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SÉCURITÉ: Mieux connaître la LRA pour mieux l’éradiquer
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Guy Oliver/IRIN
Des soldats de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) fournissent une escorte armée sur la route allant de Dungu à Faradje
DUNGU, 22 mars 2012 (IRIN) - Après avoir été gardée en captivité pendant sept ans par l’Armée de résistance du Seigneur (Lord’s Resistance Army, LRA), Apiyo Tabisa, 16 ans, a été relâchée il y a cinq mois avec une dizaine d’autres personnes. Sa libération en République démocratique du Congo (RDC) est intervenue aussi soudainement que son enlèvement en Ouganda il y a sept ans.
Vincent Binany – l’adjoint de Dominic Ongwen, l’un des lieutenants de la LRA recherchés par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre – « ne nous a donné aucune raison. Il nous a laissés sur le bord de la route et nous a dit d’aller voir les soldats [des Forces armées de la RDC (FARDC)] », a-t-elle dit à IRIN.
Tabisa a passé sept ans à parcourir les zones frontières de la RDC, du Soudan du Sud et de l’Ouganda comme porteuse et cuisinière pour la LRA. Les meurtres dont elle a été témoin sont « trop nombreux pour qu’elle s’en souvienne. Il y en avait juste trop », a-t-elle raconté. La jeune femme se trouve actuellement à Dungu (dans le nord-est de la RDC) et attend que l’on retrouve ses proches pour être rapatriée [en Ouganda].
« Certains étaient abattus et d’autres recevaient des coups de bâton. Je ne sais pas pourquoi. Si vous faisiez une erreur, ils vous tuaient. Si vous aviez des pouvoirs, ils vous tuaient. Ils n’avaient pas besoin d’avoir une bonne raison pour le faire », a dit Tabisa. « Assister aux meurtres et aux bastonnades était toujours ce qu’il y avait de pire. Si vous disiez quelque chose [pour vous y opposer], ils vous tuaient ».
Matthew Brubacher, expert de la LRA et spécialiste des affaires politiques auprès de la section Désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinstallation (DDRRR) de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), vit à Goma, dans l’est de la RDC. Il a dit à IRIN : « Nous ignorons toujours pourquoi ils ont été libérés [par Binany] », mais la réponse à de telles questions pourrait offrir des indices clés pour développer des stratégies visant à démanteler le groupe armé.
Comment la LRA a-t-elle réussi à survivre aussi longtemps ?
Pourquoi le chef de la LRA Joseph Kony, qui a passé les 25 dernières années à commettre des viols, des enlèvements et des pillages, est-il toujours en vie ?
À partir du début des années 1990, la LRA a mené des raids dans le nord de l’Ouganda depuis des bases situées dans l’État de l’Équatoria-Oriental, dans le sud du Soudan (maintenant l’État indépendant du Soudan du Sud). Le président soudanais Omar el-Béchir utilisait et approvisionnait la LRA pour qu’elle combatte l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS), qui était à l’époque considérée comme un groupe rebelle et qui bénéficiait du soutien du président ougandais Yoweri Museveni.
En 2005, la LRA a commencé à se déplacer vers des régions de la RDC situées près de la frontière avec le Soudan. Plus récemment, elle a également mené des opérations en République centrafricaine (RCA).
La rareté des infrastructures, la faiblesse des autorités et l’isolement des communautés dans les régions frontalières sous-développées ont permis au groupe armé de trouver des vivres et de kidnapper des enfants pour servir de soldats et d’esclaves sexuels.
En savoir plus
De la bière, des avions-espions et YouTube pour lutter contre Kony
Living in LRA country
The Shadows of Peace
Selon le rapport intitulé
Diagnostic Study of the LRA
[Étude diagnostique de la LRA] publié en juin 2011 par la Banque mondiale et rédigé par Philip Lancaster, Guillaume Lacaille et Ledio Cakaj, la « culture du secret qui prévaut au sein de la LRA » lui a permis de survivre et de déjouer les manœuvres de ses opposants, qui sont pourtant supérieurs en nombre.
