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Des militants font pression sur les candidats à l’élection présidentielle au Kenya
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Will Boase/IRIN
Les militants se font entendre lors d’un meeting de campagne
BOMET, 26 février 2013 (IRIN) - Quelques militants de la lutte contre le VIH/SIDA ont décidé de suivre les candidats à l’élection présidentielle kenyane dans leurs déplacements à travers le pays afin de les convaincre de renforcer leur engagement en faveur du traitement et des soins des personnes vivant avec le VIH.
À quelques jours d’une élection qui s’annonce serrée, les militants indiquent qu’ils sont en mesure de convaincre une grande partie des Kenyans vivant avec le VIH, dont le nombre est estimé à plus d’un million, de voter pour les candidats qui sont disposés à répondre à leurs attentes.
Les 17 militants, qui appartiennent à des organisations de la société civile, demandent aux huit candidats à l’élection présidentielle de signer un manifeste prévoyant le renforcement du dépistage du VIH, l’élimination de la transmission de la mère à l’enfant et l’accélération de l’introduction de la thérapie antirétrovirale (ARV). Après avoir rendu publiques leurs demandes, les militants ont pris le chemin de la campagne ; ils sont prêts à suivre les candidats et à perturber les meetings pour garantir leur engagement.
Oubliés
« Bon nombre de leaders nous oublient », a dit Loise Wanjiku, une femme atteinte du VIH qui vit dans le sud-ouest du pays. Dans cette région, le manque de médicaments empêche de traiter les maladies opportunistes liées au VIH, a-t-elle ajouté.
Mme Wanjiku fait partie des 17 militants présents au dernier meeting du Premier ministre Raila Odinga – l’un des favoris de l’élection présidentielle – à Bomet, ville située dans la province de la vallée du Rift, à une heure et demie de son domicile.
« Ils viennent aux meetings de campagne de tous les candidats pour faire entendre leurs voix, brandir des pancartes, scander des slogans, … et pour essayer de convaincre les candidats de renforcer leur action et de parler davantage du VIH, conformément aux demandes présentées dans le manifeste », a dit Paul Davis, directeur des campagnes mondiales du groupe militant Health Global Access Project (
Health GAP
), basé aux États-Unis.
Le Kenya est confronté au
manque de financement
de ses programmes de lutte contre le VIH, dont le montant est estimé à 1,67 milliards de dollars. Bien que le pays ait enregistré une augmentation régulière du nombre de personnes sous ARV,
plus de 100 000
Kenyans séropositifs n’ont toujours pas accès aux médicaments dont ils ont besoin.
Les candidats à l’élection présidentielle ont rarement abordé le sujet.
À l’occasion du tout premier débat présidentiel organisé dans le pays au début du mois de février, la question du VIH/SIDA a été abordée au dernier moment, lorsque les candidats l’ont évoquée dans le cadre des discussions sur la nécessité d’améliorer les soins de santé. Dans les programmes des deux principaux candidats de la coalition, l’action de lutte contre le VIH est encore moins détaillée : la Coalition du jubilé d’Uhuru Kenyatta, Premier ministre adjoint, mentionne les patients atteints du VIH/SIDA dans son programme de soins de santé universels. La Coalition pour les réformes et la démocratie du Premier ministre Raila Odinga ne parle pas du VIH.
Promesses
Les militants de la lutte contre le SIDA ont remporté leur premier grand succès lors du meeting de Bomet. Placés autour de l’estrade avec des pancartes dessinées à la main, les organisateurs ont menacé d’interrompre M. Odinga s’il ne parlait pas du VIH au cours de la première moitié de son discours. En réponse, il a promis de fournir des ARV gratuits à tous les Kenyans séropositifs et s’est engagé à augmenter le budget de la santé de 15 pour cent, tout comme les leaders africains qui ont signé la
déclaration d’Abuja de 2001
.
