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Anja Pietsch/IRIN
Les zones frontalières au nord du Liban accueillent la majorité des réfugiés syriens
BEYROUTH, 17 septembre 2012 (IRIN) - Des touristes moins nombreux, une baisse des niveaux d’investissement de la part des États du Golfe et des occasions réduites de commerce transfrontalier avec la Syrie, tout ceci affecte durement les Libanais les plus vulnérables, y compris les hôtes de plusieurs dizaines de milliers de réfugiés syriens.
Au Liban, la plupart des réfugiés sont hébergés par des particuliers dans les zones proches de la frontière syrienne, dans le nord et dans la plaine de la Bekaa.
Une étude du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en attente de publication et consultée par IRIN, affirme que cela entraîne de grandes difficultés économiques pour les hôtes libanais dans des zones qui comptaient déjà parmi les plus pauvres du pays avant l’afflux de réfugiés.
Selon cette étude, 69 pour cent des 300 ménages interrogés et 66 pour cent des ménages situés dans la plaine de la Bekaa disent héberger des réfugiés.
Tandis qu’au nord de nombreuses personnes hébergent gratuitement des membres de leur famille, 82 pour cent des foyers dans la Bekaa reçoivent au moins une forme de loyer. Dans le nord, les familles hébergent en moyenne sept personnes (contre cinq dans la Bekaa) ; 33 pour cent des personnes interrogées dans le nord accueillent les réfugiés depuis plus d’un an maintenant. La plupart des réfugiés sont des femmes et des enfants qui dépendent financièrement de leurs hôtes.
L’étude rapporte également que, pour 96,5 pour cent des familles d’accueil dans le nord, l’hébergement de réfugiés est vécu comme une charge. Il en est de même pour 43 pour cent des hôtes dans la Bekaa, où la plupart des réfugiés affluent depuis quatre mois. Si certains réfugiés ont des ressources suffisantes pour louer leurs propres appartements en ville, beaucoup de gens pauvres n’ont pas d’autre choix que de rester dans les collectivités frontalières.
Au nord, plus de la moitié des ménages interrogés ont déclaré au PNUD que leurs dépenses avaient augmenté de plus de 30 pour cent au cours de l’année écoulée.
L’afflux de devises étrangères aurait aggravé la situation. Selon l’étude du PNUD, comme beaucoup d’organisations humanitaires interviennent dans les communautés frontalières et que certaines distribuent de l’argent liquide aux réfugiés, l’inflation locale a grimpé. Dans le nord, le prix des médicaments a augmenté de 34 pour cent et les prix alimentaires de 12 pour cent depuis le début de la crise en mars 2011. Dans la Bekaa, les prix alimentaires se sont accrus de 18 pour cent, le coût de l’éducation a augmenté de 35 pour cent et celui des transports, de 40 pour cent.
Dans les régions frontalières, les économies libanaise et syrienne étaient auparavant étroitement imbriquées. De nombreux services qui étaient moins chers du côté syrien de la frontière, comme les traitements médicaux ou l’éducation, ne sont plus accessibles aux Libanais.
Restriction de la contrebande
La guerre en Syrie a également affecté le commerce transfrontalier. La contrebande, qui constituait une importante source de revenus pour beaucoup, est devenue presque impossible. Du côté syrien, la frontière auparavant poreuse est désormais minée et plus étroitement contrôlée. Ainsi, même si les gens arrivent à passer, des produits comme l’essence ou le diesel qui étaient moins chers en Syrie sont maintenant en quantité insuffisante.
Hassan, un ancien contrebandier que IRIN a rencontré sur un site de recensement des réfugiés à Wadi Khaled, près de la frontière nord, a déclaré : « Nous ne pouvons plus franchir la frontière, c’est trop dangereux. Je faisais passer du diesel, mais maintenant je vis sur mes économies ».
D’après l’étude du PNUD, 91 pour cent de toutes les personnes interrogées dans la Bekaa ont rapporté une baisse de leurs revenus depuis mars 2011, quand il est devenu difficile de passer la frontière. Il en est de même pour 89 pour cent des personnes sondées dans le nord.
Trouver du travail est aussi devenu plus compliqué avec une forte concurrence pour des emplois faiblement rémunérés entre les travailleurs syriens qui se rendent au Liban depuis des décennies afin de trouver un emploi.
