Le Yémen dans l’impasse – la crise en chiffres

La politique au Yémen a pris une nouvelle fois une tournure dramatique. Les Houthis, des rebelles du nord du pays, se sont en effet emparés du palais présidentiel pour demander la mise en œuvre d’un accord de partage du pouvoir moribond. On craint de nouvelles violences. Certains croient même que le pays est sur le point de se séparer en deux.

Le récent drame s’explique en partie par les nombreux problèmes économiques auxquels est confronté le pays. Le Yémen, le pays le plus pauvre du monde arabe, éprouve des difficultés à nourrir sa population.

Les crises au Yémen
14,7 millions de personnes - près des deux tiers de la population- ont besoin d’une aide humanitaire.
13,1 millions de personnes - près la moitié de la population - n’ont pas accès à l’eau potable et à des systèmes d’assainissement.
Les organisations d’aide humanitaire ont reçu 56 pour cent des 596 millions de dollars demandés pour répondre aux besoins humanitaires.
10,6 millions de personnes ne savent pas de quoi sera fait leur prochain repas.
 8,6 millions de personnes n’ont pas accès à des soins de santé adéquats.
 840 000 enfants souffrent de malnutrition aigüe
334 000 personnes sont déplacées à l’intérieur du pays.
 Source : HCR, PAM, OCHA, OMS, UNICEF

Le montant de l’aide humanitaire accordé au Yémen a malgré tout diminué de 15 pour cent l’an dernier. Le plan d’intervention humanitaire du pays a reçu 335 millions de dollars en 2014, contre 396,2 millions de dollars en 2013. Selon certaines informations, l’Arabie saoudite, qui partage une frontière avec le nord du Yémen et soutient depuis longtemps le pays, aurait supprimé une partie de l’aide accordée à la suite de la prise de la capitale par les Houthis.

Ces nouvelles violences pourraient compliquer encore davantage la fourniture d’une aide humanitaire aux personnes vulnérables. Dans une déclaration, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a dit que 5 400 enfants avaient dû interrompre leurs examens et que nombre d’entre eux étaient restés coincés dans leur école pendant plusieurs heures alors que les combats faisaient rage à l’extérieur. L’hôpital militaire Al-Quds, situé dans le sud de la capitale, Sanaa, a subi des dommages à la suite des affrontements.