Prorogation de la mission de l’UA et signature de l’accord de paix de Djibouti

Après plusieurs mois de pourparlers intermittents à Djibouti, les représentants du Gouvernement fédéral de transition (TFG) somalien et d’une faction d’une alliance d’opposition basée en Erythrée ont signé un accord pour mettre fin aux hostilités.

Parallèlement, le Conseil de sécurité des Nations Unies a prorogé le mandat de la mission de maintien de la paix de l’Union africaine (UA) dans ce pays dévasté par la guerre.

Tout en se réjouissant de cette décision, le gouvernement et les leaders de l’opposition ont appelé au déploiement d’une force bien plus importante sous l’autorité des Nations Unies.

L’accord de paix de Djibouti a finalement été signé après que les délégations l’eurent paraphé, le 9 juin. Les deux camps ont exprimé leur optimisme au sujet de cet accord.

« Les pourparlers ont été très fructueux », s’est félicité Ahmed Abdisalam, adjoint au Premier ministre et chef de la délégation gouvernementale, le 20 août.

Les parties ont débattu sérieusement « des questions qui nous divisent et de la marche à suivre pour instaurer une paix et une réconciliation durables dans notre pays », a-t-il déclaré, ajoutant que l’accord portait sur des sujets pratiques, tels que la distribution d’une aide humanitaire aux populations.

« Les deux parties ont convenu que nous devrions faire tout notre possible pour assurer que nul n’entrave l’apport d’une aide aux populations dans le besoin », a-t-il indiqué.

Selon Abdirahman Abdishakour, qui dirige la délégation de l’Alliance pour la re-libération de la Somalie, un mouvement d’opposition plus connu sous le nom de « l’Alliance », le succès de l’accord dépendra « de la manière dont nous mettrons en œuvre ce que nous avons signé ».

« J’ai bon espoir qu’un cessez-le-feu sera conclu une fois que nous aurons planifié le retrait des soldats éthiopiens », a-t-il affirmé.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a prorogé le mandat de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) pour une période de six mois. L’AMISOM compte environ 1 600 soldats, originaires d’Ouganda et du Burundi.

Tout en se réjouissant de la prorogation du mandat, le camp du gouvernement a exhorté la communauté internationale à déployer une force onusienne plus importante.

« Ce dont nous avons besoin, c’est du déploiement opportun, par les Nations Unies, d’une force de stabilisation puissante », a observé M. Abdisalam.

Compte tenu de l’insécurité qui règne dans le pays, a-t-il dit, la force réduite, déployée actuellement par l’Union africaine (UA), ne suffit pas.

Pour sa part, M. Abdishakour a déclaré que son mouvement souhaitait que l’AMISOM soit retirée et remplacée par « des soldats originaires de pays amis, sous mandat onusien ».

« Ces gens [l’AMISOM] font aujourd’hui partie du problème et doivent être remplacés », a-t-il affirmé.

Le succès de l’accord de Djibouti dépend en partie du déploiement d’une force internationale, selon M. Abdishakour.

En prorogeant le mandat de la mission de maintien de la paix, le Conseil de sécurité a exhorté les Etats membres de l’UA à aider l’AMISOM à « faciliter le retrait total d’autres forces étrangères de la Somalie et à s’efforcer de créer les conditions nécessaires à une paix et une stabilité durables dans le pays ».

Formée en février 2007, l’AMISOM devait compter 8 000 soldats, mandatés pour assurer la protection des Institutions fédérales de transition (TFI), les aider à assumer leurs fonctions de gouvernement, et assurer la sécurité des principales infrastructures.

Les organisations de la société civile somalienne ont qualifié cette prorogation de « futile » pour le peuple somalien.

« À l’heure où je vous parle, des gens se font tuer ou sont contraints de fuir », a déclaré un activiste de la société civile, qui a refusé d’être nommé. « Que va-t-on accomplir en prorogeant ce mandat ? Ça ne va pas changer le sort du peuple ».

Selon cette source, l’on espérait initialement que l’accord de Djibouti permettrait d’apporter un certain soulagement aux populations.

« Cet espoir s’est envolé ; la violence, les déplacements et les atrocités sont pires aujourd’hui qu’en juin [lorsque l’accord de Djibouti a été paraphé] », selon l’activiste.

Le conflit, la sécheresse et l’hyperinflation se sont conjugués pour créer une crise humanitaire dans ce pays, ravagé par la guerre. Les travailleurs humanitaires estiment que 2,6 millions de Somaliens ont aujourd’hui besoin d’aide ; ils devraient être 3,5 millions d’ici à la fin de l’année, si la situation humanitaire ne s’améliore pas, selon les Nations Unies.

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