Les personnes vivant avec le VIH particulièrement vulnérables au choléra

Alors que le nombre de morts provoqué par l’épidémie de choléra qui déferle sur Haïti a dépassé le millier et que plus de 19 000 cas ont été confirmés, les autorités sanitaires indiquent que les personnes infectées au VIH sont particulièrement vulnérables.



Seuls environ 25 pour cent des malades contaminés par le choléra développent des symptômes – principalement une diarrhée aqueuse et des vomissements – mais pour les gens déjà affaiblis par la maladie, la malnutrition ou la grossesse, le risque est particulièrement élevé.



« [Pour les personnes infectées au VIH] le risque est particulièrement grand, parce que leur système immunitaire est affaibli », a expliqué Hanz Legagneur, directeur du ministère de la Santé publique dans le département de l’Ouest en Haïti.



Le choléra se traite facilement avec des sels de réhydratation orale qui renouvellent l’eau corporelle et les électrolytes, mais il peut être mortel pour des gens qui tombent malades rapidement et perdent trop d’eau avant d’obtenir des secours.



Les personnes infectées au VIH sont souvent trop pauvres pour se payer le transport vers les centres de santé, ce qui peut se révéler fatal quand le temps est compté.



« N’importe qui peut mourir en moins de quatre heures sans traitement ou sans sels de réhydratation orale ; [pour] quelqu’un infecté au VIH, cela peut être encore moins : deux ou trois heures », a dit Reginald Dupont de SeroVIE, une organisation non-gouvernementale pour les Haïtiens lesbiennes, gays ou transgenres vivant avec le VIH.



Haïti, avec une prévalence du VIH de 2,2 pour cent, compte environ 120 000 personnes séropositives. Comme une grande partie de la population, beaucoup d’entre elles vivent dans des tentes suite au séisme de janvier dernier, avec un accès souvent limité tant à l’eau potable qu’à des toilettes salubres.



Les travailleurs sanitaires ont été débordés par l’épidémie de choléra et n’ont pas encore annoncé le nombre de personnes séropositives ayant contracté cette maladie transmissible par l’eau. Mais selon M. Dupont, les gens infectés au VIH ont souvent un problème d’accès aux soins médicaux et ne reçoivent pas toujours l’attention médicale qu’il leur faudrait, en raison de la stigmatisation liée à la maladie.



Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) a distribué depuis le 1er novembre quelque 7 000 kits d’hygiène contre le choléra à des femmes enceintes et à des personnes vivant avec le VIH. Les kits contiennent du savon, une brosse à dents et un seau, ainsi que du chlore comme désinfectant.



Les organisations nationales et internationales travaillent aussi à sensibiliser la population aux mesures de prévention du choléra. Selon Marie Josée Salomon, le point focal VIH pour l’UNFPA en Haïti, des spots radio expliquant les risques du choléra pour les personnes vivant avec le VIH vont être diffusés bientôt.



Bien que des centres de traitement du choléra aient été mis en place partout dans le pays, le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies a estimé que jusqu’à présent, seulement 10 pour cent de l’argent, des fournitures et des compétences nécessaires pour pouvoir faire face à l’épidémie de façon adéquate avaient été mis à disposition.



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