Les craintes liées aux maladies et à la faim après le cyclone en Somalie

Deux semaines après le passage d’un cyclone tropical sur la côte nord-est de la Somalie, qui a fait plus d’une centaine de victimes et décimé des milliers de têtes de bétail, de nombreuses infrastructures sont en ruines et les craintes d’une épidémie de maladies hydriques s’intensifient.

Dès le 8 novembre, la tempête a frappé la région autonome du Puntland.

« Pendant quatre jours, le cyclone a causé de fortes pluies, des vents glacés, des crues éclair et des glissements de terrain. Des routes, des maisons, des mosquées, des écoles et des fermes ont été détruites. Des bateaux de pêche ont coulé. Des sources d'eau ont été endommagées », selon Adeso, une organisation d’aide humanitaire et de développement.

Dans un communiqué datant du 21 novembre, M. Kwame Darko, chargé de la Santé dans la délégation somalienne de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a déclaré que « dans les provinces de Dangorayo et d’Eyl, de nombreux puits se sont effondrés pendant la tempête. De nombreuses carcasses de bétail jonchent encore le sol. Les sources d'eau de milliers de personnes ont été contaminées ».

« Nous devons garantir la disponibilité d’une eau potable propre et saine aux personnes touchées par le cyclone, sans quoi il y a de fortes chances que des cas de diarrhée et d'autres maladies hydriques commencent à apparaître. »

M. Darko a ajouté que pendant trois jours, 757 personnes avaient été traitées pour des maladies de peau et des infections respiratoires aiguës.

Dans une mise à jour, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a souligné « le besoin urgent en eau potable dans certains villages reculés où la tempête a endommagé ou détruit toutes les sources d'eau potable. »

Mort et destruction

Selon M. Ali Abdi Warsame, ministre de la Santé dans la région du Puntland, le bilan du cyclone qui a frappé les basses terres de Dhoon Goroyo et d’Eel Madobe dans les régions de Nugaal et d’Hafun s’élève à près de 140 victimes et 300 personnes portées disparues.

M. Ahmed Ismail Hassan a perdu tous ses enfants dans le cyclone. Sur cinq, il n'a retrouvé que trois corps.

Le manque d'accès humanitaire a aggravé la situation. Mme Hawa Ali, mère de six enfants, a déclaré à IRIN que deux de ses enfants étaient morts de faim. « Ma fille de six ans est morte sur mes genoux. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps, et je n’arrive pas à croire ce qui m’est arrivé », a-t-elle expliqué.

M. Dahir Mohamed a perdu tout son bétail. « J'ai perdu 1 000 chèvres ; j'étais avec elles quand la tempête s’est levée en pleine brousse. Elles sont toutes mortes par dizaines, impuissantes [face] à la violence des vents. J'ai même eu peur pour ma vie, mais grâce à Dieu, je suis toujours vivant », a-t-il ajouté.


Un coup dur pour les bergers

Selon le ministre Warsame, le cyclone a été particulièrement préjudiciable à la communauté de bergers qui échange ses produits de l'élevage, tels que le lait et la viande, contre d'autres produits de base.

« Même si le nombre de gens qui ont perdu la vie en Somalie n’est pas aussi élevé que celui des personnes touchées par le typhon Haiyan aux Philippines, le cyclone a causé de nombreux décès et de terribles destructions dans une région qui est déjà en proie à des pénuries alimentaires et à la malnutrition. Pour la communauté des bergers, la perte de bétail pourrait conduire à un plus grand nombre de décès », a déclaré M. Degan Ali, directeur exécutif d’Adeso, dans un communiqué de presse du 21 novembre.

Dans un communiqué, le secrétaire exécutif de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) a réitéré l'appel du gouvernement de la Somalie à l'aide internationale: « Compte tenu de l’ampleur des dégâts causés par les inondations, la capacité du gouvernement de la Somalie est limitée. Par conséquent, au nom de l'IGAD, je lance un appel aux gouvernements donateurs, aux États membres de l'IGAD, aux organisations humanitaires [et] aux organisations internationales et régionales pour les inciter à répondre positivement et rapidement à l'appel lancé par le gouvernement de la Somalie ».

Le 22 novembre, M. Justin Brady, responsable du bureau d'OCHA en Somalie, a reconnu les efforts d'intervention de la communauté humanitaire.

« Je suis heureux de voir que la coordination solide entre la communauté humanitaire et les autorités du Puntland a conduit à des interventions d'urgence adéquates en faveur de près de 30 000 personnes affectées par la tempête tropicale depuis le 11 novembre. Maintenant, nous sommes prêts à établir les besoins à moyen et à long terme des communautés touchées pour soutenir et rétablir les moyens de subsistance perdus, notamment reconstruire le cheptel », a déclaré M. Brady.

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