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vendredi 24 mai 2013
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MALI: Nouveau code de la famille : les députés sont priés de revoir leur copie
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Nicholas Reader/IRIN
Non à l’égalité, disent certaines femmes maliennes opposées au nouveau projet de code de la famille, qui est actuellement en cours de révision (photo d’archives)
BAMAKO, 2 septembre 2009 (IRIN) - Au Mali, les législateurs vont devoir redoubler d’efforts pour faire accepter leur nouvelle version du code de la famille, car le 27 août, le président a renvoyé le projet en seconde lecture à l’Assemblée nationale.
Le texte actuel ne reconnaît que le mariage civil, relève l’âge légal du mariage à 18 ans, accorde des droits de succession aux filles, et met les femmes sur un pied d’égalité avec les hommes au sein de la famille, d’après des législateurs, qui ont affirmé qu’ils n’avaient pas fait tout ce qu’il fallait pour obtenir le soutien de l’opinion publique au sujet des articles controversés du code de la famille.
« Nous avons fait preuve d’une paresse intellectuelle en adoptant à la va-vite le dernier code... Cette fois-ci, la commission loi de l’Assemblée va reprendre le travail à zéro», a dit à IRIN Mountaga Tall, député. Il a déclaré que les législateurs écouteraient les arguments de la plus haute autorité islamique du Mali au sujet des 10 points controversés qui ont fait l’objet de
manifestations et de menaces
de désobéissance civile et de violences.
Le président Amadou Toumani Touré a renvoyé le projet de code à l’Assemblée, reconnaissant le combat que le gouvernement mène depuis plus de vingt ans pour poursuivre « le double objectif de favoriser un élan de modernisation tout en préservant les fondements de notre société ».
D’après le président, depuis l’adoption du premier code de la famille malien en 1962, il a toujours été très difficile de mettre à jour ce texte et de le faire respecter, ce qui «[prouve] à suffisance que les changements de société ne se décrètent pas». M. Touré a déclaré que « le débat n'est pas clos».
Mohamed Kimbiri, secrétaire du plus haut conseil islamique du Mali, a dit à IRIN que les législateurs avaient certes consulté le conseil à propos du code, mais qu’ils n’avaient pas tenu compte des commentaires des leaders islamiques sur les points conflictuels.
Suite à la récente décision du président, le conseil islamique a annulé toutes les manifestations prévues à ce sujet, « jusqu’à nouvel ordre ».
Opposition au code
Hadja Safiatou Dembélé, présidente d’une association nationale de femmes au Mali, a dit à IRIN qu’elle n’avait pas soutenu le code, bien qu’elle reconnaisse que le texte a pour objectif de défendre les intérêts des femmes. « Nous avons dit d’accord à la révolution, à l’équité mais pas une équité qui brise l’harmonie familiale et qui nous met dos à dos avec nos époux.. » D’après elle, les femmes musulmanes veulent un code qui respecte les valeurs sociétales et religieuses.
Bintou Camara, professeur dans le secondaire, a dit à IRIN que les femmes ne peuvent pas avoir un statut égal à celui des hommes. « On dit qu’il ne peut y avoir deux chefs dans une même famille, c’est l’homme qui commande toujours. C’est pourquoi je veux qu’on laisse le terme obéissance a sa place » Pour elle, l’âge légal du mariage ne devrait pas être relevé à 18 ans. « Parce qu’à 12 ans déjà, beaucoup de nos filles sont majeures et connaissent tout de la vie à cet âge. » D’après elle, 15 ans serait un bon âge légal pour le mariage.
