Gros plan sur les orphelins de Gaza

Quelque 1 346 enfants ont perdu un ou leurs deux parents au cours de la dernière attaque israélienne contre Gaza, qui a duré 23 jours, selon la branche gazaouie d’Islamic relief.



Selon la définition retenue par Islamic Relief, un orphelin est un enfant de moins de 18 ans ayant perdu celui de ses parents qui occupait le rôle de chef de famille, le plus souvent son père, selon Mahmoud Abudraz, responsable des programmes de protection de l’enfance menés par Islamic Relief à Gaza. Selon la définition officielle du Fonds des Nations Unies pour l'enfance, UNICEF, on entend par orphelin tout enfant ayant perdu un ou ses deux parents.



Gaza compte actuellement environ 5 200 orphelins, selon la définition d’Islamic Relief.



« Il y a eu une augmentation marquée du [nombre de] demandes de parrainage [de ces enfants] à Gaza », a indiqué M. Abudraz.



Plus de 500 demandes de ce type ont en effet été déposées dernièrement, et Islamic Relief a répondu favorablement à 200 d’entre elles. Pour être admissibles, les orphelins doivent avoir moins de 14 ans et être à la charge d’un foyer à faible revenu (1 000 shekels par mois ou moins, soit 240 dollars) comptant plus de quatre membres.



A Gaza, les proches parents ne peuvent pas subvenir aux besoins des orphelins, à long terme, selon M. Abudraz.















Photo: Erica Silverman/IRIN
Le petit Hamdan, deux ans, originaire de Gaza-Ville, est devenu orphelin lorsque son père a été tué par les bombardements israéliens, le 3 janvier

Aide alimentaire et subventions




Ahmed et Samia, deux jumeaux de deux ans (leur tuteur n’a pas voulu dévoiler leur nom de famille) du quartier d’al-Tufa, à Gaza-Ville, ont perdu leur père le 14 janvier. Leur oncle Mahmoud est aujourd’hui leur principal tuteur, depuis que leur mère a commencé à travailler comme concierge pour 400 shekels (100 dollars) par mois.



Mahmoud, ancien officier de police, est handicapé depuis qu’il a été blessé par une bombe israélienne. Son épouse et lui-même ont déjà sept enfants, dont deux sont eux aussi handicapés.



« J’aime les jumeaux comme mes propres enfants, mais je ne gagne que 1 400 shekels (environ 336 dollars) par mois [grâce à une allocation pour personnes handicapées] », explique Mahmoud, devant sa maison, bombardée au cours de l’offensive.



Grâce à Islamic Relief, les jumeaux reçoivent des bons d’aide alimentaire et 200 shekels (environ 50 dollars) chacun par mois.



Environ six enfants ont perdu leurs deux parents et quelque 1 300 enfants ont perdu un de leurs parents au cours du dernier conflit, selon Baker al-Torukmane, avocat au Centre palestinien pour la démocratie et la résolution des conflits. Le Centre offre une aide psychologique et une assistance juridique aux orphelins et aux parents qui ont survécu.



La branche gazaouie de l’Al-Salah Islamic Society distribue des colis d’aide alimentaire d’urgence et verse 100 à 200 shekels par mois à plusieurs centaines de nouveaux orphelins. Par le biais de son site internet, l’organisme recherche des parrains pour les orphelins. D’autres organisations non-gouvernementales palestiniennes leur versent également des subventions d’urgence et leur distribuent des colis d’aide alimentaire.



L’UNICEF tente actuellement de déterminer le nombre d’enfants devenus orphelins à Gaza.



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