Experts africains et européens adoptent un plan d’action sur la migration internationale

De hauts responsables africains et européens ont adopté un plan d’action conjoint en vue de lutter contre l’émigration clandestine et de proposer des solutions alternatives aux candidats à l’émigration pour les fixer dans leurs pays d’origine.

Ce plan, élaboré à Dakar, la capitale sénégalaise, servira de document base à l’importante conférence ministérielle sur l’émigration clandestine prévue les 10 et 11 juillet à Rabat (Maroc).

« Les flux non maîtrisés peuvent se transformer en drames humains et c’est pour cela que nous travaillons à des partenariats pour apporter des réponses globales et concrètes sur les déséquilibres liés aux questions de sécurité et de développement sur les routes migratoires qui lient l’Europe et l’Afrique », a déclaré Pascal Brice, chef de la délégation française.

Ce plan d’action prévoit notamment le renforcement des contrôles aux frontières, une meilleure collaboration entre les polices, la fourniture aux Etats africains de matériels de surveillance très sophistiqués et la création d’un observatoire euro-africain pour mieux contrôler les flux migratoires entre les deux continents.

Des programmes de développement économique sont également envisagés pour fixer les jeunes dans leurs pays.

Depuis quelques temps, la communauté internationale se mobilise pour tenter de juguler le flux des émigrés clandestins ouest-africains qui partent des côtes du Sénégal ou de la Mauritanie à bord d’embarcations en bois, dans l’espoir de rejoindre l’archipel espagnol des Canaries, la porte d’accès à l’eldorado européen.

Plus de 9 000 émigrés clandestins ont débarqué dans l’archipel au cours des cinq derniers mois, l’équivalent du nombre total d’émigrants illégaux enregistré en 2005.

Selon un rapport des Nations unies publié mardi dernier, il y avait quelque 191 millions de migrants dans le monde en 2005.

Le plan de Dakar prévoit également une coopération logistique et le financement des retours volontaires ainsi que des cours de formation dans des secteurs ciblés tels que l’agriculture, le tourisme, la pêche et l’artisanat.

« Notre préoccupation majeure est de fixer nos populations dans nos pays, avec des programmes de développement qui favorisent l’épanouissement individuel et collectif ainsi que l’espoir de prospérité économique », a déclaré Ousmane Ngom, le ministre sénégalais de l’Intérieur.

La semaine dernière, le Sénégal avait demandé aux autorités espagnoles de suspendre le rapatriement de plusieurs centaines de clandestins arrêtés dans l’archipel des Canaries, après les mauvais traitements dont 99 rapatriés auraient été victimes lors de leur retour forcé à Dakar.

Selon certains de ces rapatriés, les autorités espagnoles leur avaient promis de les envoyer à Malaga ou à Madrid, mais n’avaient jamais mentionné Dakar.

Et pour aider l’Espagne à juguler ce flux de clandestins, sept pays de l’Union européenne – Grande-Bretagne, France, Allemagne, Grèce, Italie, Pays-Bas et Portugal- démarreront bientôt des patrouilles conjointes avec Madrid aux larges de la côte de l’Afrique de l’ouest.