Agir dès maintenant pour enrayer la crise alimentaire au Sahel – bailleurs

 Les gouvernements, les organisations humanitaires et les bailleurs doivent unir leurs forces dès maintenant pour empêcher que l’insécurité alimentaire sévère au Sahel ne conduise à une famine, a dit le service d'aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO).



« La situation évolue rapidement », a dit à des journalistes à Dakar, le 28 janvier, Brian O’Neill, responsable Afrique de l’Ouest d’ECHO, qualifiant le Niger d’« épicentre de la crise ».



« Mais ce n’est pas trop tard ; si nous travaillons tous rapidement et de façon préventive, nous pouvons atténuer l’impact. »



D’après lui, les autorités locales sont conscientes du problème et de la nécessité d’agir. « C’est un plus. Nous sommes déjà sur le terrain ; une équipe solide est en place ; les partenaires [gouvernements, organisations non gouvernementales et agences des Nations Unies] surveillent la situation. »



A cause des pluies erratiques – qui ont commencé tard et terminé tôt –, la production agricole du Niger a été faible en 2009, d’après FEWSNET, le Réseau des systèmes d'alerte précoce contre la famine financé par les Etats-Unis.



Trois indicateurs de crise peuvent déjà être observés dans certaines régions du Tchad et du Niger, a dit M. O'Neill, d’ECHO : des prix alimentaires élevés, des prix du bétail bas, et des salaires bas. Dans la région de Zinder, une région d’agriculture et d’élevage dans le sud du Niger, un sac de mil coûte 42 dollars, contre 25 dollars à la même période l’année dernière, selon M. O’Neill, qui s’est récemment rendu dans la région.



Au Niger, les familles commencent en général à être exposées à la faim au moment de la saison de soudure, entre avril et septembre, mais cette année, les ménages montrent déjà des signes de vulnérabilité, d’après FEWSNET et des responsables humanitaires.



Les familles vendent leur bétail, et les éleveurs, qui migrent en général en mars pour rechercher des pâturages et de l’eau, sont nombreux à avoir commencé à se déplacer dès novembre 2009.



D’après les estimations, les réserves de céréales au Niger connaissent un déficit de 30 pour cent, soit un million de tonnes ; le gouvernement procède encore à l’évaluation des stocks, d’après ECHO.



Les estimations de coûts sont susceptibles de varier, mais un rapport publié le 25 décembre par le gouvernement nigérien a évalué que 220 millions de dollars seraient nécessaires pour lutter contre l’insécurité alimentaire en 2010.



Les bailleurs et les partenaires discutent des réponses possibles avec les autorités du Burkina Faso, du Tchad et du Niger.



Selon M. O’Neill, pour que la réponse soit efficace, il faudrait que le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) assure un fort leadership.



D’ici la fin 2010, ECHO aura engagé 140 millions de dollars dans un programme de prévention de la malnutrition au Sahel. D’autres bailleurs, dont l’USAID (l’agence américaine pour le développement international) et le Département britannique pour le Développement international, augmentent actuellement leur contribution à la lutte contre la malnutrition.



Au Sahel, 300 000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque année de malnutrition, d’après le Fonds des Nations Unies pour l’enfance.



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