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SOUDAN-SOUDAN DU SUD: Relents de guerre
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Salma Elwardany/IRIN
Dommages de guerre : la ville de Talodi dans le Sud-Kordofan a récemment été le théâtre de combats
KHARTOUM/TALODI, 15 avril 2012 (IRIN) - Le Soudan et le Soudan du Sud semblaient proches de la guerre cette semaine, alors que la région pétrolière de Heglig, située à la frontière entre les deux pays, était le théâtre d’une escalade de la violence.
Le parlement soudanais a approuvé la proposition de mobilisation des forces armées et a décidé de suspendre les négociations avec le Soudan du Sud après que son nouveau voisin indépendant a envoyé des troupes dans la région de Heglig.
Le président soudanais Omar al-Bashir avait déjà émis un décret créant un comité de haut niveau pour la mobilisation le 26 mars.
« Cela nous replonge dans les tristes années de guerre civile avec le Soudan du Sud », a dit Usamah Mohamed Ali, ingénieur en logiciel, évoquant les 21 années d’un conflit qui a pris fin en 2005 avec la signature d’un accord de paix.
« Les familles avaient l’habitude de cacher leurs fils pour les protéger de la guerre et des combats, mais à l’époque, le Soudan s’en sortait bien économiquement, alors la population avalait plus ou moins le discours du gouvernement sur la mobilisation des jeunes pour combattre l’ennemi et atteindre la stabilité et le bien-être au Soudan ».
Mais au vu du déclin économique et de l’échec du gouvernement dans la recherche d’une solution politique, M. Ali pense que le peuple soudanais ne croit plus à cette rhétorique.
Le taux d’inflation annuel du Soudan s’est élevé à 22,4 pour cent en mars, alors que les prix des produits alimentaires ont augmenté en raison de la hausse des prix de la viande, du pain et du lait, selon le Bureau central des statistiques. Ce matin [13 avril], un dollar s’échangeait contre six livres soudanaises sur le marché noir contre trois livres sur le marché des changes officiel.
Il y avait de longues files d’attentes aux stations essence de Khartoum cette semaine.
« J’ai attendu pendant deux heures, de minuit à deux heures du matin [le 11 avril], dans une station essence proche de chez moi pour avoir suffisamment de carburant pour aller au travail … Finalement j’ai dû me rendre dans une autre station essence », a dit à IRIN Muhammed Hamadein, un habitant de Khartoum, ajoutant : « Nous avons souffert de pénuries de nourriture et d’essence dans les années 1980 et 1990 … Je suis sûr que le peuple soudanais en a assez après deux décennies de mensonges, de corruption et de division ».
Sud-Kordofan
Le 12 avril, le ministre de l’Information du Soudan a emmené par avion des journalistes étrangers à Talodi dans le Sud-Kordofan, un État frontalier qui est le théâtre de combats entre les forces gouvernementales et les rebelles depuis juin 2011.
Des maisons et d’autres bâtiments de la ville ont été incendiés. Les responsables qui accompagnaient les journalistes ont imputé les dégâts à un assaut des rebelles du SPLA-N [Armée populaire de libération du Soudan branche Nord] que Khartoum soupçonne d’être soutenus par d’anciens camarades d’arme aujourd’hui au pouvoir au Soudan du Sud. Le conflit dans
les montagnes de Nouba
a provoqué le déplacement de quelque 20 000 personnes au Soudan du Sud et a lourdement perturbé la production agricole.
« Je venais de finir mes examens quand les combats ont éclaté. Nous avons entendu les bombardements et nous nous sommes mis à l’abri sous nos bureaux », a dit Safeya, 13 ans, alors qu’elle ramenait un sceau d’eau à sa hutte. « J’y suis habituée maintenant, ça peut arriver à n’importe quel moment ».
Samah, une femme d’une cinquantaine d’année qui travaille dans un petit kiosque, a dit que la population avait peur. « Des affrontements éclatent de temps en temps. Nous commençons à nous habituer aux bombardements. Les femmes se cachent ou fuient à quelques kilomètres d’ici lorsqu’il y a une attaque, puis elles reviennent, tandis que les hommes sont toujours prêts, l’arme à la main.
