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mercredi 22 mai 2013
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ISRAËL-TPO: Aider les anciens détenus enfants à faire face au traumatisme
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Andreas Hackl/IRIN
Hamza a été détenu par l’armée israélienne durant quatre mois et demi : il avait été arrêté pour avoir lancé des pierres
RAMALLAH, 27 mars 2012 (IRIN) - Un an après son arrestation et sa détention par l’armée israélienne à Bethlehem, Hamza, un jeune Palestinien de Cisjordanie de 17 ans, voit régulièrement un travailleur social, afin d’essayer de surmonter le traumatisme qu’il a subi dans la petite cellule qu’il partageait avec 10 autres personnes.
« Ils m’ont bandé les yeux, attaché les deux bras ensemble et m’ont emmené en prison dans une jeep de l’armée. Nous étions 10 dans une petite cellule et plusieurs fois par jour, ils me demandaient pourquoi j’avais jeté des pierres, » a t-il dit à IRIN, pendant qu’il attendait le travailleur social au bureau de l'association caritative YMCA de Beit Sahour.
Quand Hamza a été arrêté, il y a environ un an, il avait 16 ans. « Il y avait des colons à côté de notre école et cela a déclenché des affrontements. J’ai jeté des pierres et je me suis fait prendre, » a t-il raconté. « Pendant mes quatre mois et demi de détention, je n’ai pas eu le droit de voir une seule fois ma famille. Quand je suis sorti de prison, je ne savais plus d’où j’en étais, » a t-il ajouté.
Pour beaucoup de ceux qui ont été détenus alors qu’ils n’étaient que des enfants, les mois d’enfermement loin des amis et de la famille sont une expérience assez traumatisante, explique la YMCA qui gère depuis mai 2009 un programme de réhabilitation post- traumatique pour les enfants qui ont été emprisonnés ; le programme est soutenu par Save the Children Suède et par l’Office d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO).
Chaque année, entre 500 et 700 enfants palestiniens de Cisjordanie, âgés de 12 à 17 ans, sont détenus et traduits devant des tribunaux militaires israéliens ; la plupart des accusations ont à voir avec des jets de pierres. « Ces enfants traversent une période très douloureuse. Ils sont souvent privés de sommeil, humiliés et forcés de confesser qu’ils ont fait quelque chose de mal, » a dit à IRIN Nader Abu Amsha, directeur du programme de réhabilitation de Beit Sahour.
Un nouveau rapport
Le jugement de M. Amsha est corroboré par un nouveau rapport que vient de publier la section palestinienne de l’organisation Défense des Enfants International (DCI-Palestine), qui dénonce un usage répandu des mauvais traitements envers les mineurs palestiniens dans les centres de détention militaires israéliens, renforçant ainsi les inquiétudes déjà exprimées concernant
la torture et les abus
.
« La plupart des enfants sont soumis à des interrogatoires coercitifs, qui mêlent abus verbaux, menaces et violences physiques, et aboutissent généralement à une confession, » a indiqué DCI dans le
rapport
, intitulé Bound, Blindfolded and Convicted: Children held in military detention. [Attachés, les yeux bandés et reconnus coupables : Les enfants détenus dans les prisons militaires]
Sur la base de 311 témoignages d’anciens détenus enfants, DCI-Palestine a trouvé que 75 pour cent d’entre eux se plaignaient de violences physiques. Sur les 311 enfants de l’enquête, 116 avaient entre 14 et 15 ans au moment de leur détention, et la majorité des 75 pour cent était âgée de 16 ou 17 ans.
« Comme le déclare la Convention relative aux droits de l’enfant, la détention des enfants ne devrait être utilisée qu’en dernier ressort et pour une période aussi courte que possible, » a rappelé
Jean Gough
, la représentante spéciale de l’UNICEF dans le Territoire palestinien occupé.
L’armée israélienne rejette cette critique et souligne les dangers que représentent les lanceurs de pierres palestiniens.
« Une chose est certaine : Beaucoup de ces lanceurs de pierres ne sont pas conscients du danger qu’ils posent. Dans certains cas, les pierres ont effectivement tué des gens, » a dit à IRIN un porte-parole de l’armée israélienne, Arye Sharuz Shalicar, faisant référence à la mort d’un Israélien et de son enfant de un an l’an dernier, suite à un accident de la route : selon l’enquête de la police israélienne, l’accident avait été provoqué par une pierre lancée contre la voiture près de la colonie israélienne de Kiryat Arba, près de Hébron.
« Mais certains de ces adolescents ne se contentent pas de jeter des pierres. Ils sont aussi quelquefois accusés de délits plus graves, » a ajouté M. Shalicar, sans toutefois préciser quels délits.
Réhabilitation
Selon les responsables de la YMCA, quand les enfants sont enfin relâchés après des mois de détention, ils sont souvent confrontés à de sérieux obstacles pour reprendre une vie normale. Les programmes de réhabilitation psychosociale fournissent quelques réponses et aident les anciens détenus enfants à surmonter la terrible expérience qu’ils ont vécue durant leur détention.
