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MALI: Nouvel espoir dans la lutte contre le paludisme
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Obed Bayan’Fumu/MSF
À Koutiala, des médecins de MSF administrent une dose de Fansidar® à des enfants
DAKAR, 17 octobre 2012 (IRIN) - L’organisation non gouvernementale (ONG) Médecins Sans Frontières (MSF) a testé une nouvelle stratégie de traitement préventif du paludisme dans le cadre d’une expérience pilote à grande échelle lancée en août 2012 au Mali. Les résultats montrent une baisse spectaculaire des cas de paludisme saisonnier chez les enfants.
Dans le district de Koutiala, au sud-est du Mali, 170 000 enfants ont reçu un traitement antipaludéen à base d’amodiaquine et de sulphadoxine/pyriméthamine (Fansidar®) à raison de trois doses par mois pendant la période de haute transmission de la maladie, qui dure de juillet à octobre.
Dans la semaine qui a suivi la distribution du traitement, les équipes de MSF ont constaté une baisse de 75 % des cas de paludisme simple et une diminution de plus de 60 pour cent des hospitalisations liées à la maladie.
« Les effets ont été instantanés », a dit à IRIN Johannes Sekkenes, chef de mission pour MSF au Mali.
« À l’hôpital du district de Koutiala, le nombre d’enfants hospitalisés a baissé dès que le traitement a commencé à faire effet. À l’heure actuelle, l’hôpital compte entre 120 et 150 enfants hospitalisés, alors qu’ils étaient environ 300, dont 70 pour cent atteints de paludisme grave, à la même époque l’an dernier », a-t-elle observé.
La plupart des enfants hospitalisés à
Koutiala
souffrent de malnutrition, à laquelle s’ajoutent généralement des facteurs de complication comme le paludisme et la diarrhée.
Dans le cadre des services de traitement de brève durée sous surveillance directe (DOTS), les infirmiers et les agents de santé de proximité administrent la première dose par voie orale dans des centres de distribution fixe ou en porte-à-porte dans les villages moins importants. Lors de cette visite, ils enseignent à la mère comment administrer les deux doses restantes pour le mois.
« Les mères savent que le paludisme peut tuer et que ce [traitement] permet réellement de sauver des enfants. La population a donc adhéré à cette stratégie de manière très positive », a dit Mme Sekkenes.
« Ce n’est pas tant un médicament miracle qu’une stratégie très efficace qui cible la période de haute transmission de la maladie, pendant laquelle ont lieu 80 pour cent des accès palustres dans des pays comme le Mali, le Sénégal, le Tchad et d’autres régions du Sahel », a dit Sian Clarke, spécialiste du paludisme auprès de l’École d’hygiène et de médecine tropicale de Londres (London School of Hygiene and Tropical Medicine).
Les professionnels de la santé et les médecins de MSF ont souligné que ces interventions devaient être accompagnées d’autres activités de prévention afin d’avoir un impact à grande échelle et à long terme.
« Afin d’avoir un réel impact, il faut mettre en place ce programme dans tous les districts sanitaires et avoir recours à d’autres stratégies de lutte contre le paludisme comme les moustiquaires et les insecticides », a dit Mme Sekkenes.
Résistance et effet secondaires
Le Fansidar®, la marque déposée du sulphadoxine/pyriméthamine, a déjà été utilisé comme traitement contre le paludisme dans toute l’Afrique, mais il a progressivement été supprimé et remplacé par des combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (ACT), notamment parce qu’une résistance au Fansidar® s’était développée.
Il est possible qu’une telle résistance se développe également en Afrique de l’Ouest. À la suite
d’études
menées en 2011, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a cependant recommandé l’utilisation de ce médicament à des fins de prévention, à condition qu’il soit administré en « multithérapie » avec d’autres médicaments comme l’amodiaquine (antipaludéen lié à la chloroquine) et seulement pendant trois à quatre mois par an dans les régions où le paludisme est saisonnier.
« Plusieurs travaux de recherche ont analysé la question de la résistance. Jusqu’à maintenant, rien n’a permis de prouver que le développement d’une résistance puisse constituer un problème », a dit Mme Clarke.
