Les déplacés d’un camp, incités à quitter les lieux, dans le sud

Plus de 1 200 personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP) à Najaf, province du sud de l’Irak, doivent recevoir une aide financière au rapatriement, à leur départ d’un camp de PDIP situé à 20 kilomètres au sud de la ville de Najaf.



« Il a été décidé par le ministère du Déplacement et des Migrations et le conseil provincial de Najaf que la somme de cinq millions de dinars [environ 4 250 dollars] serait offerte à chaque famille du camp d’al-Manathira, pour les aider à rentrer chez eux ou à s’installer ailleurs », a indiqué Mashkour al-Mousawi, directeur du bureau responsable de Najaf au ministère.



La situation de sécurité s’étant améliorée, 126 des 213 familles du camp (soit 1 278 personnes) ont demandé à retourner chez elles, a ajouté M. Al-Mousawi, et celles-ci recevront la somme qui leur est due avant la fin du mois. Quant aux 87 familles restantes, elles ont demandé plus que le montant alloué, selon M. al-Mousawi.



En juillet, les autorités locales ont déclaré qu’un comité avait été formé pour étudier les dossiers des familles qui se disaient déplacées, afin de filtrer les demandes abusives. Toutefois, une fois que les familles du camp ont eu vent de la nouvelle, elles ont entamé un sit-in qui a duré plusieurs jours, compliquant ainsi la situation.



« Personne n’a fait pression sur ces familles pour les obliger à quitter le camp contre leur volonté », a déclaré M. al-Mousawi à IRIN. « Elles en ont tout simplement assez de la vie au camp ». M. Al-Mousawi a indiqué que les autorités couvriraient les frais de transport des familles souhaitant retourner chez elles (essentiellement dans les zones sunnites situées au nord, à l’ouest et au sud de Bagdad), mais il a écarté la possibilité d’une augmentation de l’aide financière allouée.



Les PDIP mal-en-point



La Société du Croissant-Rouge irakien (SCRI) à Najaf s’est félicitée de cette mesure, qui aidera les familles concernées, a-t-elle estimé, tout en permettant aux autorités de s’intéresser aux quelque 6 000 PDIP dispersés aux quatre coins de la province.














Photo: Wikimedia Commons
Carte de l’Irak ; en rouge, la ville de Najaf, dans la province d’An-Najaf

« Bien que certaines familles vivent dans des caravanes en fibre de verre, la situation s’est aggravée dans le camp. Les populations du camp ont besoin d’une réinsertion psychologique et sanitaire », a déclaré à IRIN Dhia Zoain, directrice de la SCRI à Najaf, depuis son bureau.



« L’aide du gouvernement leur permettra de reconstruire leurs vies dans leurs régions d’origine et nous permettra de concentrer nos efforts sur les autres PDIP de la province », a expliqué Mme Zoain, ajoutant que depuis l’ouverture du camp, à la mi-2006, la SCRI apportait une aide financière, alimentaire et non-alimentaire aux déplacés.



Ali al-Khafaji, 38 ans et père de trois enfants, fait partie des PDIP qui ont demandé une augmentation du montant de l’aide ; pour lui, le montant offert ne suffit pas, compte tenu du coût élevé des terres et des matériaux de construction : « Cette somme ne peut pas nous aider. Nous avons déposé une demande auprès des autorités et du Parlement pour que ce montant soit porté à au moins sept millions de dinars [environ 5 950 dollars] pour nous aider à reconstruire nos maisons démolies ».



L’Irak compte environ deux millions de PDIP et deux millions d’Irakiens, demandeurs d’asile ou réfugiés, vivent à l’étranger.



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