RDC: Des organisations humanitaires quittent Goma

GISENYI, RWANDA, 30 octobre 2008 (IRIN) - Plusieurs agences humanitaires ont évacué leurs personnels de la ville de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, où un calme précaire régnait le 30 octobre, après plusieurs jours d’intenses combats entre les troupes gouvernementales et celles du général dissident Laurent Nkunda.

Le 29 octobre, les personnels civils des Nations Unies ont été évacués de Goma vers un complexe situé sur les rives du lac Kivu.

« Nous avons entendu des tirs en ville la nuit dernière et on nous a parlé de pillages… Nous avons évacué tous les personnels expatriés à Gisenyi [une ville située de l’autre côté de la frontière rwandaise], mais nous avons essayé de maintenir un minimum d’activités à Goma », a dit à IRIN un responsable de l’organisation Save the children.

« Ce matin, la MONUC [Mission des Nations Unies en RDC] a dit que la situation était maintenant calme en ville. Ils ont dit que les ONG pouvaient poursuivre leurs opérations, mais devraient revenir au complexe sécurisé des Nations Unies avant 17h », a-t-il ajouté.

« Nous avons été obligés d’évacuer, étant donné le danger grandissant auquel était exposé notre personnel sur le terrain », a dit Wilfred Mlay, vice-président Afrique de l’organisation World vision, dans un communiqué. « Mais nous restons préoccupés par la crise humanitaire à laquelle sont confrontées les populations de Goma et de Rutshuru ».

Erna Van Goor, chef de mission de Médecins sans frontières, a expliqué à IRIN que « des personnels non essentiels ont été évacués de Goma vers la frontière du Rwanda par précaution. Toutes nos unités fonctionnent encore et nous continuons les opérations ».

« La situation, extrêmement instable, change d'une heure à l'autre. Les équipes de MSF continuent d'assurer une aide médicale d'urgence aux populations dans les villes et les camps situés dans les zones de combats, dans et autour de Kitchanga et à Masisi, Mweso, Nyanzale et Kayna », a dit MSF dans un communiqué publié le 30 octobre.

« Les populations déplacées sont difficiles à trouver. Il nous arrive de nous rendre dans un village et de le retrouver vide la semaine suivante. Sont- ils dans un centre, un village ou un camp où on peut leur apporter une aide médicale ? Ou bien se cache-t-il dans la forêt où personne ne peut les voir ? Nous ne le savons pas.».

Environ un million de personnes au Nord Kivu sont des personnes déplacées, pour beaucoup d’entre elles depuis des mois, parfois des années. Une recrudescence des combats depuis août 2008 a forcé 250 000 personnes à fuir, dont beaucoup ont déjà été déplacées plusieurs fois.

« Seule une minorité d’entre elles ont trouvé refuge dans des familles hôtes. La plupart s’installent dans des lieux publics ou créent des camps dits spontanés, ou bien se rendent dans des camps établis », a dit Nestor Yombo, responsable de l’information au Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires en RDC.

« Les gens continuent à se déplacer en fonction de là où se déroulent les combats, ou de leur perception de la façon dont les choses évoluent, ou sous la pression de l’armée et des groupes armés », a-t-il dit.

« Cette dernière crise a créé de sérieux besoins humanitaires, particulièrement en termes d’articles alimentaires et non alimentaires, de tentes, d’eau et d’installations sanitaires, de santé et de protection », a dit M. Yombo.

Il a ajouté que la capacité des travailleurs humanitaires à répondre aux besoins dépendait de « la violence des combats, des barrages routiers, de la réquisition des véhicules humanitaires, du ressentiment des populations et de l’inaccessibilité physique ».

La rébellion de Laurent Nkunda a affirmé dans un communiqué le 30 septembre qu’elle avait ouvert des couloirs humanitaires « pour permettre aux déplacés autour de Goma de rentrer chez eux ».

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Theme (s): Paix et sécurité, Réfugiés et déplacés,

[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]

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