« Après leur libération, il arrive souvent que les enfants ne soient pas capables d’aller à l’école ou au travail. Vous les voyez dormir toute la journée, ils n’ont plus aucune énergie, » a expliqué M. Amsha.
Hamsa, le jeune Palestinien de 17 ans, a ressenti la même chose après sa libération. « J’étais tellement frustré de ce qui s’était passé. Je ne voulais plus manger et je n’avais aucune envie de sortir de chez moi, » a t-il dit. « Je me sentais à la fois en colère et fatigué. »
Chaque année, 350 enfants en moyenne reçoivent un soutien psychosocial à travers le programme de réhabilitation de la YMCA, a indiqué M. Amsha. Le projet est mis en place dans 11 endroits de Cisjordanie et combine le conseil psychologique, le soutien professionnel et des activités de verbalisation structurées qui doivent permettre aux participants de se débarrasser de leur stress et de leur anxiété par le biais d’une interaction guidée avec d’autres anciens détenus et des conseillers.
« Une partie de notre travail consiste à aider les adolescents à trouver du travail. Soutenus par nos conseils, ils établissent quel genre de travail les intéresse, » a dit M. Amsha.
La formation professionnelle est censée entre autres montrer aux anciens détenus quelles sont leurs capacités physiques et mentales, a indiqué M Amsha. Une fois qu’ils ont passé ce stade, a t-il ajouté, la YMCA les met en général en relation avec des employeurs ou des industries spécifiques.
« Quand je suis sorti de prison, je ne savais tout simplement pas par où commencer. Grâce aux séances de conseil, je me suis remis sur les rails et j’ai commencé à travailler comme électricien, » a dit à IRIN Muath, un jeune Palestinien de 19 ans qui a été détenu par les forces de sécurité israéliennes pendant huit mois, lorsqu’il avait 17 ans.
Thérapie du traumatisme
Au cœur du programme de réhabilitation de la YMCA se trouve la psychothérapie, qui a pour but de soulager les traumatismes des anciens détenus enfants. « Beaucoup souffrent de troubles de stress post-traumatique et font des cauchemars récurrents. Tous ces symptômes doivent être traités, » a rappelé Abu Amsha.
Une fois sortis de prison, les adolescents se sentent nettement plus mûrs qu’ils ne le sont en réalité, a dit M. Amsha, et cela provoque souvent des tensions avec leur famille, qui a tendance à surprotéger les enfants qui viennent d’être relâchés.
« Certains des enfants parlent d’eux-mêmes comme s’ils étaient les héros d’un film, sans réaliser ou vouloir admettre combien toute cette épreuve les a affectés, » a t-il ajouté.
ha/eo/cb-og/amz
Theme (s)
:
Enfants
,
Education
,
Démocratie et gouvernance
,
Droits de l'homme
,
Sécurité
,
Urbanisation
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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Hamza a été détenu par l’armée israélienne durant quatre mois et demi : il avait été arrêté pour avoir lancé des pierres
RAMALLAH, 27 mars 2012 (IRIN) - Un an après son arrestation et sa détention par l’armée israélienne à Bethlehem, Hamza, un jeune Palestinien de Cisjordanie de 17 ans, voit régulièrement un travailleur social, afin d’essayer de surmonter le traumatisme qu’il a subi dans la petite cellule qu’il partageait avec 10 autres personnes.
« Ils m’ont bandé les yeux, attaché les deux bras ensemble et m’ont emmené en prison dans une jeep de l’armée. Nous étions 10 dans une petite cellule et plusieurs fois par jour, ils me demandaient pourquoi j’avais jeté des pierres, » a t-il dit à IRIN, pendant qu’il attendait le travailleur social au bureau de l'association caritative YMCA de Beit Sahour.
Quand Hamza a été arrêté, il y a environ un an, il avait 16 ans. « Il y avait des colons à côté de notre école et cela a déclenché des affrontements. J’ai jeté des pierres et je me suis fait prendre, » a t-il raconté. « Pendant mes quatre mois et demi de détention, je n’ai pas eu le droit de voir une seule fois ma famille. Quand je suis sorti de prison, je ne savais plus d’où j’en étais, » a t-il ajouté.
Pour beaucoup de ceux qui ont été détenus alors qu’ils n’étaient que des enfants, les mois d’enfermement loin des amis et de la famille sont une expérience assez traumatisante, explique la YMCA qui gère depuis mai 2009 un programme de réhabilitation post- traumatique pour les enfants qui ont été emprisonnés ; le programme est soutenu par Save the Children Suède et par l’Office d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO).
Chaque année, entre 500 et 700 enfants palestiniens de Cisjordanie, âgés de 12 à 17 ans, sont détenus et traduits devant des tribunaux militaires israéliens ; la plupart des accusations ont à voir avec des jets de pierres. « Ces enfants traversent une période très douloureuse. Ils sont souvent privés de sommeil, humiliés et forcés de confesser qu’ils ont fait quelque chose de mal, » a dit à IRIN Nader Abu Amsha, directeur du programme de réhabilitation de Beit Sahour.