« Kony semble avoir compris qu’on ne peut vaincre un ennemi qu’on ne connaît pas, et il cherche dès lors à entretenir le mystère autour de la LRA. Les rituels auxquels s’adonnent les membres du groupe armé, certains militaires, d’autres religieux, sont en partie conçus pour préserver le secret et le mystère qui l’entourent – comme s’il s’agissait d’une société secrète ou d’une secte », indique le rapport.
Des coursiers et des prospectus
Les quelques centaines de combattants de la LRA sont dispersés sur un territoire dont la superficie équivaut à environ la moitié de la France et qui empiète sur trois États fragiles. Les rebelles de la LRA évitent d’utiliser les moyens de communication modernes comme les téléphones satellites (il n’y a presque pas de couverture pour les téléphones portables dans la majeure partie de la région) parce qu’ils peuvent être retracés par les satellites et les appareils de reconnaissance. Ce sont des coursiers qui transmettent les messages, et cette tâche est souvent confiée aux hauts gradés.
Onen Unita – un officier servant sous les ordres d’Okot Odhiambo, un autre lieutenant de la LRA qui, comme Kony, est recherché pour crimes de guerre par la CPI – a servi de messager pour transmettre les décisions prises lors d’une réunion qui s’est tenue en RCA en juin 2011 à d’autres lieutenants basés en RDC.
Le lieutenant-colonel Golam Faruque, coordonnateur principal du Centre d’opérations et de renseignements conjoints (Joint Intelligence Operating Cell, JIOC) de la MONUSCO, qui est basé à Dungu et dont la mission est de réunir des informations au sujet du groupe armé, a dit à IRIN : « Nous sommes au courant qu’une réunion a eu lieu, mais nous ne savons pas quelles décisions ont été prises », en ajoutant que le nombre d’incidents violents attribués à la LRA en RDC avait cependant diminué substantiellement pendant la deuxième moitié de 2011. Il a également remarqué que les groupes armés avaient des périodes d’activité plus ou moins intenses.
Ian Rowe, chef de la section DDRRR de la province Orientale, qui est basée à Dungu et dont l’objectif est d’éradiquer la LRA, tente d’obtenir des renseignements en se basant sur des bribes d’information.
Ses homologues qui travaillent dans l’est de la RDC
communiquent par téléphone portable
avec des officiers des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) afin de les persuader de faire défection. Avec la LRA, cette option n’existe pas.
On dépend plutôt de la distribution de prospectus garantissant l’amnistie à tous les combattants de la LRA sauf ceux recherchés par la CPI et d’un réseau de radios haute fréquence diffusant un message semblable dans une multitude de langues, et notamment en acholi et en lingala, dans les trois pays affectés.
Selon M. Rowe, les prospectus sont largués par avion par la MONUSCO, distribués par les FARDC en RDC et par les Forces de défense du peuple ougandais (FDPO) en RCA et au Soudan du Sud « et placés dans les arbres ou le long des voies d’eau, car, historiquement, la LRA suit les voies d’eau ».
La section DDRRR de la MONUSCO a imprimé 30 000 prospectus sur lesquels figurent des photos d’officiers qui ont fait défection au cours des dernières années et qui risquent d’être reconnus par ceux qui « sont toujours dans le bush », a dit M. Rowe.
« Une des femmes de Kony vient de se rendre à Djema. Elle a vu l’épouse d’Odhiambo sur l’un des prospectus distribués par les FDPO dans l’est de la RCA et elle a été convaincue de partir même si Kony lui a dit que la femme avait été tuée peu de temps après qu’on a pris la photo », a dit M. Brubacher.
« Vu notre incapacité à communiquer, à traiter ou à négocier directement et efficacement avec la LRA, nous ne savons pas très bien dans quelle mesure nos messages parviennent aux combattants », a dit M. Rowe.
