Le Fonds mondial compte sur le secteur privé pour combler les manques

Avec un manque d’au moins un milliard de dollars dans ses coffres, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme compte sur le secteur privé pour venir combler son déficit de financement.



Lors d’une conférence organisée le 12 octobre sur le rôle du monde des affaires en matière de santé à Johannesbourg, en Afrique du Sud, des membres du Secrétariat et du Conseil d’administration du Fonds mondial ont dit que les contributions du secteur privé étaient devenues particulièrement importantes à un moment où les bailleurs historiques – les gouvernements – s’éloignaient du financement intégral du mécanisme international de financement sanitaire.



« Dans le nouveau contexte dans lequel nous nous trouvons, où nous avons obtenu des hausses [de financement] de la part des gouvernements mais où nous savons que ces gouvernements sont sous pression, c’est exactement maintenant que le secteur privé doit intensifier [sa participation] », a dit David Hayward Evans, responsable de l’équipe secteur privé au Fonds mondial. « Nous avons besoin de davantage de fonds… et nous croyons, nous espérons, que le secteur privé va pouvoir contribuer ».



Lors de la réunion de reconstitution des financements du Fonds mondial à New York le 5 octobre, les bailleurs ont promis 11,7 milliards de dollars à l’organisme international pour les trois prochaines années, mais le Fonds mondial a estimé qu’il aurait besoin d’au moins 13 milliards de dollars au cours de la même période pour maintenir les programmes actuels. Les contributions du secteur privé, dominées par le producteur pétrolier Chevron, représentaient seulement trois pour cent de l’ensemble des contributions promises lors de la rencontre.



Brian Brink, responsable médical de la compagnie internationale minière Anglo American, qui représente le secteur privé au sein du Conseil d’administration du Fonds mondial, a dit à IRIN/PlusNews qu’il aimerait voir le secteur des affaires devenir l’un des 10 principaux bailleurs du Fonds mondial. Il prévoit de défendre cette idée lors d’un sommet spécial du monde des affaires organisée en prélude à la réunion du G20 en Corée du Sud le 11 novembre.



Un tandem boiteux


















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A l’heure actuelle, le monde des affaires peut soutenir le Fonds mondial de plusieurs manières, y compris par des dons en nature, par exemple en fournissant du personnel de soutien aux pays ; en soutenant la mise en œuvre des programmes du Fonds par des formations professionnelles ; ou en agissant en tant que fournisseur de services.



M. Brink a souligné les exemples de réussite de tels partenariats, y compris la formation en gestion financière des bénéficiaires du Fonds mondial par la Standard Bank et la distribution de moustiquaires par la chaîne sud-africaine de restauration rapide Nando’s, mais certains éléments indiquent que le secteur privé est moins enclin à apporter des contributions financières.



La Global Business Coalition on HIV/AIDS, Tuberculosis and Malaria (GBC), une ONG indépendante qui joue le rôle de point focal pour le partenariat public-privé au sein du Fonds mondial, a mené une étude auprès de 30 des compagnies invitées à prendre part à la conférence de Johannesbourg. L’étude a montré que les entreprises préféraient de loin contribuer au Fonds mondial par le biais de dons en nature.



Parmi les principales inquiétudes des entreprises pour établir un partenariat avec le Fonds mondial figuraient le fait d’être vus comme des tirelires, le potentiel pour les conflits d’intérêt et le fait que le Fonds mondial n’était pas aligné sur leurs stratégies de responsabilité sociale d’entreprise.



D’après M. Evans, certains secteurs d’affaires restaient méfiants à l’idée de joindre leurs forces à celles de partenaires gouvernementaux du Fonds mondial, vus comme lourdement bureaucratiques comparé au monde de l’entreprise.



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