Rapport sur la préparation aux catastrophes

Une nouvelle évaluation réalisée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) examine la préparation aux situations d’urgence en Indonésie et identifie les améliorations nécessaires que les experts et les responsables gouvernementaux considèrent comme essentielles.

« Le plus grand défi se situe au niveau local : il requière l’implication des 33 provinces, et de chaque district de ces provinces », a dit à IRIN Sutopo Purwo Nugroho, porte-parole de l’Agence nationale pour la gestion des catastrophes (BNPB) indonésienne.

L’Indonésie est un archipel composé de quelque 17 500 îles, dont environ 6 000 sont habitées par plus de 238 millions de personnes. Le pays est situé le long de la « Ceinture de feu du Pacifique », qui présente une forte activité volcanique et sismique. Il est donc nécessaire de renforcer le niveau de préparation aux catastrophes.

La préparation aux situations d’urgence est mesurée par rapport aux points de référence développés par l’OMS, le gouvernement, les organisations non gouvernementales (ONG) et les établissements académiques indonésiens.

Renforcer les capacités locales

Le point de repère n°2 – l’élaboration des plans de préparation aux catastrophes et des procédures opérationnelles normalisées (SOP) dans le secteur de la santé – pose problème, notamment parce que le remplacement des fonctionnaires a entravé le transfert des connaissances et le développement de la capacité.

Le point de repère n°7 – la capacité des communautés à fournir des services et des fournitures d’urgence – est élevé, car ces services occupent d’ors et déjà une position stratégique au sein de toutes les communautés à haut risque en Indonésie.

Aryono Pusponegoro, président de la 118 Emergency Ambulance Foundation, une organisation non gouvernementale (ONG) médicale nationale établie par un groupe de chirurgiens indonésiens, a toutefois noté que le niveau de prestations des services varie. « Vous ne pouvez pas faire face aux catastrophes naturelles correctement si le niveau des soins d’urgence n’est pas conforme aux normes, et notre service d’ambulance utilisé dans la phase pré-hospitalière est encore au stade embryonnaire », a-t-il dit.

« Les équipes de secours peuvent arriver sur la scène d’une catastrophe dans les 24 heures, et dans cette situation, la plupart des victimes sont déjà mortes ».

Coordination

Le point de repère n°4 – la coopération public-privé – souligne l’efficacité de la collaboration entre le ministre de la Santé indonésien, le secteur privé et les établissements académiques dans l’élaboration des réponses d’urgence, mais Titi Moektijasih, une analyste des affaires humanitaires du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) en Indonésie, a indiqué que des améliorations pouvaient être apportées.

« Le gouvernement doit s’impliquer davantage pour créer des liens avec le secteur privé, ce qui est essentiel dans un pays aussi vaste que l’Indonésie », a-t-elle dit. « Aucun mécanisme ne permet aux acteurs [privés] de la santé de soutenir le gouvernement et cela a un impact sur la question du financement, car la collaboration renforcera l’efficacité du secteur ».

Résilience

Le cadre d’action de Hyogo, adopté par la Conférence mondiale sur la réduction des risques de catastrophes, encourages les pays à construire la résilience aux catastrophes naturelles. Mis en œuvre en 2005, il prendra fin en 2015.

Le point de repère n°8 – le développement de la sensibilisation aux situations de catastrophes avant, pendant et après qu’elles aient eu lieu – a été formulé dans le Cadre.

« Un des éléments clé du cadre de Hyogo était le développement d’une culture de résilience à tous les niveaux par le biais de l’éducation », a dit Mme. Moektijasih. « Le point de repère n°8 développé dans ce dernier rapport reprend ce thème. Le gouvernement a mis en œuvre de nombreuses activités de sensibilisation dans les écoles, et bon nombre de jeunes sont davantage sensibilisés aux situations de catastrophes aujourd’hui, ce qui renforce la préparation et constitue un véritable succès ».

Mme. Moektijasih a cependant indiqué que le rapport ne semblait pas aborder la question de la prévention – un élément clé de la préparation aux situations d’urgence – par le biais des pratiques sociales et économiques, des plans fonciers et de la gestion des ressources naturelles.

M. Nugroho de l’Agence nationale de gestion des catastrophes a dit que, de manière générale, la préparation aux catastrophes s’est améliorée en Indonésie. « Il y a beaucoup à faire et personne ne sera jamais [totalement] prêt, mais notre préparation est bien meilleure que l’année dernière, et l’année prochaine, elle sera encore meilleure ».

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