S’il est difficile de chiffrer l’impact des messages diffusés et distribués par la section DDRRR, les estimations qui l’évaluent à 75 pour cent se fondent probablement sur « le nombre de transfuges que nous recevons à Dungu et qui déclarent avoir vu ou entendu notre message » et sont possiblement exagérées, selon M. Rowe.
Points de rassemblement
En septembre 2011, un autre lieutenant de la LRA, Ocan Bunia, est mort en RDC des suites du paludisme – selon certaines sources – et un certain nombre de captifs ont été relâchés. Au moment du débriefing, ils ont indiqué que des combattants voulaient faire défection, mais qu’ils n’avaient aucun moyen de le faire sans risque.
Les communautés affectées manifestent beaucoup d’hostilité envers les transfuges ougandais de la LRA. La section DDRRR de la MONUSCO a lancé un programme de sensibilisation pour tenter de convaincre les citoyens de les remettre entre les mains des autorités plutôt que d’exercer leur propre forme de justice. Selon M. Brubacher, cet élément constitue un autre obstacle au désarmement et à la démobilisation et incite parfois les combattants de la LRA à poser des actes étranges.
Le dernier commandant de la LRA qui s’est rendu a sauté sur la route, nu, devant une motocyclette de l’organisation Caritas. Lorsque le chauffeur de la moto a accepté de l’aider à se rendre, le combattant de la LRA est retourné chercher son uniforme et son arme dans la forêt. Voyez combien il est difficile de se livrer aux autorités, a-t-il dit.
La mort de Bunia a servi de catalyseur pour développer le concept des points de rassemblement, qui ont été fixés à au moins 10-15 kilomètres des communautés les plus proches. Deux sites ont été désignés au nord-est de Dungu, un au nord de Faradje, un dans le parc national de Garamba et un autre au sud de Bangadi.
M. Rowe a dit que 30 000 prospectus détaillant les points de rassemblement et financés par l’organisation non gouvernementale (ONG)
Invisible Children
, basée à San Diego, seraient distribués pour faire connaître ces sites. Il a par ailleurs ajouté qu’on s’attendait à ce que l’idée soit reprise dans l’ensemble de la région.
La MONUSCO a accepté d’y envoyer des patrouilles deux fois par semaine pour vérifier si des transfuges de la LRA s’y sont réfugiés. « C’est le mieux que nous puissions faire pour ces gens [les transfuges]. Ils devront cependant peut-être attendre quelques jours avant qu’on vienne les chercher ».
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Paix et sécurité
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Sécurité
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[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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Guy Oliver/IRIN
Des soldats de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) fournissent une escorte armée sur la route allant de Dungu à Faradje
DUNGU, 22 mars 2012 (IRIN) - Après avoir été gardée en captivité pendant sept ans par l’Armée de résistance du Seigneur (Lord’s Resistance Army, LRA), Apiyo Tabisa, 16 ans, a été relâchée il y a cinq mois avec une dizaine d’autres personnes. Sa libération en République démocratique du Congo (RDC) est intervenue aussi soudainement que son enlèvement en Ouganda il y a sept ans.
Vincent Binany – l’adjoint de Dominic Ongwen, l’un des lieutenants de la LRA recherchés par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre – « ne nous a donné aucune raison. Il nous a laissés sur le bord de la route et nous a dit d’aller voir les soldats [des Forces armées de la RDC (FARDC)] », a-t-elle dit à IRIN.
Tabisa a passé sept ans à parcourir les zones frontières de la RDC, du Soudan du Sud et de l’Ouganda comme porteuse et cuisinière pour la LRA. Les meurtres dont elle a été témoin sont « trop nombreux pour qu’elle s’en souvienne. Il y en avait juste trop », a-t-elle raconté. La jeune femme se trouve actuellement à Dungu (dans le nord-est de la RDC) et attend que l’on retrouve ses proches pour être rapatriée [en Ouganda].
« Certains étaient abattus et d’autres recevaient des coups de bâton. Je ne sais pas pourquoi. Si vous faisiez une erreur, ils vous tuaient. Si vous aviez des pouvoirs, ils vous tuaient. Ils n’avaient pas besoin d’avoir une bonne raison pour le faire », a dit Tabisa. « Assister aux meurtres et aux bastonnades était toujours ce qu’il y avait de pire. Si vous disiez quelque chose [pour vous y opposer], ils vous tuaient ».
