Espoirs de sécurité après la dissolution des principaux groupes rebelles

L’insurrection qui a alimenté l’insécurité dans les régions du nord de la République centrafricaine (RCA) pendant près de dix ans a perdu en intensité depuis la dissolution en mai de deux groupes rebelles importants, faisant naître des espoirs de stabilité.

L’Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) et l’Union des forces républicaines (UFR) se sont dissoutes et leurs combattants ont entamé le désarmement en conformité avec les accords de paix signés avec le gouvernement.

Forte de 7 000 soldats, l’APRD, qui a été formée en 2005, a lancé ses premières attaques contre l’armée deux ans plus tard à Pahoua, ville du nord de la région de L’Ouham-Pendé ; les affrontements se sont ensuite étendus à la région centrale de Nana Gribizi.

Les combattants s’en sont pris violemment aux civils, aux chefs religieux, aux travailleurs humanitaires et à leurs biens, forçant les résidents à fuir dans le bush ou vers le Tchad voisin. L’UFR, qui se composait de 2 000 hommes, a concentré ses actions sur la région de Kabo dans le nord du pays.

Le 17 mai et le 18 mai respectivement, l’APRD et l’UFR ont annoncé leur dissolution, suscitant l’espoir de la fin des années d’insécurité et de souffrances endurées par la population locale.

« Nous avons mis fin aux hostilités en 2007 après la signature d’un accord de paix global à Libreville, au Gabon, qui prévoyait la libre circulation des personnes et des biens dans des zones placées sous notre contrôle. Nous procédons au désarmement, mais le gouvernement doit garantir notre sécurité et nous donner tout ce dont nous avons besoin », a dit Lakoue Maradas Nado, un commandant de région de l’APRD.

Cependant, les chiffres varient concernant le nombre de rebelles de l’APRD qui ont été désarmés, démobilisés et réintégrés depuis que l’ancien chef des rebelles Jean-Jacques Demafouth a signé l’accord de paix négocié avec le gouvernement en 2008 et s’est engagé à procéder au désarmement.

« La dissolution de l’APRD constitue une jauge de sécurité pour les résidents du Nord. Elle met un terme à leurs craintes, elle signifie la fin des points de contrôle mis en place par les anciens rebelles, et elle facilitera le retour des personnes déplacées et des réfugiés ainsi que la reprise de l’exploitation agricole dans les régions qui étaient le grenier de la RCA », a dit Macaire Niwe, sociologue.

Le gouvernement de la RCA a pris acte du désarmement des rebelles, alors que la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies dans le pays, Margaret Vogt (qui est également responsable du plan de désarmement), s’est dite satisfaite du programme.

Mme Vogt a indiqué qu’elle « prend acte de la dissolution de l’APRD … et de l’URF décidée un jour plus tard par ses dirigeants. La communauté internationale apprécie la valeur de ce geste ».

M. Demafouth, l’ancien chef rebelle, a indiqué que ses combattants étaient maintenant prêts à travailler au sein des forces de sécurité.

« Les soldats démobilisés deviennent des citoyens ordinaires, car le mouvement n’a plus de raisons d’exister », a-t-il ajouté.

« L’amnistie dont ils bénéficient les protège. Je suis le coordinateur national du programme de réintégration des anciens combattants mis en œuvre par les Nations Unies. Nous les aiderons à trouver un travail et à reconstruire leurs vies ».

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