« La situation financière est très, très mauvaise ici », a-t-elle ajouté. « On ne s’attend pas à ce qu’un homme qui porte une arme travaille pour gagner de l’argent ».
sw/cb/am-mg/amz
Theme (s)
:
Paix et sécurité
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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KHARTOUM/TALODI, 15 avril 2012 (IRIN) - Le Soudan et le Soudan du Sud semblaient proches de la guerre cette semaine, alors que la région pétrolière de Heglig, située à la frontière entre les deux pays, était le théâtre d’une escalade de la violence.
Le parlement soudanais a approuvé la proposition de mobilisation des forces armées et a décidé de suspendre les négociations avec le Soudan du Sud après que son nouveau voisin indépendant a envoyé des troupes dans la région de Heglig.
Le président soudanais Omar al-Bashir avait déjà émis un décret créant un comité de haut niveau pour la mobilisation le 26 mars.
« Cela nous replonge dans les tristes années de guerre civile avec le Soudan du Sud », a dit Usamah Mohamed Ali, ingénieur en logiciel, évoquant les 21 années d’un conflit qui a pris fin en 2005 avec la signature d’un accord de paix.
« Les familles avaient l’habitude de cacher leurs fils pour les protéger de la guerre et des combats, mais à l’époque, le Soudan s’en sortait bien économiquement, alors la population avalait plus ou moins le discours du gouvernement sur la mobilisation des jeunes pour combattre l’ennemi et atteindre la stabilité et le bien-être au Soudan ».
Mais au vu du déclin économique et de l’échec du gouvernement dans la recherche d’une solution politique, M. Ali pense que le peuple soudanais ne croit plus à cette rhétorique.
Le taux d’inflation annuel du Soudan s’est élevé à 22,4 pour cent en mars, alors que les prix des produits alimentaires ont augmenté en raison de la hausse des prix de la viande, du pain et du lait, selon le Bureau central des statistiques. Ce matin [13 avril], un dollar s’échangeait contre six livres soudanaises sur le marché noir contre trois livres sur le marché des changes officiel.
Il y avait de longues files d’attentes aux stations essence de Khartoum cette semaine.
« J’ai attendu pendant deux heures, de minuit à deux heures du matin [le 11 avril], dans une station essence proche de chez moi pour avoir suffisamment de carburant pour aller au travail … Finalement j’ai dû me rendre dans une autre station essence », a dit à IRIN Muhammed Hamadein, un habitant de Khartoum, ajoutant : « Nous avons souffert de pénuries de nourriture et d’essence dans les années 1980 et 1990 … Je suis sûr que le peuple soudanais en a assez après deux décennies de mensonges, de corruption et de division ».
Sud-Kordofan
Le 12 avril, le ministre de l’Information du Soudan a emmené par avion des journalistes étrangers à Talodi dans le Sud-Kordofan, un État frontalier qui est le théâtre de combats entre les forces gouvernementales et les rebelles depuis juin 2011.
Des maisons et d’autres bâtiments de la ville ont été incendiés. Les responsables qui accompagnaient les journalistes ont imputé les dégâts à un assaut des rebelles du SPLA-N [Armée populaire de libération du Soudan branche Nord] que Khartoum soupçonne d’être soutenus par d’anciens camarades d’arme aujourd’hui au pouvoir au Soudan du Sud. Le conflit dans
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Samah, une femme d’une cinquantaine d’année qui travaille dans un petit kiosque, a dit que la population avait peur. « Des affrontements éclatent de temps en temps. Nous commençons à nous habituer aux bombardements. Les femmes se cachent ou fuient à quelques kilomètres d’ici lorsqu’il y a une attaque, puis elles reviennent, tandis que les hommes sont toujours prêts, l’arme à la main.
« La situation financière est très, très mauvaise ici », a-t-elle ajouté. « On ne s’attend pas à ce qu’un homme qui porte une arme travaille pour gagner de l’argent ».
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