Matthew Brubacher, expert de la LRA et spécialiste des affaires politiques auprès de la section Désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinstallation (DDRRR) de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), vit à Goma, dans l’est de la RDC. Il a dit à IRIN : « Nous ignorons toujours pourquoi ils ont été libérés [par Binany] », mais la réponse à de telles questions pourrait offrir des indices clés pour développer des stratégies visant à démanteler le groupe armé.
Comment la LRA a-t-elle réussi à survivre aussi longtemps ?
Pourquoi le chef de la LRA Joseph Kony, qui a passé les 25 dernières années à commettre des viols, des enlèvements et des pillages, est-il toujours en vie ?
À partir du début des années 1990, la LRA a mené des raids dans le nord de l’Ouganda depuis des bases situées dans l’État de l’Équatoria-Oriental, dans le sud du Soudan (maintenant l’État indépendant du Soudan du Sud). Le président soudanais Omar el-Béchir utilisait et approvisionnait la LRA pour qu’elle combatte l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS), qui était à l’époque considérée comme un groupe rebelle et qui bénéficiait du soutien du président ougandais Yoweri Museveni.
En 2005, la LRA a commencé à se déplacer vers des régions de la RDC situées près de la frontière avec le Soudan. Plus récemment, elle a également mené des opérations en République centrafricaine (RCA).
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Selon le rapport intitulé
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[Étude diagnostique de la LRA] publié en juin 2011 par la Banque mondiale et rédigé par Philip Lancaster, Guillaume Lacaille et Ledio Cakaj, la « culture du secret qui prévaut au sein de la LRA » lui a permis de survivre et de déjouer les manœuvres de ses opposants, qui sont pourtant supérieurs en nombre.
« Kony semble avoir compris qu’on ne peut vaincre un ennemi qu’on ne connaît pas, et il cherche dès lors à entretenir le mystère autour de la LRA. Les rituels auxquels s’adonnent les membres du groupe armé, certains militaires, d’autres religieux, sont en partie conçus pour préserver le secret et le mystère qui l’entourent – comme s’il s’agissait d’une société secrète ou d’une secte », indique le rapport.
Des coursiers et des prospectus
Les quelques centaines de combattants de la LRA sont dispersés sur un territoire dont la superficie équivaut à environ la moitié de la France et qui empiète sur trois États fragiles. Les rebelles de la LRA évitent d’utiliser les moyens de communication modernes comme les téléphones satellites (il n’y a presque pas de couverture pour les téléphones portables dans la majeure partie de la région) parce qu’ils peuvent être retracés par les satellites et les appareils de reconnaissance. Ce sont des coursiers qui transmettent les messages, et cette tâche est souvent confiée aux hauts gradés.
Onen Unita – un officier servant sous les ordres d’Okot Odhiambo, un autre lieutenant de la LRA qui, comme Kony, est recherché pour crimes de guerre par la CPI – a servi de messager pour transmettre les décisions prises lors d’une réunion qui s’est tenue en RCA en juin 2011 à d’autres lieutenants basés en RDC.
Le lieutenant-colonel Golam Faruque, coordonnateur principal du Centre d’opérations et de renseignements conjoints (Joint Intelligence Operating Cell, JIOC) de la MONUSCO, qui est basé à Dungu et dont la mission est de réunir des informations au sujet du groupe armé, a dit à IRIN : « Nous sommes au courant qu’une réunion a eu lieu, mais nous ne savons pas quelles décisions ont été prises », en ajoutant que le nombre d’incidents violents attribués à la LRA en RDC avait cependant diminué substantiellement pendant la deuxième moitié de 2011. Il a également remarqué que les groupes armés avaient des périodes d’activité plus ou moins intenses.
