Des dizaines d’enfants parmi les combattants arrêtés

Au moins 85 des 212 rebelles présumés, incarcérés par le gouvernement tchadien à la suite d’affrontements récents entre les rebelles et l’armée, sont mineurs, selon les responsables du Fonds des Nations Unies pour l'enfance, qui se sont rendus auprès de ces enfants.



Après avoir demandé au gouvernement le droit de se rendre auprès des détenus, les responsables de l’UNICEF ont visité la prison, le 26 mai, pour déterminer le nombre de détenus de moins de 18 ans, protégés par la convention internationale sur les droits de l’enfant, qu’a ratifiée le Tchad.



« Nous avons débattu et convenu d’une liste préliminaire de 85 enfants qui remplissaient les critères, dont 12 qui sont blessés et reçoivent des soins médicaux », a indiqué à IRIN Marzio Babille, représentant de l’UNICEF-Tchad, le 26 mai. « Au cours des 24 à 48 prochaines heures, nous allons ouvrir la voie au transfert rapide des [jeunes détenus], pour leur assurer un avenir libre de toute peur ».



Le 27 mai, une équipe de l’UNICEF est retournée à la prison pour poursuivre le processus de vérification, selon M. Babille. L’UNICEF placera les jeunes détenus dans des centres de transit gérés par l’organisme à but non-lucratif CARE International, à N’djamena, la capitale.



M. Babille a félicité le gouvernement pour sa réaction prompte à l’appel lancé par l’UNICEF et pour avoir permis à l’organisme de se rendre auprès des détenus.



L’UNICEF est déterminé « à assister tous les enfants libérés pendant toute la durée du processus de réinsertion familiale et sociale et, à assurer le suivi de leur réintégration sociocommunautaire pour éviter les risques de ré enrôlement », a déclaré M. Babille, dans un communiqué daté du 26 mai.



Le gouvernement tchadien et les mouvements rebelles ont convenu par écrit que les enfants ne devraient être membres d’aucunes forces armées, mais au Tchad, les travailleurs humanitaires affirment que l’enrôlement d’enfants dans les rangs des groupes armés est toujours pratiqué et qu’il serait même en recrudescence avec l’instabilité récente qui règne dans le pays.



En 2007, le gouvernement a signé un accord avec l’UNICEF visant à mettre un terme à l’utilisation des enfants au sein des forces ou des groupes armés.



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