La sélection d’IRIN : Tableaux noirs, Zakat et fluctuations des devises

Voici une sélection d’articles de journaux et de recherches au sujet du monde humanitaire qui ont piqué l’intérêt des journalistes d’IRIN cette semaine.

 À lire : notre Top 5

 An Act of Faith: Humanitarian financing and Zakat [Un acte de foi : financement humanitaire et Zakat]

La Zakat – une forme d’aumône obligatoire chez les musulmans – est l’un des principaux outils du financement social islamique. Alors que les organisations confessionnelles et de la diaspora jouent un rôle de plus en plus important dans les réponses humanitaires dans des pays comme la Syrie et la Somalie, il convient de se demander comment exploiter pleinement le potentiel de la Zakat en tant qu’outil de financement humanitaire. Un rapport publié récemment par Global Humanitarian Assistance (GHA), un groupe de réflexion basé au Royaume-Uni qui fait partie de Development Initiatives, s’intéresse aux divers endroits où la Zakat est utilisée pour financer la fourniture d’aide et aux défis et aux possibilités associés à ce type de financement.

When reliable information is gold: Demanding the truth during the Ebola epidemic [Lorsque les informations fiables valent de l’or : demander la vérité pendant l’épidémie d’Ebola]

Nous entendons beaucoup parler de la « révolution de l’information » provoquée par les technologies et les médias sociaux. Or, il semble parfois que les vieilles méthodes soient les meilleures. « The Daily Talk », un tableau noir placé sous un toit à proximité d’une intersection passante de la capitale libérienne, Monrovia, est lu quotidiennement par quelque 5 000 personnes. C’est plus que le nombre de lecteurs du site internet le plus populaire du pays. Au plus fort de l’épidémie d’Ebola, il est devenu la référence par excellence pour obtenir des informations et des mises à jour sur l’épidémie. Le tableau utilise en outre des images et des symboles spéciaux pour aider ceux qui ne savent pas lire couramment.

Making development work for humanitarian response – and vice versa [Faire intervenir le développement dans la réponse humanitaire – et inversement]

De façon prévisible, le thème du fossé entre l’aide humanitaire et l’aide au développement a été longuement abordé lors des consultations régionales organisées en vue du Sommet humanitaire mondial. Dans ce billet, Marc DuBois, ancien directeur général de Médecins Sans Frontières (MSF) au Royaume-Uni, soutient que les crises humanitaires peuvent offrir des occasions de développement et qu’il faut en faire plus pour associer les secours d’urgence et la planification à long terme. M. DuBois cite les crises survenues dans l’est de la RDC, à Haïti et au Soudan du Sud et appelle à une réflexion commune et à la fin de « la double architecture du système humanitaire ».

App Helps Syrian Refugees Adapt To Life Away From Home [Une application pour aider les réfugiés syriens à s’adapter à la vie loin de chez eux]

Le réfugié syrien et programmeur informatique Mojahid Akil a créé une application de téléphonie mobile pour aider ses compatriotes réfugiés à s’adapter à leur nouveau milieu. « Help Me », une application accessible depuis un site internet appelé « Gherbtna » – un mot arabe qui signifie « exil », « solitude » ou « sentiment d’être étranger » –, fournit des informations aux réfugiés syriens pour les aider à obtenir des services essentiels comme les soins de santé et l’éducation et à savoir, par exemple, où enregistrer les naissances et les décès. L’application aide aussi les Syriens qui se sont réfugiés en Turquie – où Akil est maintenant installé – à composer avec la barrière de la langue et à trouver de la nourriture syrienne et des membres de leur communauté. Le réseau américain NPR (National Public Radio) raconte l’histoire.

Tackling the digital divide: what does this mean for humanitarian responders? [Faire face à la fracture numérique : quelle signification pour les intervenants humanitaires ?]

La technologie est-elle LA solution pour communiquer dans des contextes de catastrophe ? Si les téléphones portables et les tablettes aident effectivement les humanitaires à communiquer avec les communautés affectées par les crises, l’usage des téléphones portables seul ne devrait pas être considéré comme une solution miracle, mais comme un élément parmi un éventail plus large d’outils. Le Mobile World Congress 2015, qui a eu lieu récemment à Barcelone, a suscité des réflexions chez John Warnes, directeur des technologies du Secrétariat du Réseau CDAC (Communiquer avec les communautés sinistrées). « Nous devons privilégier une approche de l’aide humanitaire axée sur la communauté plutôt que sur la technologie. La technologie est seulement un outil pour faciliter la communication et améliorer l’efficacité de l’aide, mais elle ne place pas automatiquement les communautés aux commandes », a-t-il dit.

 À écouter :

The end of development [La fin du développement]

L’anthropologue Henrietta Moore soutient que le développement est un concept dépassé. Elle remet en question l’accent mis sur les solutions imposées au Sud par le Nord et se demande s’il n’y a pas une autre voie. La conférence, organisée à la Blavatnik School of Government de l’Université d’Oxford, a été diffusée sur BBC World Service.

À regarder :

How tsunami aid destroyed a culture [Comment le tsunami a détruit une culture]

L’archipel isolé des îles Nicobar est situé à environ 1 200 kilomètres à l’est de la côte indienne. Ses 42 000 habitants ont survécu de manière quasi autonome pendant des siècles. Après le passage du tsunami, en 2004, l’aide a afflué vers l’archipel. Dans cette vidéo du New Scientist, l’écologiste social Simron Jit Singh explique comment l’arrivée de l’« aide » extérieure a provoqué l’« effondrement culturel » de la région.

 

Une publication d’IRIN :

Des millions de dollars d’aide humanitaire perdus à cause des fluctuations de devises

Cette année, les fluctuations de la valeur des devises pourraient représenter des pertes de revenus de plusieurs centaines de millions de dollars pour les organismes humanitaires, menaçant du même coup l’aide accordée à des millions de personnes autour du monde. La dépréciation de l’euro par rapport au dollar et l’appréciation du franc suisse ont contribué aux déficits de financement d’organisations telles que le Programme alimentaire mondial (PAM), le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), qui ont des bureaux à Genève.

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