L’exportation de produits agricoles, dont beaucoup de petits agriculteurs libanais dépendent pour leurs revenus, est également touchée. Mirna Sabbagh de l’unité de prévention des crises du PNUD a déclaré à IRIN : « Beaucoup d’exportations de produits agricoles à destination de l’Irak ou de la Jordanie transitaient par la Syrie. La situation a désormais de lourdes conséquences sur le secteur agricole ». Les denrées périssables ne peuvent plus être exportées.
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[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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BEYROUTH, 17 septembre 2012 (IRIN) - Des touristes moins nombreux, une baisse des niveaux d’investissement de la part des États du Golfe et des occasions réduites de commerce transfrontalier avec la Syrie, tout ceci affecte durement les Libanais les plus vulnérables, y compris les hôtes de plusieurs dizaines de milliers de réfugiés syriens.
Au Liban, la plupart des réfugiés sont hébergés par des particuliers dans les zones proches de la frontière syrienne, dans le nord et dans la plaine de la Bekaa.
Une étude du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en attente de publication et consultée par IRIN, affirme que cela entraîne de grandes difficultés économiques pour les hôtes libanais dans des zones qui comptaient déjà parmi les plus pauvres du pays avant l’afflux de réfugiés.
Selon cette étude, 69 pour cent des 300 ménages interrogés et 66 pour cent des ménages situés dans la plaine de la Bekaa disent héberger des réfugiés.
Tandis qu’au nord de nombreuses personnes hébergent gratuitement des membres de leur famille, 82 pour cent des foyers dans la Bekaa reçoivent au moins une forme de loyer. Dans le nord, les familles hébergent en moyenne sept personnes (contre cinq dans la Bekaa) ; 33 pour cent des personnes interrogées dans le nord accueillent les réfugiés depuis plus d’un an maintenant. La plupart des réfugiés sont des femmes et des enfants qui dépendent financièrement de leurs hôtes.
L’étude rapporte également que, pour 96,5 pour cent des familles d’accueil dans le nord, l’hébergement de réfugiés est vécu comme une charge. Il en est de même pour 43 pour cent des hôtes dans la Bekaa, où la plupart des réfugiés affluent depuis quatre mois. Si certains réfugiés ont des ressources suffisantes pour louer leurs propres appartements en ville, beaucoup de gens pauvres n’ont pas d’autre choix que de rester dans les collectivités frontalières.
Au nord, plus de la moitié des ménages interrogés ont déclaré au PNUD que leurs dépenses avaient augmenté de plus de 30 pour cent au cours de l’année écoulée.
L’afflux de devises étrangères aurait aggravé la situation. Selon l’étude du PNUD, comme beaucoup d’organisations humanitaires interviennent dans les communautés frontalières et que certaines distribuent de l’argent liquide aux réfugiés, l’inflation locale a grimpé. Dans le nord, le prix des médicaments a augmenté de 34 pour cent et les prix alimentaires de 12 pour cent depuis le début de la crise en mars 2011. Dans la Bekaa, les prix alimentaires se sont accrus de 18 pour cent, le coût de l’éducation a augmenté de 35 pour cent et celui des transports, de 40 pour cent.
Dans les régions frontalières, les économies libanaise et syrienne étaient auparavant étroitement imbriquées. De nombreux services qui étaient moins chers du côté syrien de la frontière, comme les traitements médicaux ou l’éducation, ne sont plus accessibles aux Libanais.
Restriction de la contrebande
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Hassan, un ancien contrebandier que IRIN a rencontré sur un site de recensement des réfugiés à Wadi Khaled, près de la frontière nord, a déclaré : « Nous ne pouvons plus franchir la frontière, c’est trop dangereux. Je faisais passer du diesel, mais maintenant je vis sur mes économies ».
D’après l’étude du PNUD, 91 pour cent de toutes les personnes interrogées dans la Bekaa ont rapporté une baisse de leurs revenus depuis mars 2011, quand il est devenu difficile de passer la frontière. Il en est de même pour 89 pour cent des personnes sondées dans le nord.
Trouver du travail est aussi devenu plus compliqué avec une forte concurrence pour des emplois faiblement rémunérés entre les travailleurs syriens qui se rendent au Liban depuis des décennies afin de trouver un emploi.
L’exportation de produits agricoles, dont beaucoup de petits agriculteurs libanais dépendent pour leurs revenus, est également touchée. Mirna Sabbagh de l’unité de prévention des crises du PNUD a déclaré à IRIN : « Beaucoup d’exportations de produits agricoles à destination de l’Irak ou de la Jordanie transitaient par la Syrie. La situation a désormais de lourdes conséquences sur le secteur agricole ». Les denrées périssables ne peuvent plus être exportées.
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