Buyoya demande l'aide de l'ONU pour mettre fin à la violence

Le Président du Burundi, Pierre Buyoya, a lancé un appel au Conseil de
sécurité pour qu'il aide son pays à mettre fin à la violence qui le déchire
et à maintenir le processus de paix, a rapporté l'ONU.

Dans une intervention devant le Conseil, M. Buyoya a souligné que si la voie diplomatique ne parvenait pas à convaincre les rebelles burundais de
renoncer à la violence, d'autres moyens devraient être mis à contribution, selon l'ONU.

Malgré une " amélioration de la situation ", le chef de l'Etat a maintenu que la persistance des violences constitue un réel défi qui pourrait compromettre le retour de la paix. Il a recommandé que le Conseil de
sécurité se rende de nouveau au Burundi pour évaluer la situation sur place.

La reconstruction du pays représente un autre obstacle au processus de paix,
a déclaré M. Buyoya. Après huit ans de crise, l'économie du Burundi a été
mise à mal, le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté a presque doublé depuis 1992. Il a donc lancé un appel au Conseil de sécurité pour qu'il sensibilise davantage la communauté internationale afin d'apporter des appuis substantiels aux efforts de paix du Burundi.

Sur un plan plus positif, M. Buyoya a indiqué que le climat politique
s'était considérablement amélioré depuis la mise en place des institutions transitoires le 1er novembre 2001.

" Nous avons demandé aux pays voisins...[et] à la communauté internationale de presser les rebelles à rejoindre les négociations, " a-t-il déclaré à des journalistes à l'issue de son intervention devant le Conseil, selon l'agence AP. " Notre approche est de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour amener les rebelles à la table des négociations, " a-t-il dit.

Parallèlement, le Sénat a été rétabli lundi au Burundi, pour la première
fois depuis 1965. Le Sénat avait été aboli après l'avènement au pouvoir de
l'armée burundaise, trois ans après l'indépendance du pays libéré de la
tutelle de la Belgique.

Libere Bararunyeretse, un Tutsi, a été élu président le même jour, tandis
que Pierre-Claver Nahimana, un Hutu, a été élu vice-président. Les 54
sénateurs ont été élus le 25 janvier. Parmi eux, figurent deux anciens
présidents, tous deux renversés lors de coups d'Etat conduits par Pierre
Buyoya. Jean-Baptiste Bagaza, qui a pris le pouvoir en 1976 a été renversé
en 1987 lors du premier putsch de Buyoya et Sylvestre Ntibantunganya, qui
était devenu président en 1994, a été renversé en 1996.

Plus de 200 000 personnes ont été tuées au Burundi depuis l'éclatement de la
guerre en octobre 1993, au lendemain de l'assassinat du premier dirigeant
démocratiquement élu, Melchior Ndadaye, un Hutu. En août 2000, un accord de paix a été signé à Arusha mais les deux principaux mouvements rebelles du pays - le Conseil national pour la défense de la démocratie - Forces pour la défense de la démocratie et les Forces nationales de libération - ont refusé d'observer le cessez-le-feu conclu dans le cadre de l'accord de paix.