Un autre point spécifique au paludisme est source de préoccupations : les traitements préventifs peuvent freiner l’immunité naturelle, qui s’acquiert petit à petit grâce à une exposition répétée à l’infection. Retarder cette immunité naturelle pourrait augmenter le risque d’accès palustres dangereux à l’âge adulte, a remarqué Mme Clarke.
« Ce sont précisément ces inquiétudes qui ont empêché la mise en place de telles stratégies préventives par le passé », a-t-elle ajouté.
Selon MSF, les effets secondaires éventuels sont également préoccupants. L’amodiaquine peut entraîner des vomissements chez l’enfant et le sulphadoxine/pyriméthamine peut, dans de rares cas, causer des réactions allergiques. Une surveillance stricte et régulière est donc nécessaire.
Lancement
Selon Klénon Traoré, directeur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), le ministère de la Santé malien prévoit de lancer ce programme dans cinq régions – Koutiala, Kita, Kolokani, Bankass et San – en 2013 et de l’étendre au reste du pays d’ici à 2014 même si quelques obstacles et préoccupations subsistent.
Malgré le coût relativement faible de ce traitement (0,50 dollar par enfant par mois) et l’existence de formes génériques sur le marché, son administration est onéreuse, car il faut former les professionnels de la santé, faire du porte-à-porte dans les régions reculées et enseigner aux mères comment administrer les deux dernières doses du mois.
« Nous disposons des fonds nécessaires pour ce programme, mais nous ne sommes pas certains que ce sera toujours le cas à l’avenir », a dit M. Traoré. Les bailleurs de fonds internationaux ont en effet suspendu la plupart de leurs aides directes au gouvernement malien depuis le coup d’État du mois de mars et attendent des élections démocratiques qui ne sont pas prévues pour bientôt.
La
prise de pouvoir
par les rebelles dans le nord entrave également la mise en œuvre du programme prévue pour juillet 2013, a-t-il ajouté.
Le médicament a également été administré à 10 000 enfants au Tchad, où la même baisse du nombre de cas de paludisme a immédiatement été observée.
Plus de 650 000 personnes meurent chaque année du paludisme et 90 % de ces décès surviennent en Afrique subsaharienne, pour la plupart chez les jeunes enfants.
mh/aj/cb-gd/amz
Theme (s)
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Enfants
,
Economie
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Démocratie et gouvernance
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Sécurité
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[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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Obed Bayan’Fumu/MSF
À Koutiala, des médecins de MSF administrent une dose de Fansidar® à des enfants
DAKAR, 17 octobre 2012 (IRIN) - L’organisation non gouvernementale (ONG) Médecins Sans Frontières (MSF) a testé une nouvelle stratégie de traitement préventif du paludisme dans le cadre d’une expérience pilote à grande échelle lancée en août 2012 au Mali. Les résultats montrent une baisse spectaculaire des cas de paludisme saisonnier chez les enfants.
Dans le district de Koutiala, au sud-est du Mali, 170 000 enfants ont reçu un traitement antipaludéen à base d’amodiaquine et de sulphadoxine/pyriméthamine (Fansidar®) à raison de trois doses par mois pendant la période de haute transmission de la maladie, qui dure de juillet à octobre.
Dans la semaine qui a suivi la distribution du traitement, les équipes de MSF ont constaté une baisse de 75 % des cas de paludisme simple et une diminution de plus de 60 pour cent des hospitalisations liées à la maladie.
« Les effets ont été instantanés », a dit à IRIN Johannes Sekkenes, chef de mission pour MSF au Mali.
« À l’hôpital du district de Koutiala, le nombre d’enfants hospitalisés a baissé dès que le traitement a commencé à faire effet. À l’heure actuelle, l’hôpital compte entre 120 et 150 enfants hospitalisés, alors qu’ils étaient environ 300, dont 70 pour cent atteints de paludisme grave, à la même époque l’an dernier », a-t-elle observé.
La plupart des enfants hospitalisés à
Koutiala
souffrent de malnutrition, à laquelle s’ajoutent généralement des facteurs de complication comme le paludisme et la diarrhée.
Dans le cadre des services de traitement de brève durée sous surveillance directe (DOTS), les infirmiers et les agents de santé de proximité administrent la première dose par voie orale dans des centres de distribution fixe ou en porte-à-porte dans les villages moins importants. Lors de cette visite, ils enseignent à la mère comment administrer les deux doses restantes pour le mois.