Oumar Coulibaly, boulanger à Koutiala, à 400 kilomètres au sud de la capitale, Bamako, a dit à IRIN qu’il ne comprenait pas pourquoi on révisait le code. « Nous avons déjà nos problèmes quotidiens de cherté de la vie, pourquoi veulent-ils nous pousser avec un code venu je ne sais d’où? »
Kader Maïga, directeur de la communication de la présidence de la République, a dit à IRIN que le président Touré n’avait pas signé le code – qui comprend plus de 1 100 articles, dont 10 sont contestés – par respect pour l’opinion publique. « Nous sommes en démocratie, alors pourquoi, vouloir imposer quelque chose qui ne fait pas l’unanimité? »
D’après le président Touré, la tentative la plus récente d’adaptation du code de la famille de 1962, qui dure depuis 13 ans, est passée par des étapes de concertations régionales, de multiples lectures et révisions, qui ont conduit, au final, à l’approbation du nouveau code par le parlement.
Deuxième round
M. Maïga a déclaré à IRIN que les législateurs « écouteraient toutes les composantes de la société », reconsidèreraient les articles qui ont suscité les protestations les plus vives, et tiendraient compte des critiques dans la nouvelle version. « Nous allons demander à toutes ces composantes de la société d’aller vers leur base pour expliquer le contenu du code», a-t-il dit à IRIN.
Walett Rachette, conseillère municipale de la région de Timbuktu, dans le nord du pays, a dit à IRIN que la controverse au sujet de la promulgation du code reflétait les difficultés rencontrées par le passé pour faire respecter le code de la famille. « Il ne faut pas réveiller les vieux démons ici. » D’après elle, les législateurs n’ont qu’un seul moyen d’éviter les réactions violentes : élaborer une nouvelle version en concertation avec les leaders.
Oumar Touré, un des députés qui avait voté pour le code, a déclaré qu’il était découragé à l’idée d’avoir à se consacrer à nouveau à ce projet de code, qui est le premier à avoir été renvoyé en seconde lecture depuis que la démocratie multipartite a été instaurée au Mali, en 1992. « Nos mandants ne se sont pas donnés le temps de comprendre son contenu. C’est ce qui explique toute la campagne d’intoxication dont nous avons été témoins … Les députés qui ont adopté le code sont pour la plupart de confession musulmane...Je ne crois pas que ceux-ci puissent poser un acte qui va à l’encontre de leur propre religion .», a-t-il dit à IRIN.
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[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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BAMAKO, 2 septembre 2009 (IRIN) - Au Mali, les législateurs vont devoir redoubler d’efforts pour faire accepter leur nouvelle version du code de la famille, car le 27 août, le président a renvoyé le projet en seconde lecture à l’Assemblée nationale.
Le texte actuel ne reconnaît que le mariage civil, relève l’âge légal du mariage à 18 ans, accorde des droits de succession aux filles, et met les femmes sur un pied d’égalité avec les hommes au sein de la famille, d’après des législateurs, qui ont affirmé qu’ils n’avaient pas fait tout ce qu’il fallait pour obtenir le soutien de l’opinion publique au sujet des articles controversés du code de la famille.
« Nous avons fait preuve d’une paresse intellectuelle en adoptant à la va-vite le dernier code... Cette fois-ci, la commission loi de l’Assemblée va reprendre le travail à zéro», a dit à IRIN Mountaga Tall, député. Il a déclaré que les législateurs écouteraient les arguments de la plus haute autorité islamique du Mali au sujet des 10 points controversés qui ont fait l’objet de
manifestations et de menaces
de désobéissance civile et de violences.
Le président Amadou Toumani Touré a renvoyé le projet de code à l’Assemblée, reconnaissant le combat que le gouvernement mène depuis plus de vingt ans pour poursuivre « le double objectif de favoriser un élan de modernisation tout en préservant les fondements de notre société ».
D’après le président, depuis l’adoption du premier code de la famille malien en 1962, il a toujours été très difficile de mettre à jour ce texte et de le faire respecter, ce qui «[prouve] à suffisance que les changements de société ne se décrètent pas». M. Touré a déclaré que « le débat n'est pas clos».
