Le nombre de victimes du choléra augmente

Pas moins de 3 160 personnes ont contracté le choléra et 73 personnes ont été emportées par la maladie dans l’ensemble du pays et selon Camilo Simoes Lopes, ministre de la Santé de Guinée Bissau, les autorités se débattent pour remporter la lutte contre l’épidémie.

La majorité des victimes se trouvent à Bissau, la capitale, où 2 301 cas ont été signalés. « La situation est grave dans l’ensemble du pays », a déclaré M. Lopes, « seules les îles [de l’archipel des] Bijagos ont été épargnées ».

Le gouvernement et les organisations internationales concentrent leurs efforts sur Bissau, bien que les équipes de santé se rendent également dans des régions plus reculées du pays pour tenter de contenir la propagation de la maladie.

Le gouvernement a appelé la communauté internationale à lui fournir davantage de médicaments pour pouvoir soigner la maladie, selon M. Lopes. Jusqu’ici, les Nations Unies ont réussi à obtenir 600 000 dollars de fonds d’urgence pour lutter contre l’épidémie.

« Nous avons besoin d’argent et d’une aide logistique pour combattre la maladie : pour l’instant, nous n’avons pas assez de lits ni de médicaments pour le faire », a déclaré à IRIN Agostinho Semedo, qui dirige l’hôpital Simao Mendes.

L’hôpital se débat pour faire face au nombre élevé de victimes qu’il reçoit chaque jour. « La situation ne relève pas de nous. Les gens doivent respecter les lois établies, et le gouvernement doit en faire plus […] pour contrôler la situation », a estimé M. Semedo.

Les autorités ont interdit la vente de nourriture comme les beignets, certains bonbons, les sachets d’eau, dans la rue, pour tenter d’empêcher que la maladie ne se propage davantage.

M. Semedo a également appelé les populations à ne plus sacrifier d’animaux pendant les obsèques, ce qui pourrait être, selon lui, une des causes fondamentales de l’épidémie.

Les patients de l’hôpital doivent s’allonger à même le sol en raison du manque de lits. Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) prévoit d’installer des tentes pour accueillir les malades, mais celles-ci n’ont pas encore été montées.

Lionardo Domingos Nancassa fait partie des 23 bénévoles qui aident le gouvernement à désinfecter les puits de la capitale au chlore. Selon M. Lopes, d’autres comme lui doivent s’investir plus activement dans la lutte contre la maladie, pour empêcher que celle-ci ne se propage davantage.

« Nous avons découvert que les populations ne se montraient pas assez coopératives pour respecter les mesures d’hygiène imposées par les autorités sanitaires », a-t-il déclaré.

Pour M. Nancassa, la mission est claire : « Nous devons unir nos forces pour contribuer à la lutte contre l’épidémie, qui fait des ravages dans notre capitale ».

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