Croissance faible et dépendance grandissante à l’aide – Banque mondiale

Les progrès économiques n’ont pas suffi à stimuler la croissance dans les Territoires palestiniens occupés en raison des restrictions de circulation, et les populations dépendent de plus en plus de l’aide humanitaire, a déclaré la Banque mondiale, le 17 septembre.

Dans un rapport publié à l’approche d’une rencontre des bailleurs de fonds, le 22 septembre, la Banque mondiale a loué les efforts de réforme de l’Autorité palestinienne (AP) : Salam Fayyad, Premier ministre de remplacement, a réussi à réduire considérablement les dépenses et les effectifs de la fonction publique, et a entamé une réforme des forces de sécurité.

Au mois d’août, pour soutenir le gouvernement, la communauté internationale lui avait versé une aide budgétaire d’environ 1,2 milliard de dollars, mais 1,85 milliard supplémentaire sera nécessaire d’ici à la fin de l’année.

« Depuis la conférence de Paris, l’aide est ad hoc et imprévisible », peut-on lire dans le rapport, selon lequel l’AP ne peut rien planifier plus de deux mois à l’avance.

À la conférence de Paris, l’année dernière, l’AP avait introduit un Plan de réforme et de développement, et recueilli des promesses de don à hauteur de 7,7 milliards de dollars sur trois ans, à la suite de la réouverture des pourparlers de paix avec Israël à Annapolis, aux Etats-Unis.

Le rapport, intitulé Palestinian Economic Recovery: Aid, Access and Reform [Redressement de l’économie palestinienne : Aide, accès et réforme] fait état de certaines concessions consenties par Israël. Selon le rapport, toutefois, bon nombre de restrictions, obstacles à la croissance, restent en vigueur, notamment les points de contrôle et les barrages routiers, et les colonies israéliennes ne cessent de s’étendre.

La hausse prévue du PIB de 0,8 pour cent seulement en 2008 (contre une croissance démographique de plus de 2,5 pour cent) a été attribuée au « déclin continu de l’économie de la bande de Gaza et à une amélioration économique marginale en Cisjordanie », a déclaré un responsable de la Banque mondiale, sous couvert de l’anonymat.

Avant 1999, la croissance annuelle était d’environ six pour cent. Mais l’année dernière, le blocus strict imposé à Gaza à la suite de la prise de pouvoir du Hamas dans la bande s’était traduit par une interdiction totale d’exporter et une autorisation d’importer limitée à quelques produits, faisant globalement péricliter le secteur des affaires.

Le blocus a également abouti à une augmentation des coûts engendrés par l’acheminement de l’aide humanitaire nécessaire à Gaza, selon le rapport.

De mal en pis à Gaza

Selon la Banque mondiale, le cessez-le-feu du 19 juin entre Israël et le Hamas n’a guère amélioré les conditions de vie des populations de l’enclave.

Globalement, selon le rapport, Gaza n’a pas été concernée par les progrès observés, y compris dans le domaine des travaux de développement. Le rapport fait également état d’une prestation insuffisante de services essentiels tels que l’eau, l’évacuation des eaux usées et le ramassage des déchets.

À Gaza, selon un rapport publié par le Fonds monétaire international (FMI) à l’occasion de la même rencontre des bailleurs, le taux de chômage est supérieur à 30 pour cent et l’inflation s’élève à 18 pour cent. Au moins 79 pour cent de la population vit en deçà du seuil de pauvreté, et ce taux devrait augmenter.

IRIN a pu obtenir un document publié par l’AP sur le sujet, selon lequel les « efforts [humanitaires] importeront peu si des progrès ne sont pas accomplis sur le plan politique pour mettre fin à l’occupation israélienne ».

« La Palestine est aujourd’hui le premier bénéficiaire d’aide humanitaire par habitant dans le monde », peut-on également lire dans le document, selon lequel cette dépendance se poursuivra jusqu’à la résolution du conflit.

Si l’AP, Israël et les bailleurs de fonds coopéraient davantage et si la crise de Gaza était résolue, cela aurait des répercussions positives, selon la Banque mondiale.

« L’expérience récente a montré qu’au début de leur période d’après-guerre, les pays pouvaient s’attendre à un taux de croissance à deux chiffres », selon un responsable de la Banque.

shg/ar/mw/nh/ail