Un meilleur diagnostic de la tuberculose de l’enfant à l’horizon

Il est notoirement difficile d’établir un diagnostic précis de la tuberculose de l’enfant : en effet, la bactérie qui provoque la maladie semble ne pouvoir être détectée que dans la salive des adultes et les symptômes cliniques utilisés pour diagnostiquer la tuberculose des enfants sont communs à d’autres maladies.

Cela peut conduire à de faux positifs et donc à la prescription d’un traitement inadapté et à une résistante accrue aux médicaments, ce qui veut dire qu’il n’est possible d’établir un diagnostic correct que lorsqu’il est trop tard, quand la maladie s’est répandue des poumons au cerveau ou à d’autres organes.

Dans bon nombre de pays pauvres, le personnel médical utilise des tests de dépistage standard qui ne parviennent pas à détecter la tuberculose de l’enfant dans 93 pour cent des cas, selon l’organisation non gouvernementale (ONG) médicale Médecins Sans Frontières.

Selon une nouvelle étude – publiée dans le New England Journal of Medicine – réalisée auprès de 2 800 enfants hospitalisés en Afrique du Sud, au Malawi et au Kenya, la découverte de 51 gènes dans le sang des enfants infectés permettrait de poser un meilleur diagnostic de la tuberculose.

Durant les sept années de l’étude, les chercheurs ont réussi à déterminer lesquels de ces gènes sont activés et réprimés chez les enfants infectés. Ces informations ont permis l’élaboration d’une « échelle de risque pour la tuberculose » et la méthode s’est révélée précise dans plus de 80 pour cent des cas.

L’espoir est que la découverte de cette « signature » permette de mettre au point un test peu coûteux et efficace pour détecter la tuberculose de l’enfant.

« La tuberculose de l’enfant est un problème majeur dans les hôpitaux africains. La mise au point d’un test précis de la tuberculose de l’enfant serait une grande avancée : cela permettrait d’établir un diagnostic précoce, de réduire la longueur des séjours à l’hôpital pour dépister les cas suspects de tuberculose et de limiter le nombre d’enfants recevant un traitement inadapté », a dit Brian Eley de l’université du Cap, qui a réalisé l’étude clinique en Afrique du Sud.

Joseph Sitienei, responsable du programme tuberculose au Kenya, a dit que, si la mise au point d’un diagnostic plus efficace était bénéfique, il restait à s’assurer « qu’ils seront rapidement disponibles dans les pays pauvres, où ils sont le plus nécessaires ».

« L’établissement d’un diagnostic correct de la tuberculose de l’enfant permettra de réduire le nombre de décès liés à cette maladie », a dit M. Sitienei.

Laura Guay, responsable des recherches à la Elizabeth Glaser Pediatric Aids Foundation (EGPAF) et enseignante à l’université George Washington, a dit à IRIN que « des efforts supplémentaires doivent être consentis pour s’assurer que les gouvernements, les organisations qui travaillent à l’éradication de la tuberculose et celles qui financent les recherches entreprises dans ces domaines consacrent suffisamment d’attention et de ressources pour répondre aux défis uniques liés au diagnostic et au traitement des enfants atteints de la tuberculose ».

Les experts craignent que l’établissement d’un mauvais diagnostique, outre le fait d’entraver le traitement, n’ait entraîné une sous-estimation du fardeau de la maladie chez les enfants, y compris dans les pays où la maladie est endémique. Ainsi, en 2011, jusqu’à 1,3 million de décès d’enfants ont été attribués à la pneumonie dans les pays où la tuberculose est endémique, mais la cause des décès n’a jamais été vérifiée.

Les enfants souffrant de tuberculose vivent souvent dans des conditions difficiles et n’ont qu’un accès limité aux soins de santé.

Seize essais cliniques sont en cours ou sont prévus dans le monde afin de trouver de nouveaux médicaments pour traiter les enfants et les mères enceintes souffrant de la tuberculose.

Il y a également « plusieurs groupes de recherche qui ont investi un temps et des efforts considérables dans la mise au point d’un meilleur diagnostic de la tuberculose de l’enfant, y compris dans de nombreux centres de recherche en Afrique », a dit à IRIN Mme Guay de l’EGPAF.

L’établissement d’un meilleur diagnostic est l’un des éléments clés de la feuille de route qui a pour objectif de mettre fin aux décès dus à la tuberculose de l’enfant et qui a été rédigée en 2011 par un les principales organisations de santé internationales.

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