Circoncision masculine – Quoi de neuf ?

Cela fait maintenant deux ans que l’Organisation mondiale de la santé a recommandé de considérer la circoncision masculine comme l’un des outils de prévention du VIH. En Afrique australe, région la plus touchée par le sida sur le continent, les pays ont peu à peu intensifié leurs efforts pour proposer l’intervention chirurgicale à grande échelle.



IRIN/PlusNews fait le point sur les progrès accomplis jusqu’à maintenant dans huit pays d’Afrique australe.



Botswana : Le ministre botswanais de la Santé s’est fixé comme objectif de circoncire 80 pour cent des hommes éligibles, soit quelque 460 000 hommes, d’ici 2015. Au départ, la procédure était proposée dans 26 hôpitaux publics, mais début 2009, moins de 20 pour cent des hommes avaient eu accès à ces services de circoncision masculine, selon le Programme d’urgence du président américain George Bush contre le sida, le PEPFAR.



En avril, six cliniques publiques et 17 structures privées supplémentaires ont commencé à pratiquer l’intervention, a rapporté l’Agence botswanaise de presse.



Lesotho : Les services de circoncision masculine sont toujours limités, avec quelque 4 000 hommes accédant à l’intervention chaque année dans différentes structures sanitaires gouvernementales ou d’organisations non gouvernementales, telles que la Christian health association (CHAL) et la Lesotho planned parenthood association.



Une stratégie nationale portant sur la circoncision masculine est en cours d’élaboration. L’intervention pratiquée dans le secteur de la santé coûterait 56 dollars, a révélé le Programme commun des Nations Unies sur le sida, ONUSIDA.



Malawi : En décembre 2008, le pays était en train de mener des recherches pour évaluer la faisabilité, les implications financières et les questions culturelles de la mise en œuvre de programmes de circoncision masculine.



Un groupe de travail national sur la circoncision masculine et la prévention du VIH a été mis en place, selon ONUSIDA.



Namibie : L’intervention est actuellement proposée dans certains hôpitaux publics. Le pays a finalisé une analyse situationnelle pour comprendre les attitudes, l’impact et les implications financières d’une mise en œuvre d’un programme.



Un groupe de travail sur la circoncision masculine a été créé et un plan d’action doit être présenté au Parlement cette année.
















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Afrique du Sud
: Les activistes se sont montrés frustrés par l’absence de sens de l’urgence, de la part du gouvernement, à introduire la circoncision masculine. Le gouvernement a récemment annoncé qu’il était en train d’évaluer comment il pouvait inclure cette intervention dans son programme de prévention du VIH. Cette avancée intervient suite à de larges consultations avec le Conseil national de lutte contre le sida, ainsi qu’avec les leaders traditionnels.



La seule structure du pays qui offre l’intervention gratuitement est le centre Bophelo Pele, dans la commune d’Orange Farm – le site même où s’est déroulé l’un des trois essais cliniques randomisés ayant confirmé l’effet partiellement protecteur de la circoncision contre le VIH pour les hommes.



Swaziland : Le Swaziland a été l’un des premiers pays à mettre en œuvre un large programme de circoncision masculine, et fin 2008, plus de 2 000 hommes avaient subi l’intervention. Mais le manque de capacités a entraîné une limitation de la campagne de sensibilisation pour éviter une explosion de la demande.



Le pays espère recevoir cette année une subvention d’un montant de 50 millions de dollars sur cinq ans pour élargir son programme, à travers la Fondation Bill & Melinda Gates qui a pour objectif de proposer l’intervention à 650 000 hommes en Zambie et au Swaziland.



Zambie : En juin 2009, le gouvernement a annoncé qu’il travaillait à l’élaboration d’un plan destiné à atteindre 50 pour cent des hommes et 80 pour cent des nouveaux-nés à l’horizon 2020.



Le gouvernement propose la circoncision masculine au Centre hospitalier universitaire de Lusaka, la capitale, à l’Hôpital général de Livingstone et dans des structures sanitaires secondaires dans le reste du pays.



Zimbabwe : Bien que les bailleurs de fonds aient promis des aides, le pays a traîné à lancer une campagne de circoncision masculine. Récemment, lors d’une rencontre des acteurs de la mise en œuvre des programmes VIH/SIDA, organisée en juin en Namibie, des responsables du gouvernement ont annoncé que le pays avait jusqu’à maintenant pratiqué à peine 140 circoncisions dans les structures sanitaires publiques.



Le ministère de la Santé, cependant, a l’intention d’ouvrir des services de circoncision masculine à Bulawayo, Mutare et Mt Darwin d’ici la fin juin, et il est actuellement en train de former des médecins pour pratiquer l’intervention.



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