La sélection d’IRIN – Coût de la guerre, Haïti et limites des indicateurs

Chaque semaine, notre réseau international de correspondants vous fait part de sa sélection des enquêtes, interviews, rapports, blogues et articles de fond à ne pas manquer dans l’actualité, pour vous aider à rester au fait des crises mondiales. Nous vous informons également des événements clés (conférences, parutions d’ouvrages, débats politiques) à venir.

À lire : notre Top 5

South Sudan: the Cost of War [Soudan du Sud : le coût de la guerre]

Nous savons tous quelles conséquences peut avoir la guerre sur un pays. Le Soudan du Sud est actuellement déchiré par le conflit qui sévit depuis 2013. Mais quel est le coût économique de la guerre ? Selon un nouveau rapport publié par Frontier Economics, une société de conseil en économie, cinq années supplémentaires de conflit au Soudan du Sud coûteraient au pays plus de 22,3 milliards de dollars – l’équivalent de 85 années du budget actuellement accordé à l’éducation. Rédigé en collaboration avec le Centre d’études sur la paix et le développement (CPDS) de l’Université de Juba et le Centre pour la résolution des conflits (CECORE, en Ouganda), le rapport souligne également l’impact financier de l’instabilité ambiante sur les pays voisins, soit l’Éthiopie, le Kenya, le Soudan, la Tanzanie et l’Ouganda.

What have indicators ever done for us? [Les limites des indicateurs]

Les indicateurs… Ils sont le thème des cauchemars récurrents de la plupart des travailleurs humanitaires. Les auteurs de ce billet, qui font partie de l’équipe d’Aid Leap, reconnaissent l’importance de la surveillance, mais ils suggèrent que les indicateurs ne devraient pas en devenir le seul et unique composant. S’ils permettent d’obtenir certaines informations, ils ne reflètent cependant pas toujours les données qualitatives ou les informations inattendues. Dans le contexte actuel, où les bailleurs de fonds – et leurs cibles – dictent de plus en plus les destinations de l’aide, il n’est pas étonnant qu’on accorde autant d’importance aux indicateurs, mais ne serait-il pas temps d’en finir avec l’obsession des micro-données pour mettre l’accent sur le tableau général ?

Living in the Shadows [Vivre dans l’ombre]

Quatre-vingt-quatre pour cent des réfugiés syriens en Jordanie – soit environ 523 000 individus – vivent à l’extérieur des camps de réfugiés officiels, dispersés dans des communautés urbaines et rurales. Selon ce nouveau rapport publié par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), deux réfugiés syriens sur trois en Jordanie vivent sous le seuil de pauvreté absolue, qui est de 68 dinars jordaniens (96 dollars) par personne par mois. Le rapport, basé sur 41 976 interviews menées auprès de ménages de réfugiés, présente un tableau sombre et détaillé des conditions de vie des réfugiés urbains et inclut des témoignages personnels de familles.

« 15 minutes pour partir » : Les violations du droit à un logement décent en Haïti après le tremblement de terre

Cette semaine, nous avons souligné le cinquième anniversaire du tremblement de terre de 2010 et de l’épidémie de choléra qui s’est ensuivie à Haïti. Le monde a solennellement rendu hommage aux plus de 220 000 victimes et au plus d’un million de personnes qui se sont retrouvées sans logis. Or, les médias qui ont couvert l’anniversaire de l’événement ont presque tous soulevé la même question : où sont allés les 13,5 milliards de dollars d’aide qui ont été versés depuis le tremblement de terre ? Le rapport d’Amnesty International aborde la tendance croissante des expulsions forcées des camps de déplacés et suggère que les souffrances de nombreuses victimes du séisme sont loin d’être terminées.

Humanitarian Bulletin Yemen [Bulletin humanitaire du Yémen]

Le Yémen est sous les feux des projecteurs depuis qu’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), basé dans le sud du pays, a revendiqué la « responsabilité » de l’attentat contre Charlie Hebdo qui a eu lieu la semaine dernière à Paris. Mais tandis que le monde fait de l’État arabe le nouvel ennemi de l’Occident, il est important de se rappeler qu’AQPA fait aussi des victimes au Moyen-Orient. En décembre, AQPA a fait exploser un autobus scolaire à l’aide d’un engin explosif improvisé (EEI) alors qu’il passait un poste de contrôle, tuant du même coup 15 écolières. L’événement n’a reçu que peu d’attention de la part des médias internationaux. Cette mise à jour, publiée par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), fait la lumière sur la situation sécuritaire dans le pays et présente les principaux défis humanitaires.

À venir

Putting people first: lessons on accountability to affected populations from Typhoon Haiyan [Les humains d’abord : leçons sur la redevabilité envers les populations affectées par le typhon Haiyan]

Après la tempête vient l’évaluation. Le typhon Haiyan et les efforts humanitaires déployés à la suite de son passage seront le sujet de l’événement organisé à l’occasion du lancement du dernier numéro du magazine Humanitarian Exchange, qui aura lieu à l’Institut de développement d’outre-mer (Overseas Development Institute, ODI), à Londres, le mardi 20 janvier. Le plus récent numéro du magazine de l’ODI s’intéresse à la pire catastrophe naturelle qu’ont connue les Philippines au cours de leur histoire récente. L’événement réunira un panel d’experts composé de représentants de Plan International, GIZ, CDAC Network et Action Aid. Ils discuteront des mesures à mettre en œuvre pour développer une culture de la redevabilité pour les populations affectées, pour améliorer les communications bilatérales avec les communautés et pour s’assurer que les systèmes d’alerte précoce permettent de communiquer efficacement avec les personnes les plus à risque. L’événement commence à 10 h 30 GMT et sera diffusé en direct sur le site internet de l’ODI.

Une publication d’IRIN :

L’humanitaire dans le viseur : Comment mobiliser autour d’Ebola ?

Notre chroniqueur invité Paul Currion s’intéresse à l’intérêt des médias pour l’épidémie d’Ebola et sur les raisons qui expliquent pourquoi elle ne figure plus à l’ordre du jour mondial. « Nous vivons dans un monde qui pratique l’“économie de l’attention”, dans lequel la plupart des gens ont arrêté de s’inquiéter lorsqu’il est devenu évident qu’ils n’allaient pas être envahis par des zombies d’Ebola », note-t-il, déplorant l’étiquette d’« altérité » que le monde a apposée sur les victimes d’Ebola. Ce que nous devrions faire, soutient-il, c’est revoir la logique du système de santé publique mondial afin de réduire les risques d’épidémies de ce genre à l’avenir.