Les services de dépistage du VIH manquent à leur mission

Une nouvelle étude a démontré que les services de conseils et de dépistage volontaires (VCT) en Zambie ratent l’opportunité de fournir aux clients des informations sur les moyens de réduire leur risque VIH.



L’étude, conduite par Private Sector Partnerships–One, (PSP-ONE), un projet d’USAID [Agence des Etats-Unis pour le développement international] destiné à augmenter la capacité du secteur privé à fournir des services de santé de qualité dans les pays en développement, a examiné les services de VCT offerts par les secteurs privés, ainsi que non gouvernementaux et caritatifs dans une province rurale et une province urbaine du pays – Copperbelt et Luapala.



Dans un rapport compilant les résultats de l’étude, les chercheurs ont souligné que les services de VCT constituaient une opportunité cruciale de fournir des conseils sur la prévention des risques et la prévention du VIH, et d’agir comme une passerelle vers les services de VIH/SIDA pour les personnes ayant un test positif.



La Zambie a un taux de prévalence VIH chez les adultes de 14,3 pour cent, mais le taux d’infection s’élève jusqu’à 20 pour cent dans certaines zones urbaines. Les nouvelles infections au VIH se chiffrent à 82 000 en 2008 contre 70 000 en 2007 – la majorité d’entre elles par le biais de contact sexuel hétérosexuel.



« Dans une épidémie VIH généralisée où les partenariats sexuels multiples et concomitants sont un facteur significatif de nouvelles infections, la discussion de méthodes de réduction des risques devrait être un point principal du conseil avant et après le dépistage », ont commenté les chercheurs.



Cependant, l’étude a noté que dans tous les secteurs, si l’usage du préservatif était souligné, seul un client sur trois recevait des conseils sur la réduction du nombre de partenaires sexuels, et encore moins était conseillé sur la façon de révéler les résultats de leur test VIH à leurs partenaires.



Le conseil précédant le dépistage tendait à accentuer le risque de contracter le VIH par des échanges de sang, qui n’est pas le principal moyen de transmission de l’épidémie VIH en Zambie, et la manière de vivre de façon positive avec le VIH, avant même que le statu du client ne soit connu.



L’étude a également montré que les services de VCT dans tous les secteurs étaient essentiellement consultés par les segments les plus éduqués de la population, et échouaient à atteindre les 65 pour cent de femmes et 51 pour cent d’hommes en Zambie qui n’avaient pas d’éducation ou qui étaient allés seulement à l’école primaire.



L’étude a noté que la qualité des services de VCT fournis par les cliniques du secteur privé était équivalente ou supérieure à celle des services fournis par des cliniques publiques et des ONG, malgré le manque d’opportunités de formation à la prévention du VIH offertes aux fournisseurs privés. Cela a soulevé la question du bénéfice de ces formations et de savoir si leurs coûts étaient justifiés.



Une découverte positive a émergé de cette étude : la plupart des gens cherchent des services de VCT proches de leur domicile, ce qui indique qu’ils n’ont pas peur d’être stigmatisés par leur communauté. Ce résultat est en contraste avec d’autres études dans cette région dans lesquelles on rapportait que les clients choisissaient des sites de VCT et de traitement loin de chez eux pour éviter que leurs voisins ne les découvrent et les stigmatisent.



Bien que la plupart des clients aient dit être satisfaits de la qualité des services de VCT qu’ils avaient reçu, cela était souvent plus en rapport avec la gentillesse des conseillers qu’avec leurs compétences techniques à souligner la réduction du risque et le changement d’attitude.



Les chercheurs ont conclu : « Une nouvelle mise au point sur l’adaptation des conseils aux réalités de l’épidémie de VIH en Zambie améliorera l’efficacité du VCT dans tous les secteurs ».



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