unité d’élite, ont été déployés dans la région pendant un mois. Ils n’ont cependant réussi à procéder à aucune arrestation.
Les dahalo détiennent toutes sortes d’armes, certaines datant de la Première Guerre mondiale, d’autres aussi modernes que des fusils d’assaut AK-47. Lorsqu’ils volent du bétail, ils portent des bandeaux rouges pour se distinguer, mais le reste du temps ils ressemblent « à des paysans, qui cultivent du riz et des haricots. Il est difficile de les identifier [...] Je ne pense pas qu’attraper [Remenabila] va mettre fin au problème des dahalo », a dit M. Mamelison.
Rouge qui se pavane
Remenabila, dont le surnom, traduit librement du malgache, signifie « rouge qui se pavane », se déplace à travers 5 000 km2 de territoires montagneux, appelés
« zone rouge »
, où le gouvernement exerce un contrôle très limité, voire nul. « Lambohaza n’est pas accessible par la route. Il faut d’abord rouler jusqu’à Esira, puis marcher pendant deux jours sans l’assistance d’hélicoptères ni de radio. Il faut porter tout l’équipement nécessaire, y compris la nourriture et les munitions », a expliqué M. Mamelison.
Photo:
Guy Oliver/IRIN
Insécurité dans le sud de Madagascar
Une nouvelle opération est prévue pour capturer Remenabila. Cependant, sans hélicoptère pour transporter les soldats ni radio pour coordonner les troupes sur le terrain, « les gendarmes sont facilement repérés et [Remenabila] a largement le temps de fuir », a ajouté M. Mamelison.
Une femme soupçonnée d’être la sangoma, ou conseillère spirituelle, de Remenabila a été arrêtée le 15 septembre à Analabinda par les forces de sécurité et a été traînée à genoux devant les officiers supérieurs, sous les flashs des médias locaux. Selon ces derniers, elle a refusé de fournir des informations qui permettraient de localiser Remenabila.
Selon M. Mamelison, la population protège les dahalo par crainte ou loyauté et « la solution est de renforcer le système de certificats d’identification des zébus nécessaires [à la vente] », afin de faire perdre ce marché aux dahalo. Les gendarmes contrôlent de plus en plus les titres de propriété des zébus sur les principaux marchés aux bestiaux du centre-sud de Madagascar. Les dahalo redoublent cependant d’astuce et certains se spécialisent dans la contrefaçon de certificats de propriété de zébus.
On sait peu de choses sur Remenabila. Il a passé environ deux ans en prison pour avoir volé du bétail à Farafangana lorsqu’il était plus jeune et il aurait quatre ou cinq femmes et un nombre inconnu d’enfants. Il appartient à l’ethnie Bara, qui considérait traditionnellement le vol de zébu comme un rite de passage à l’âge adulte, une coutume à laquelle certains adhèrent toujours.
« Le problème des dahalo existe depuis longtemps. C’était une sorte de sport avant. Si vous ne [voliez] pas de bétail ou que vous ne [séjourniez] pas en prison, vous [n’étiez] pas un homme. De nos jours, cela a changé, c’est devenu une source de revenus et c’est de pire en pire [...] L’armée est responsable du maintien de l’ordre, mais il y a beaucoup de désordre maintenant et l’armée essaye donc de rétablir l’ordre et la sécurité », a dit à IRIN le ministre des Forces armées, Lucien Rakotoarimasy.
Insécurité croissante
« Le risque c’est que cela s’étende à toute la région. Nous devons donc identifier l’origine des actes des dahalo. Est-ce politique ? » s’est interrogé M. Rakotoarimasy. Début septembre, environ 300 dahalo ont attaqué le district de Belo sur Tsiribihina, au sud-ouest de Madagascar. Selon les médias locaux, ils ont tué le commandant de la gendarmerie nationale et le commandant régional de l’armée.
Lire Aussi
Madagascar, terre de bandits impitoyables
Déclin du secteur de la santé
Du sexe pour survivre
M. Rakotoarimasy a reconnu que les services de sécurité étaient mal équipés pour maîtriser les dahalo et que, même s’ils avaient des hélicoptères de reconnaissance, acheter des hélicoptères pour transporter les troupes serait « très onéreux ». L’armée doit moderniser son système de communication de terrain, car « pour le moment, nous utilisons des téléphones satellites, ce qui coûte très cher ».
Le problème est en partie dû à l’impunité dont bénéficient les dahalo, a ajouté M. Rakotoarimasy. Les témoins ont peur de comparaître par crainte d’être punis, a-t-il dit. Il faut donc garantir davantage la sécurité des témoins. « L’armée attrape des dahalo, mais ceux-ci sont libérés [par les tribunaux...] Ceux qui sont attrapés devraient être gardés en prison — mais ce n’est pas le cas. »
En attendant, le gouvernement encourage les communautés à se protéger elles-mêmes contre les dahalo, car les forces de sécurité — qui comprennent environ 150 000 soldats, 11 000 gendarmes et 20 000 policiers — manquent de capacité.
« J’approuve l’autodéfense des villageois contre les dahalo. La population doit protéger ses biens. Le gouvernement n’enseigne pas aux gens à se défendre. L’idée est de faire savoir à la population qu’elle doit se défendre elle-même », a précisé M. Rakotoarimasy.
Début septembre, à Betroka, environ 100 dahalo présumés ont été tués par des milliers de villageois.
go/rz-ld/amz
{1}
##LOC[OK]##
{1}
##LOC[OK]##
##LOC[Cancel]##
{1}
##LOC[OK]##
##LOC[Cancel]##
Conditions d'utilisation
A propos d’IRIN
Emplois
Mobile
Envoyez
Other OCHA Sites
Partenaires
Réseaux sociaux
Copyright © IRIN 2013. Tous droits réservés. Ce matériel vous est parvenu via IRIN, le service des nouvelles et analyses humanitaires du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies. Les opinions exprimées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les avis des Nations Unies ou de ses états membres. Les frontières, les noms et les désignations sur les cartes utilisées par ce site, et les liens électroniques vers des sites externes n'impliquent pas la reconnaissance ou l'acceptation officielle par l'ONU. La republication du matériel d'IRIN est soumise aux termes et conditions d'utilisation disponibles sur :
http://www.irinnews.org/fr/copyrightfr.aspx