Les personnes atteintes du VIH font « partie de notre société », a dit M. Odinga devant une large foule, ajoutant que « nous méritons tous d’être en bonne santé ». L’équipe de M. Odinga a indiqué que les militants ne lui avaient pas forcé la main et qu’il se réjouissait d’avoir pu les rencontrer.
Les militants ont organisé une manifestation similaire deux jours plus tard, à l’occasion du meeting de M. Kenyatta à Kisii, mais le candidat ne leur a pas adressé la parole. Cependant, en se basant sur son action passée – ministre de la Finance en 2009, M. Kenyatta a signé un accord prévoyant une augmentation de 40 pour cent des fonds alloués à la santé d’ici à 2013 - ils continuent d’espérer qu’il répondra à leurs demandes.
Un porte-parole de la campagne de M. Kenyatta a indiqué que son équipe rédigeait un plan d’action détaillé sur le VIH/SIDA, plan d’action qu’elle rendra public avant l’élection.
Lors d’un meeting organisé début février, le Premier ministre adjoint Musalia Mudavadi, lui-aussi candidat à l’élection présidentielle, s’est engagé à allouer davantage de fonds au secteur de la santé, soulignant que la « nation a besoin de gens en bonne santé pour la diriger ».
M. Davis de Health GAP a dit que la promesse de M. Odinga pourrait avoir un impact sur la campagne. « La balle est dans le camp des candidats du Jubilé … pour voir s’ils vont avancer ou prendre le risque de perdre [les voix des] 1,6 million de personnes infectées par le VIH, de leur famille, de leurs amis, de leurs proches, de leurs collègues de travail ».
Il a dit que les patients atteints du VIH étaient prêts à transcender les affiliations ethniques qui déterminent bien souvent leurs habitudes de vote au Kenya et à voter pour le candidat qui répondrait le mieux à leurs besoins. Mme Wanjiku a fait son choix lors du meeting de M. Odinga. Il a gagné son vote, car il est le premier candidat à s’être engagé à satisfaire les demandes des militants.
« Ils veulent quelqu’un qui s’occupera d’eux », a-t-elle dit. « Pas une tribu, mais une personne qui s’intéresse à eux ».
ag/kr/rz-mg/amz
Theme (s)
:
Démocratie et gouvernance
,
Santé et nutrition
,
VIH/SIDA (PlusNews)
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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Les militants se font entendre lors d’un meeting de campagne
BOMET, 26 février 2013 (IRIN) - Quelques militants de la lutte contre le VIH/SIDA ont décidé de suivre les candidats à l’élection présidentielle kenyane dans leurs déplacements à travers le pays afin de les convaincre de renforcer leur engagement en faveur du traitement et des soins des personnes vivant avec le VIH.
À quelques jours d’une élection qui s’annonce serrée, les militants indiquent qu’ils sont en mesure de convaincre une grande partie des Kenyans vivant avec le VIH, dont le nombre est estimé à plus d’un million, de voter pour les candidats qui sont disposés à répondre à leurs attentes.
Les 17 militants, qui appartiennent à des organisations de la société civile, demandent aux huit candidats à l’élection présidentielle de signer un manifeste prévoyant le renforcement du dépistage du VIH, l’élimination de la transmission de la mère à l’enfant et l’accélération de l’introduction de la thérapie antirétrovirale (ARV). Après avoir rendu publiques leurs demandes, les militants ont pris le chemin de la campagne ; ils sont prêts à suivre les candidats et à perturber les meetings pour garantir leur engagement.
Oubliés
« Bon nombre de leaders nous oublient », a dit Loise Wanjiku, une femme atteinte du VIH qui vit dans le sud-ouest du pays. Dans cette région, le manque de médicaments empêche de traiter les maladies opportunistes liées au VIH, a-t-elle ajouté.
Mme Wanjiku fait partie des 17 militants présents au dernier meeting du Premier ministre Raila Odinga – l’un des favoris de l’élection présidentielle – à Bomet, ville située dans la province de la vallée du Rift, à une heure et demie de son domicile.
