La musique au service de la lutte contre le VIH/SIDA

Sensibles aux problèmes de leur génération, de jeunes musiciens kenyans ont décidé de mettre leur talent et leur imagination créative au service de leurs pairs, pour les convaincre de se protéger de l’infection au VIH.

«C’est bien beau les chansons sur les femmes et les hommes, mais c’est plus important de faire passer des messages optimistes, d’informer les gens sur la manière de se protéger contre le VIH», a déclaré Lovy Longomba, l’un des chanteurs du duo ‘The Longombas’.

Lovy Longomba, un jeune Kenyan de 22 ans, et son frère jumeau Christian sont à la tête de la lutte contre le VIH/SIDA pour laquelle s’est mobilisée l’industrie de la musique. En 2005, ils ont écrit le tube ‘Vuta Pumz’ (‘Respire’ en swahili), qui a reçu un trophée de la musique africaine Kora.

‘Vuta Pumz’ traite des dangers du VIH et encourage les personnes séropositives à rester optimistes et à continuer à vivre.

«La plupart des chansons sur le sida traite de la mort, mais je connais personnellement une personne qui est séropositive depuis une quinzaine d’années, elle suit une bonne alimentation, fait de l’exercice et vit normalement», a confié Lovy Longomba.

Lovy et Christian Longomba essaient de se servir de leur musique pour parler des problèmes auxquels sont confrontés leurs pairs. « On fait danser les gens, mais en même temps nous nous adressons à eux », a expliqué Lovy Longomba.

«Ce n’est pas parce que vous n’êtes pas atteint du paludisme que vous devez aller dormir dans un lieu envahi de moustiques. Avec le sida, c’est la même chose, ce n’est pas parce que vous n’êtes pas séropositif, que vous devez avoir des comportements à risque», a-t-il souligné.

D’autres artistes kenyans se sont joints à la lutte contre le VIH/SIDA. Par exemple, Population Services International (PSI), une organisation non gouvernementale, a fait appel à des musiciens, à des grands sportifs et à des personnalités médiatiques pour soutenir une campagne nationale destinée à promouvoir l’utilisation du préservatif.

«Nous avons choisi des hommes célèbres qui sont un modèle pour les jeunes. Pour notre dernière campagne, nous avons fait exclusivement appel à des musiciens», a expliqué Sheila Maviala, responsable de la marque de préservatifs Trust auprès de PSI. «Nous sommes parvenus à réduire la stigmatisation et la gêne qui étaient associées à l’achat et à l’utilisation du préservatif.»

Dans le cadre de sa campagne, PSI a utilisé des panneaux publicitaires, a diffusé des messages à la radio et à la télévision pour encourager les gens à pratiquer le sexe à moindre risque.

Pour sa campagne ‘Staying Alive’, MTV, la chaîne de télévision musicale, a également demandé la contribution de célébrités kenyanes, comme le chanteur ‘Nameless’ et la personnalité médiatique ‘Big Ted’, qui font une apparition dans le film ‘Transit’, qui traite de la sensibilisation au VIH/SIDA.

«Une étude menée en 2002 par Family Health International a révélé que les jeunes qui regardaient ‘Staying Alive’ parlaient plus facilement de sexe et avaient des connaissances sur la prévention, le dépistage et d’autres questions relatives au VIH plus larges que ceux qui ne regardaient pas l’émission», a déclaré Cathy Phiri, responsable des relations publiques de MTV.

Selon Lovy et Christian Longomba, des discussions plus ouvertes et plus franches entre les parents et les enfants permettront de mieux sensibiliser les jeunes au VIH/SIDA. En outre, ils pensent que les musiciens doivent faire preuve de plus de vigilance par rapport aux messages qu’ils délivrent au public.

«Les gens doivent être attentifs aux messages qu’ils font passer à travers leur musique», a conclu Lovy Longomba. «Ils doivent essayer d’informer tout en amusant.»