Un nouveau rapport
Le jugement de M. Amsha est corroboré par un nouveau rapport que vient de publier la section palestinienne de l’organisation Défense des Enfants International (DCI-Palestine), qui dénonce un usage répandu des mauvais traitements envers les mineurs palestiniens dans les centres de détention militaires israéliens, renforçant ainsi les inquiétudes déjà exprimées concernant
la torture et les abus
.
« La plupart des enfants sont soumis à des interrogatoires coercitifs, qui mêlent abus verbaux, menaces et violences physiques, et aboutissent généralement à une confession, » a indiqué DCI dans le
rapport
, intitulé Bound, Blindfolded and Convicted: Children held in military detention. [Attachés, les yeux bandés et reconnus coupables : Les enfants détenus dans les prisons militaires]
Sur la base de 311 témoignages d’anciens détenus enfants, DCI-Palestine a trouvé que 75 pour cent d’entre eux se plaignaient de violences physiques. Sur les 311 enfants de l’enquête, 116 avaient entre 14 et 15 ans au moment de leur détention, et la majorité des 75 pour cent était âgée de 16 ou 17 ans.
« Comme le déclare la Convention relative aux droits de l’enfant, la détention des enfants ne devrait être utilisée qu’en dernier ressort et pour une période aussi courte que possible, » a rappelé
Jean Gough
, la représentante spéciale de l’UNICEF dans le Territoire palestinien occupé.
L’armée israélienne rejette cette critique et souligne les dangers que représentent les lanceurs de pierres palestiniens.
« Une chose est certaine : Beaucoup de ces lanceurs de pierres ne sont pas conscients du danger qu’ils posent. Dans certains cas, les pierres ont effectivement tué des gens, » a dit à IRIN un porte-parole de l’armée israélienne, Arye Sharuz Shalicar, faisant référence à la mort d’un Israélien et de son enfant de un an l’an dernier, suite à un accident de la route : selon l’enquête de la police israélienne, l’accident avait été provoqué par une pierre lancée contre la voiture près de la colonie israélienne de Kiryat Arba, près de Hébron.
« Mais certains de ces adolescents ne se contentent pas de jeter des pierres. Ils sont aussi quelquefois accusés de délits plus graves, » a ajouté M. Shalicar, sans toutefois préciser quels délits.
Réhabilitation
Selon les responsables de la YMCA, quand les enfants sont enfin relâchés après des mois de détention, ils sont souvent confrontés à de sérieux obstacles pour reprendre une vie normale. Les programmes de réhabilitation psychosociale fournissent quelques réponses et aident les anciens détenus enfants à surmonter la terrible expérience qu’ils ont vécue durant leur détention.
« Après leur libération, il arrive souvent que les enfants ne soient pas capables d’aller à l’école ou au travail. Vous les voyez dormir toute la journée, ils n’ont plus aucune énergie, » a expliqué M. Amsha.
Hamsa, le jeune Palestinien de 17 ans, a ressenti la même chose après sa libération. « J’étais tellement frustré de ce qui s’était passé. Je ne voulais plus manger et je n’avais aucune envie de sortir de chez moi, » a t-il dit. « Je me sentais à la fois en colère et fatigué. »
Chaque année, 350 enfants en moyenne reçoivent un soutien psychosocial à travers le programme de réhabilitation de la YMCA, a indiqué M. Amsha. Le projet est mis en place dans 11 endroits de Cisjordanie et combine le conseil psychologique, le soutien professionnel et des activités de verbalisation structurées qui doivent permettre aux participants de se débarrasser de leur stress et de leur anxiété par le biais d’une interaction guidée avec d’autres anciens détenus et des conseillers.
« Une partie de notre travail consiste à aider les adolescents à trouver du travail. Soutenus par nos conseils, ils établissent quel genre de travail les intéresse, » a dit M. Amsha.
La formation professionnelle est censée entre autres montrer aux anciens détenus quelles sont leurs capacités physiques et mentales, a indiqué M Amsha. Une fois qu’ils ont passé ce stade, a t-il ajouté, la YMCA les met en général en relation avec des employeurs ou des industries spécifiques.
« Quand je suis sorti de prison, je ne savais tout simplement pas par où commencer. Grâce aux séances de conseil, je me suis remis sur les rails et j’ai commencé à travailler comme électricien, » a dit à IRIN Muath, un jeune Palestinien de 19 ans qui a été détenu par les forces de sécurité israéliennes pendant huit mois, lorsqu’il avait 17 ans.
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Une fois sortis de prison, les adolescents se sentent nettement plus mûrs qu’ils ne le sont en réalité, a dit M. Amsha, et cela provoque souvent des tensions avec leur famille, qui a tendance à surprotéger les enfants qui viennent d’être relâchés.
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