« Ils viennent aux meetings de campagne de tous les candidats pour faire entendre leurs voix, brandir des pancartes, scander des slogans, … et pour essayer de convaincre les candidats de renforcer leur action et de parler davantage du VIH, conformément aux demandes présentées dans le manifeste », a dit Paul Davis, directeur des campagnes mondiales du groupe militant Health Global Access Project (
Health GAP
), basé aux États-Unis.
Le Kenya est confronté au
manque de financement
de ses programmes de lutte contre le VIH, dont le montant est estimé à 1,67 milliards de dollars. Bien que le pays ait enregistré une augmentation régulière du nombre de personnes sous ARV,
plus de 100 000
Kenyans séropositifs n’ont toujours pas accès aux médicaments dont ils ont besoin.
Les candidats à l’élection présidentielle ont rarement abordé le sujet.
À l’occasion du tout premier débat présidentiel organisé dans le pays au début du mois de février, la question du VIH/SIDA a été abordée au dernier moment, lorsque les candidats l’ont évoquée dans le cadre des discussions sur la nécessité d’améliorer les soins de santé. Dans les programmes des deux principaux candidats de la coalition, l’action de lutte contre le VIH est encore moins détaillée : la Coalition du jubilé d’Uhuru Kenyatta, Premier ministre adjoint, mentionne les patients atteints du VIH/SIDA dans son programme de soins de santé universels. La Coalition pour les réformes et la démocratie du Premier ministre Raila Odinga ne parle pas du VIH.
Promesses
Les militants de la lutte contre le SIDA ont remporté leur premier grand succès lors du meeting de Bomet. Placés autour de l’estrade avec des pancartes dessinées à la main, les organisateurs ont menacé d’interrompre M. Odinga s’il ne parlait pas du VIH au cours de la première moitié de son discours. En réponse, il a promis de fournir des ARV gratuits à tous les Kenyans séropositifs et s’est engagé à augmenter le budget de la santé de 15 pour cent, tout comme les leaders africains qui ont signé la
déclaration d’Abuja de 2001
.
Les personnes atteintes du VIH font « partie de notre société », a dit M. Odinga devant une large foule, ajoutant que « nous méritons tous d’être en bonne santé ». L’équipe de M. Odinga a indiqué que les militants ne lui avaient pas forcé la main et qu’il se réjouissait d’avoir pu les rencontrer.
Les militants ont organisé une manifestation similaire deux jours plus tard, à l’occasion du meeting de M. Kenyatta à Kisii, mais le candidat ne leur a pas adressé la parole. Cependant, en se basant sur son action passée – ministre de la Finance en 2009, M. Kenyatta a signé un accord prévoyant une augmentation de 40 pour cent des fonds alloués à la santé d’ici à 2013 - ils continuent d’espérer qu’il répondra à leurs demandes.
Un porte-parole de la campagne de M. Kenyatta a indiqué que son équipe rédigeait un plan d’action détaillé sur le VIH/SIDA, plan d’action qu’elle rendra public avant l’élection.
Lors d’un meeting organisé début février, le Premier ministre adjoint Musalia Mudavadi, lui-aussi candidat à l’élection présidentielle, s’est engagé à allouer davantage de fonds au secteur de la santé, soulignant que la « nation a besoin de gens en bonne santé pour la diriger ».
M. Davis de Health GAP a dit que la promesse de M. Odinga pourrait avoir un impact sur la campagne. « La balle est dans le camp des candidats du Jubilé … pour voir s’ils vont avancer ou prendre le risque de perdre [les voix des] 1,6 million de personnes infectées par le VIH, de leur famille, de leurs amis, de leurs proches, de leurs collègues de travail ».
Il a dit que les patients atteints du VIH étaient prêts à transcender les affiliations ethniques qui déterminent bien souvent leurs habitudes de vote au Kenya et à voter pour le candidat qui répondrait le mieux à leurs besoins. Mme Wanjiku a fait son choix lors du meeting de M. Odinga. Il a gagné son vote, car il est le premier candidat à s’être engagé à satisfaire les demandes des militants.
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