Les graves dégâts entravent les opérations d’aide aux Philippines

La défaillance des moyens de communication et les difficultés d’accès continuent d’entraver les efforts de secours après le passage du typhon Haiyan, qui a dévasté les Philippines vendredi.

« Nous avons encore des problèmes de communication », a dit à IRIN Soaade Messoudi, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). « Le personnel [dans les régions les plus touchées] n’est joignable que par téléphone satellite. C’est difficile d’obtenir des informations et de connaître les besoins ».

Le typhon a affecté près de dix millions de personnes et fait plus de 500 000 déplacés, selon le Conseil national de réduction des risques et de gestion des catastrophes (National Disaster Risk Reduction and Management Council, NDRRMC).

Le 11 novembre, le Conseil a fait état de la mort de 255 personnes après le passage de la tempête, tandis que les autorités locales parlaient de milliers de victimes. Le gouvernement a lancé un appel à l’aide internationale et le secrétaire aux Affaires intérieures Manuel Roxas II a demandé l’aide du secteur privé.

« Envoyez-nous des experts techniques et des bénévoles ; en particulier, ceux qui peuvent nous aider à rétablir les lignes de communication et l’approvisionnement en électricité et eau, à nettoyer les débris, et à fournir une aide médicale », a dit M. Roxas.

D’après le NDRRMC, plus de deux millions de familles (soit près de 10 millions de personnes) dans 41 des 82 provinces du pays ont été affectées par le typhon Haiyan, surnommé Yolanda aux Philippines, le plus puissant mesuré à ce jour parmi les cyclones ayant touché terre depuis que l’on fait des relevés.

Plus de 28 000 maisons ont été endommagées ou détruites.

À ce jour, on recense 584 642 déplacés, dont 319 868 sont hébergés dans des centres d’évacuation et 264 774 sont accueillis par leurs familles et des amis, selon le département de l’Aide sociale et du Développement.

Avant le passage du typhon, 748 572 habitants de 31 provinces ont été évacués, mais certains habitants des zones les moins touchées ont pu rentrer chez eux.

Les vols en partance des aéroports des villes de Tacloban, Roxas, Busuanga et Kalibo ont été suspendus ; les vols commerciaux devraient reprendre dans deux semaines.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), il faut six heures pour faire le trajet aller-retour de 11 kilomètres entre l’aéroport et la ville de Tacloban.

L’organisation caritative médicale Médecins Sans Frontières (MSF) a signalé qu’elle n’avait pas été en mesure d’évaluer l’ampleur des besoins : l’aéroport de Tacloban a été détruit et une grande partie des routes sont coupées. De même, il est quasiment impossible d’établir des liaisons téléphoniques par téléphone fixe ou mobile.

« Ces conditions vont clairement ralentir l’évaluation des besoins et le déploiement de l’aide humanitaire », a indiqué l’organisation.

Des fournitures bloquées

Le CICR a prépositionné des stocks dans l’île de Mindanao, au sud de l’archipel, deux jours avant le passage du typhon à Tacloban, qui a essuyé des vagues de sept mètres et serait la ville la plus gravement touchée.

Onze camions dépêchés par le CICR ont été retenus à Surigao, ville de l’île proche de Mindanao. Ils étaient chargés de vivres et d’autres secours de première nécessité, tels que des kits d'hygiène, des ustensiles de cuisine, des jerrycans, des bâches, des réservoirs d'eau et des unités de traitement d'eau, des latrines d’urgence et des secours médicaux.

« Nous ne savons pas quand nos camions arriveront à Tacloban… Nous examinons nos options », a dit Mme Messoudi.

Les trois avions-cargos C-130 de l’armée (chacun faisant l’aller-retour entre Manille et Tacloban deux fois par jour) offrent le moyen le plus rapide de transporter le personnel et les équipements nécessaires.

Le gouvernement a donné la priorité à l’envoi de personnel chargé de rétablir les lignes de communication, de forces de sécurité pour rétablir l’ordre dans les communautés affectées par les pillages, et d’ingénieurs militaires pour réparer les ponts et les routes, et mener des opérations de recherche et de secours.

« L’important, pour l’instant, c’est de dégager les décombres dans les zones [touchées] pour que la principale route de ravitaillement soit praticable. Aujourd’hui, deux bataillons seront dépêchés sur place en avion pour le faire », a dit le porte-parole des forces armées des Philippines, le lieutenant-colonel Ramon Zagala. « Il s’agit d’intervenants ou de personnel essentiels que nous devons amener dans la zone. Une fois que la zone aura été déblayée, nous pourrons acheminer les articles de secours et l’aide nécessaires dans les zones touchées ».

Le colonel Medardo Clarito du 525ème bataillon du Génie de Combat a dit qu’ils avaient reçu l’ordre de donner la priorité à la ville de Tacloban. « Notre priorité, ce sont les opérations de recherche et de secours, et les opérations de déblayage », a-t-il dit à IRIN.

cf/ds/cb-mg/amz