Des milliers de déplacés par les combats

Des milliers de familles ont fui la ville de Dusamareb, la capitale régionale de Galgadud, dans le centre de la Somalie, après un week-end de combats entre les groupes islamistes qui a fait des dizaines de victimes et de nombreux blessés, ont déclaré des habitants à IRIN.



Le 2 janvier, les milices al-Shabab ont attaqué Dusamareb, à 500 kilomètres au nord de la capitale Mogadiscio, et brièvement pris le contrôle de la ville à Ahlu Sunna Waljama'a – un groupe soufi traditionnel –, avant d’en être à nouveau délogé.



« Notre estimation est qu’entre 6 000 à 7 000 familles [32 000 à 42 000 personnes] ont fui et sont maintenant déplacées », a dit à IRIN le sheikh Abdirahman Gedoqorow, un leader religieux.



La plupart des déplacés sont dispersés dans les villages et les localités rurales de la région, a-t-il dit.



M. Gedoqorow a dit que les personnes déplacées faisaient face à des conditions difficiles du fait d’une assistance insuffisante dans les régions où ils avaient fui. « Il n’y a personne là-bas pour les aider et la région a été ravagée par la sécheresse ».



Il a dit que les déplacés avaient « désespérément » besoin de matériel pour les abris, de nourriture et d’eau, le besoin le plus urgent.



Nombre de morts en augmentation



Un dirigeant local estime que jusqu’à présent 50 personnes sont mortes durant les combats et qu’au moins 80 ont été blessées. Cependant, un journaliste, sous couvert d’anonymat, a dit que le nombre de morts était probablement plus élevé.



Les deux groupes se battent pour le contrôle des régions du centre du pays depuis qu’Ahlu Sunna Waljama’a avait mis en déroute al-Shabab dans cette région en décembre 2008.



Le journaliste a ajouté qu’on avait rapporté que depuis, al-Shabab avait quitté la région. « Ils ne sont nulle part autour de Dusamareb. Ils se sont fait battre samedi [2 janvier] ».














Photo: Reliefweb

Dusamareb, une ville de 40 000 habitants, a accueilli durant ces trois dernières années des milliers de personnes déplacées venant de Mogadiscio. « Que ce soient des habitants ou des personnes déjà déplacées, presque 80 pour cent sont maintenant des déplacés », a ajouté le journaliste.



Sécurité assurée



Tout en reconnaissant que les agences d’aide seraient réticentes à venir en aide aux déplacés – au vu de l’insécurité – M. Gedoqorow a dit que les agences cherchant à aider devraient contacter les responsables des communautés.



« Malgré les rumeurs, la situation est maintenant sous contrôle et nous avons une sécurité totale dans la ville », a-t-il dit. « Personne ne devrait avoir peur ».



Des combats sporadiques se déroulent dans le pays depuis que les troupes éthiopiennes se sont retirées en décembre 2008, laissant face à face les forces gouvernementales soutenues par l’Union Africaine et les insurgés islamistes.



Les travailleurs humanitaires estiment qu’au moins 3,6 millions de Somaliens ont besoin d’assistance dans l’ensemble du pays, et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) estime que jusqu’à 1,5 million de Somaliens sont déplacés.



Abdirazaq Moalim, le responsable du service de l’éducation à Dusamareb, a dit à IRIN que toutes les écoles de la ville étaient fermées car la majorité des élèves n’est plus là.



« Les élèves ne sont pas encore revenus et nous ne savons pas quand ils reviendront », a dit M. Moalim, qui avait lui aussi fui avec sa famille.



Il a dit qu’il y avait un sentiment de peur généralisée d’un retour d’al-Shabab.



M. Moalim a dit que de nombreux déplacés étaient partis dans des régions où il y avait très peu d’eau. « Je transporte cinq jerricans [20 litres] d’eau aux déplacés à Eil Barkad [10 kilomètres au nord de Dusamareb] », a-t-il dit.



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