Premier décès dans les camps de réfugiés palestiniens

Après avoir fui les violences en Irak, quelque 2 000 Palestiniens se retrouvent bloqués à la frontière irako-syrienne, sans aucune assistance médicale, et un réfugié nécessitant des soins d’urgence est décédé le 13 novembre, a indiqué une équipe du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Selon le HCR, près de 11 enfants du camp d’Al-Waleed souffrent de leucémie, de douleurs dorsales, d’eczéma et de problèmes intestinaux, mais aucun d’eux ne peut se faire soigner en Irak.

« Il ya de nombreuses personnes qui présentent des pathologies graves, voire très graves, parmi la population du camp d’Al-Waleed », a déploré Anita Raman, chargée d’information aux opérations du HCR en Irak. « Les cas de cancer, de maladies cardiaques et d’infirmité [provoqués par une dégradation de l’état de santé des malades, des pathologies congénitales et la violence] sont relativement courants dans le camp ».

Le 13 novembre, le HCR a enregistré le premier cas de décès parmi les réfugiés du camp d’Al-Waleed. Akram Mohammed Rizq al-Assaf, un réfugié palestinien, est décédé d’une crise cardiaque. Il avait été identifié comme un patient nécessitant des soins d’urgence et une évacuation vers un pays étranger. Il laisse une famille de cinq enfants qui vivent eux aussi dans le même camp.

« Au mois de juin, j’ai vu des enfants du camp qui souffraient de maladies cardiaques et de pathologies congénitales et d’autres qui se remettaient de blessures causées par des éclats d’obus de mortier tirés sur leur quartier », a fait remarquer Mme Raman.

Près de 430 Palestiniens vivent dans le camp de réfugiés d’Al-Tanf dans le no-man's-land entre l’Irak et la Syrie ; quelque 1 560 autres ont trouvé refuge dans le camp d’Al-Waleed, du côté irakien de la frontière, selon le HCR.

« Le camp est approvisionné en eau par des camions citernes et la pénurie de services sanitaires pose problème ; le camp est infesté de rats et de serpents et il faut plusieurs heures pour accéder à des services médicaux très limités », a affirmé Mme Raman. « Les cas de traumatisme sont fréquents chez les résidents du camp, surtout chez les enfants ; pour bon nombre de parents, il n’est pas possible d’aller travailler et de laisser leurs enfants seuls car ils ont encore peur après avoir quitté Bagdad ».

Ahmed Muffitlak, porte-parole de l’Association des musulmans palestiniens, à Bagdad (Palestinian Muslims Association/PMA), a confié à IRIN que près de 40 Palestiniens arrivaient chaque semaine dans les camps avec juste quelques effets personnels.

« Les gens sont malades et vivent dans la pauvreté ; une situation à laquelle il faut trouver une solution urgente. Nous en appelons à la compréhension des autres pays ».

M. Muffitlak a par ailleurs ajouté que tous les enfants et adultes vivant dans les camps étaient malnutris, manquaient de médicaments et dormaient dans le désert.

« Très peu d’organisations viennent en aide à ces populations et malgré les efforts que déploie le HCR pour leur apporter une assistance, il reste beaucoup à faire pour sauver ces personnes et donner un minimum de dignité à leur vie ».

Le HCR a lancé un appel à la communauté internationale pour l’évacuation des enfants malades, et jusqu’à présent, seuls le Chili et le Soudan ont fait savoir qu’ils étaient disposés à accueillir certains de ces enfants.

« Les Palestiniens d’Irak ont par-dessus tout besoin d’une solution durable à leur problème ; d’un pays sûr, sans violence et discrimination, où ils pourront reconstruire leur vie », a affirmé Mme Raman.

« En raison de l’insécurité générale, de plus en plus de familles continuent d’affluer aux frontières, où le HCR et ses partenaires veillent constamment à la protection, à l’assistance et à l’enregistrement de ces groupes vulnérables ».

M. Muffitlak a confié à IRIN que de nombreux Palestiniens avaient payé d’importants pots-de vin pour obtenir des cartes d’identité irakienne, espérant qu’elles leur garantiraient une protection.

« Chaque carte d’identité coûte environ 10 000 dollars américains. La plupart des Palestiniens vivant encore en Irak n’ont pas assez d’argent pour se faire établir de fausses cartes d’identité et sont contraints de se déplacer du nord au sud, et vice versa, en fonction des conditions de sécurité », a-t-il poursuivi.

« On ne connaît pas le nombre de Palestiniens tués en Irak depuis le début l’invasion du pays, en 2003, par les forces de la coalition dirigées par les Etats-Unis, mais on estime qu’il y en a eu plusieurs centaines, la plupart d’entre eux ayant été tués par des militants de groupes hostiles au régime de Saddam Hussein », a affirmé Muffitlak.

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