« Les mères savent que le paludisme peut tuer et que ce [traitement] permet réellement de sauver des enfants. La population a donc adhéré à cette stratégie de manière très positive », a dit Mme Sekkenes.
« Ce n’est pas tant un médicament miracle qu’une stratégie très efficace qui cible la période de haute transmission de la maladie, pendant laquelle ont lieu 80 pour cent des accès palustres dans des pays comme le Mali, le Sénégal, le Tchad et d’autres régions du Sahel », a dit Sian Clarke, spécialiste du paludisme auprès de l’École d’hygiène et de médecine tropicale de Londres (London School of Hygiene and Tropical Medicine).
Les professionnels de la santé et les médecins de MSF ont souligné que ces interventions devaient être accompagnées d’autres activités de prévention afin d’avoir un impact à grande échelle et à long terme.
« Afin d’avoir un réel impact, il faut mettre en place ce programme dans tous les districts sanitaires et avoir recours à d’autres stratégies de lutte contre le paludisme comme les moustiquaires et les insecticides », a dit Mme Sekkenes.
Résistance et effet secondaires
Le Fansidar®, la marque déposée du sulphadoxine/pyriméthamine, a déjà été utilisé comme traitement contre le paludisme dans toute l’Afrique, mais il a progressivement été supprimé et remplacé par des combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (ACT), notamment parce qu’une résistance au Fansidar® s’était développée.
Il est possible qu’une telle résistance se développe également en Afrique de l’Ouest. À la suite
d’études
menées en 2011, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a cependant recommandé l’utilisation de ce médicament à des fins de prévention, à condition qu’il soit administré en « multithérapie » avec d’autres médicaments comme l’amodiaquine (antipaludéen lié à la chloroquine) et seulement pendant trois à quatre mois par an dans les régions où le paludisme est saisonnier.
« Plusieurs travaux de recherche ont analysé la question de la résistance. Jusqu’à maintenant, rien n’a permis de prouver que le développement d’une résistance puisse constituer un problème », a dit Mme Clarke.
Un autre point spécifique au paludisme est source de préoccupations : les traitements préventifs peuvent freiner l’immunité naturelle, qui s’acquiert petit à petit grâce à une exposition répétée à l’infection. Retarder cette immunité naturelle pourrait augmenter le risque d’accès palustres dangereux à l’âge adulte, a remarqué Mme Clarke.
« Ce sont précisément ces inquiétudes qui ont empêché la mise en place de telles stratégies préventives par le passé », a-t-elle ajouté.
Selon MSF, les effets secondaires éventuels sont également préoccupants. L’amodiaquine peut entraîner des vomissements chez l’enfant et le sulphadoxine/pyriméthamine peut, dans de rares cas, causer des réactions allergiques. Une surveillance stricte et régulière est donc nécessaire.
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Selon Klénon Traoré, directeur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), le ministère de la Santé malien prévoit de lancer ce programme dans cinq régions – Koutiala, Kita, Kolokani, Bankass et San – en 2013 et de l’étendre au reste du pays d’ici à 2014 même si quelques obstacles et préoccupations subsistent.
Malgré le coût relativement faible de ce traitement (0,50 dollar par enfant par mois) et l’existence de formes génériques sur le marché, son administration est onéreuse, car il faut former les professionnels de la santé, faire du porte-à-porte dans les régions reculées et enseigner aux mères comment administrer les deux dernières doses du mois.
« Nous disposons des fonds nécessaires pour ce programme, mais nous ne sommes pas certains que ce sera toujours le cas à l’avenir », a dit M. Traoré. Les bailleurs de fonds internationaux ont en effet suspendu la plupart de leurs aides directes au gouvernement malien depuis le coup d’État du mois de mars et attendent des élections démocratiques qui ne sont pas prévues pour bientôt.
La
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par les rebelles dans le nord entrave également la mise en œuvre du programme prévue pour juillet 2013, a-t-il ajouté.
Le médicament a également été administré à 10 000 enfants au Tchad, où la même baisse du nombre de cas de paludisme a immédiatement été observée.
Plus de 650 000 personnes meurent chaque année du paludisme et 90 % de ces décès surviennent en Afrique subsaharienne, pour la plupart chez les jeunes enfants.
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