100 000 personnes touchées par les inondations

Les inondations provoquées par des précipitations abondantes dans plusieurs régions du Kenya ont affecté au moins 105 000 personnes et fragilisé la situation de la sécurité alimentaire dans le pays – déjà affecté par une grave sécheresse – a indiqué un représentant du gouvernement.



« Actuellement, le Kenya doit faire face aux effets des récentes inondations dans la région de Budalang'i [dans l’ouest du Kenya], dans les régions de Mandera, d’Isiolo et de Wajir dans le nord du pays, ainsi que dans la province de la Côte », a dit Mohamed Gabow, ministre adjoint au ministère des Programmes spéciaux, à l’occasion du lancement du plan d’intervention humanitaire d’urgence (Emergency Humanitarian Response Plan, EHRP) kényan pour les années 2012 et 2013.



Une dizaine d’agences des Nations Unies et 42 organisations non gouvernementales (ONG) ont lancé l’appel « 2012+ EHRP » dont l’objectif est de collecter 764 millions de dollars afin de financer un total de 134 projets, 53 pour cent des fonds devant être consacrés à l’aide aux réfugiés.



M. Gabow a dit que les agences humanitaires devraient prendre en compte l’impact du prix élevé des denrées alimentaires et du carburant sur les personnes vulnérables, et particulièrement les personnes déplacées lors des récentes inondations.



Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), les évaluations menées par le gouvernement, les agences des Nations Unies, la société de la Croix-Rouge kenyane (KRCS) et les ONG ont conclu que plus de 80 000 personnes affectées par les inondations ont besoin d’aide alimentaire, d’abris, de tentes et de produits non alimentaires.



« Les victimes des inondations ne disposent pas de suffisamment d’installations sanitaires ; beaucoup d’entre elles utilisent de l’eau de pluie non traitée, récupérée dans des casseroles. Dans certaines régions, les mauvaises conditions sanitaires mettent leur santé en danger », a indiqué l’OCHA.



« Beaucoup de puits ont été endommagés et doivent être réparés rapidement. Dans certaines régions, l’accès à l’eau potable serait difficile. Des familles ont perdu leurs cultures, dont certaines étaient presque prêtes à être récoltées, lorsque leurs fermes ont été submergées par les inondations. L’insécurité alimentaire pourrait perdurer dans les districts du nord et de l’est qui ont été gravement touchés par la sécheresse une bonne partie de l’année ».



Selon les prévisions fournies par le Département météorologique pour le mois de décembre, l’ouest du Kenya devrait connaître de fortes précipitations, tandis que la majeure partie de l’est du pays devrait enregistrer une légère baisse des précipitations.



« Les pluies saisonnières devraient cesser d’ici la seconde semaine de décembre dans la plupart des comtés du nord, et d’ici la troisième ou quatrième semaine de décembre dans les comtés de l’ouest, du centre et du sud », a indiqué l’OCHA.



Lors du lancement de l’EHRP, Mohamed Elmi, le ministre d’État chargé du développement du Nord Kenya et des autres terres arides, a dit que le gouvernement prenait en compte la planification des mesures d’urgence dans les efforts déployés pour atténuer l’impact des inondations et de la sécheresse.



« Dans le contexte du changement climatique global, les mécanismes de financement utilisés pour atténuer les catastrophes naturelles doivent être plus solides, particulièrement en termes d’appels liés au changement climatique relatifs dans les cas d’inondations et de sécheresses », a-t-il dit. « Le gouvernement a mis en place plusieurs mécanismes, notamment l’amélioration des infrastructures et la facilitation des projets d’irrigation, afin d’être mieux préparé pour faire face à ces évènements. En janvier, le gouvernement lancera un fonds d’urgence en cas de sécheresse ou de catastrophes naturelles (Drought and Disaster Contingency Planning Fund), afin de mieux répondre aux urgences ».



Aeneas Chuma, le coordinateur humanitaire des Nations Unies au Kenya, a dit que l’accroissement de l’insécurité dans le nord-est du Kenya (suite à une incursion des Forces de défense du Kenya en Somalie au mois d’octobre) avait entraîné un rétrécissement de l’espace humanitaire et avait entravé la fourniture de l’aide, particulièrement dans les camps de réfugiés.



« À cet égard, le Kenya a été particulièrement touché, car il accueille le plus important camp de réfugiés au monde [Dadaab] », a-t-il dit, ajoutant que le pays comptait au moins 600 000 réfugiés, dont 520 000 sont installés à Dadaab.



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