Mohamed Kimbiri, secrétaire du plus haut conseil islamique du Mali, a dit à IRIN que les législateurs avaient certes consulté le conseil à propos du code, mais qu’ils n’avaient pas tenu compte des commentaires des leaders islamiques sur les points conflictuels.
Suite à la récente décision du président, le conseil islamique a annulé toutes les manifestations prévues à ce sujet, « jusqu’à nouvel ordre ».
Opposition au code
Hadja Safiatou Dembélé, présidente d’une association nationale de femmes au Mali, a dit à IRIN qu’elle n’avait pas soutenu le code, bien qu’elle reconnaisse que le texte a pour objectif de défendre les intérêts des femmes. « Nous avons dit d’accord à la révolution, à l’équité mais pas une équité qui brise l’harmonie familiale et qui nous met dos à dos avec nos époux.. » D’après elle, les femmes musulmanes veulent un code qui respecte les valeurs sociétales et religieuses.
Bintou Camara, professeur dans le secondaire, a dit à IRIN que les femmes ne peuvent pas avoir un statut égal à celui des hommes. « On dit qu’il ne peut y avoir deux chefs dans une même famille, c’est l’homme qui commande toujours. C’est pourquoi je veux qu’on laisse le terme obéissance a sa place » Pour elle, l’âge légal du mariage ne devrait pas être relevé à 18 ans. « Parce qu’à 12 ans déjà, beaucoup de nos filles sont majeures et connaissent tout de la vie à cet âge. » D’après elle, 15 ans serait un bon âge légal pour le mariage.
Oumar Coulibaly, boulanger à Koutiala, à 400 kilomètres au sud de la capitale, Bamako, a dit à IRIN qu’il ne comprenait pas pourquoi on révisait le code. « Nous avons déjà nos problèmes quotidiens de cherté de la vie, pourquoi veulent-ils nous pousser avec un code venu je ne sais d’où? »
Kader Maïga, directeur de la communication de la présidence de la République, a dit à IRIN que le président Touré n’avait pas signé le code – qui comprend plus de 1 100 articles, dont 10 sont contestés – par respect pour l’opinion publique. « Nous sommes en démocratie, alors pourquoi, vouloir imposer quelque chose qui ne fait pas l’unanimité? »
D’après le président Touré, la tentative la plus récente d’adaptation du code de la famille de 1962, qui dure depuis 13 ans, est passée par des étapes de concertations régionales, de multiples lectures et révisions, qui ont conduit, au final, à l’approbation du nouveau code par le parlement.
Deuxième round
M. Maïga a déclaré à IRIN que les législateurs « écouteraient toutes les composantes de la société », reconsidèreraient les articles qui ont suscité les protestations les plus vives, et tiendraient compte des critiques dans la nouvelle version. « Nous allons demander à toutes ces composantes de la société d’aller vers leur base pour expliquer le contenu du code», a-t-il dit à IRIN.
Walett Rachette, conseillère municipale de la région de Timbuktu, dans le nord du pays, a dit à IRIN que la controverse au sujet de la promulgation du code reflétait les difficultés rencontrées par le passé pour faire respecter le code de la famille. « Il ne faut pas réveiller les vieux démons ici. » D’après elle, les législateurs n’ont qu’un seul moyen d’éviter les réactions violentes : élaborer une nouvelle version en concertation avec les leaders.
Oumar Touré, un des députés qui avait voté pour le code, a déclaré qu’il était découragé à l’idée d’avoir à se consacrer à nouveau à ce projet de code, qui est le premier à avoir été renvoyé en seconde lecture depuis que la démocratie multipartite a été instaurée au Mali, en 1992. « Nos mandants ne se sont pas donnés le temps de comprendre son contenu. C’est ce qui explique toute la campagne d’intoxication dont nous avons été témoins … Les députés qui ont adopté le code sont pour la plupart de confession musulmane...Je ne crois pas que ceux-ci puissent poser un acte qui va à l’encontre de leur propre religion .», a-t-il dit à IRIN.
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