Lumière sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Asie

Des représentants des Nations Unies, de gouvernements, d’organisations non gouvernementales (ONG) et du secteur privé agricole devraient se réunir à Bangkok, en Thaïlande, le 26 novembre, pour discuter pendant deux jours de la meilleure manière de répondre à la demande alimentaire croissante en Asie-Pacifique et de combler les carences nutritionnelles de cette région du monde la plus touchée par les catastrophes naturelles.

« Pour nourrir une population de neuf milliards d’habitants à l’horizon 2025, nous aurons besoin d’une nouvelle conception de l’agriculture, [...] de produire plus de nourriture avec moins de ressources tout en redynamisant les économies rurales », a dit Radwan Chowdhury, fondateur et président directeur général de la fondation Udion, une ONG bangladaise de réduction de la pauvreté infantile.

« Les agriculteurs risquent de se retrouver coincés au bas de la chaîne de valeur », a dit Bas Bouman, directeur du Partenariat scientifique mondial sur le riz de l’Institut international de recherche sur le riz (IIRR), basé à Manille, la capitale des Philippines.

Bien que près de 80 pour cent de la population pauvre d’Asie-Pacifique vive actuellement en milieu rural, les prévisions des Nations Unies indiquent que la moitié de la population de la région devrait vivre en ville d’ici 2020.

Selon l’IIRR, l’expansion rapide des villes menace l’équilibre recherché par les décideurs entre la réponse aux besoins de sécurité alimentaire en milieu urbain et la protection des moyens de subsistance en milieu rural. L’Institut a averti que l’amélioration de la sécurité alimentaire urbaine devait passer par une réduction des coûts au cours du trajet des aliments « de la ferme à l’assiette », ce qui implique une diminution des profits pour les producteurs ruraux.

La sécurité nutritionnelle mise en avant

Les experts ont depuis longtemps mis en évidence le besoin de collaboration entre les spécialistes de la santé, qui disposent du savoir en la matière, et les décideurs du secteur de l’agriculture, qui pourraient développer des programmes visant à augmenter la valeur nutritionnelle des aliments issus de l’agriculture en leur ajoutant des micronutriments afin de réduire la malnutrition.

« Lorsque l’on parle de sécurité alimentaire, on pense trop en termes de quantité [...] Les aspects nutritionnels de la nourriture sont reconnus, mais ce n’est pas suffisant », a dit M. Bouman.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et d’autres organisations et bailleurs de fonds évoquent de moins en moins la sécurité alimentaire et la nutrition et de plus en plus la « sécurité alimentaire et nutritionnelle », soulignant ainsi le rôle central de la nutrition dans la survie.

L’Aid and International Development Forum (AIDF), organisme britannique chargé de l’organisation du sommet de Bangkok, cherche à créer un lieu d’échanges interdisciplinaires pour trouver des solutions aux problèmes d’alimentation – et de nutrition – de la région. Selon une étude publiée en août 2013 par la Banque asiatique de développement, 537 millions d’habitants de la région seraient sous-alimentés.

« Il est crucial de former des partenariats public/privé [et] le sommet offre une tribune internationale adaptée à ce genre de collaborations », a dit l’organisatrice de l’évènement, Sonja Reutzel.

Les thèmes abordés durant le sommet iront des meilleures interventions sanitaires dans les mille premiers jours de vie d’un enfant (de sa conception à ses deux ans) – qui sont particulièrement décisifs – à l’enrichissement potentiel de l’huile et du riz pour renforcer l’assimilation de micronutriments.

La FAO a observé qu’il y a une vingtaine d’années, les pays en développement du monde entier consommaient déjà 140 millions de tonnes d’huile de cuisson par an. Selon les défenseurs de la sécurité alimentaire, l’huile fait donc partie des aliments prometteurs en matière d’intervention nutritionnelle.

M. Bouman, de l’IIRR, estime que les différents secteurs concernés doivent d’abord collaborer plus étroitement. « L’une des principales priorités et que les secteurs de la nutrition et de la santé collaborent avec les secteurs classiques de l’agriculture, au sein des gouvernements, des ONG et du secteur privé. »

dm/pt/he-ld