Ian Rowe, chef de la section DDRRR de la province Orientale, qui est basée à Dungu et dont l’objectif est d’éradiquer la LRA, tente d’obtenir des renseignements en se basant sur des bribes d’information.
Ses homologues qui travaillent dans l’est de la RDC
communiquent par téléphone portable
avec des officiers des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) afin de les persuader de faire défection. Avec la LRA, cette option n’existe pas.
On dépend plutôt de la distribution de prospectus garantissant l’amnistie à tous les combattants de la LRA sauf ceux recherchés par la CPI et d’un réseau de radios haute fréquence diffusant un message semblable dans une multitude de langues, et notamment en acholi et en lingala, dans les trois pays affectés.
Selon M. Rowe, les prospectus sont largués par avion par la MONUSCO, distribués par les FARDC en RDC et par les Forces de défense du peuple ougandais (FDPO) en RCA et au Soudan du Sud « et placés dans les arbres ou le long des voies d’eau, car, historiquement, la LRA suit les voies d’eau ».
La section DDRRR de la MONUSCO a imprimé 30 000 prospectus sur lesquels figurent des photos d’officiers qui ont fait défection au cours des dernières années et qui risquent d’être reconnus par ceux qui « sont toujours dans le bush », a dit M. Rowe.
« Une des femmes de Kony vient de se rendre à Djema. Elle a vu l’épouse d’Odhiambo sur l’un des prospectus distribués par les FDPO dans l’est de la RCA et elle a été convaincue de partir même si Kony lui a dit que la femme avait été tuée peu de temps après qu’on a pris la photo », a dit M. Brubacher.
« Vu notre incapacité à communiquer, à traiter ou à négocier directement et efficacement avec la LRA, nous ne savons pas très bien dans quelle mesure nos messages parviennent aux combattants », a dit M. Rowe.
S’il est difficile de chiffrer l’impact des messages diffusés et distribués par la section DDRRR, les estimations qui l’évaluent à 75 pour cent se fondent probablement sur « le nombre de transfuges que nous recevons à Dungu et qui déclarent avoir vu ou entendu notre message » et sont possiblement exagérées, selon M. Rowe.
Points de rassemblement
En septembre 2011, un autre lieutenant de la LRA, Ocan Bunia, est mort en RDC des suites du paludisme – selon certaines sources – et un certain nombre de captifs ont été relâchés. Au moment du débriefing, ils ont indiqué que des combattants voulaient faire défection, mais qu’ils n’avaient aucun moyen de le faire sans risque.
Les communautés affectées manifestent beaucoup d’hostilité envers les transfuges ougandais de la LRA. La section DDRRR de la MONUSCO a lancé un programme de sensibilisation pour tenter de convaincre les citoyens de les remettre entre les mains des autorités plutôt que d’exercer leur propre forme de justice. Selon M. Brubacher, cet élément constitue un autre obstacle au désarmement et à la démobilisation et incite parfois les combattants de la LRA à poser des actes étranges.
Le dernier commandant de la LRA qui s’est rendu a sauté sur la route, nu, devant une motocyclette de l’organisation Caritas. Lorsque le chauffeur de la moto a accepté de l’aider à se rendre, le combattant de la LRA est retourné chercher son uniforme et son arme dans la forêt. Voyez combien il est difficile de se livrer aux autorités, a-t-il dit.
La mort de Bunia a servi de catalyseur pour développer le concept des points de rassemblement, qui ont été fixés à au moins 10-15 kilomètres des communautés les plus proches. Deux sites ont été désignés au nord-est de Dungu, un au nord de Faradje, un dans le parc national de Garamba et un autre au sud de Bangadi.
M. Rowe a dit que 30 000 prospectus détaillant les points de rassemblement et financés par l’organisation non gouvernementale (ONG)
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La MONUSCO a accepté d’y envoyer des patrouilles deux fois par semaine pour vérifier si des transfuges de la LRA s’y sont réfugiés. « C’est le mieux que nous puissions faire pour ces gens [les transfuges]. Ils devront cependant peut-être attendre quelques jours avant qu’on vienne les chercher ».
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