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Les opérations de sécurité perturbent la vie des habitants de Lamu au Kenya
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Jimmy Kamude/IRIN
Des vies perturbées
LAMU, 12 février 2013 (IRIN) - Alors que les forces de sécurité kényanes s’efforcent de repousser les insurgés d’Al-Shabab, les opérations militaires et l’insécurité persistante à Kiunga, une ville frontalière isolée du district côtier de Lamu-Est, perturbent les conditions de vie de la population locale, indiquent les habitants.
Les principales activités économiques, y compris le tourisme, tournent au ralenti depuis les attaques perpétrées par les militants d’Al-Shabab originaires de la Somalie voisine. Les efforts déployés par les forces de sécurité kényanes pour éradiquer les opérations d’Al-Shabab ont quant à elles touché l’industrie de la pêche locale.
La pêche artisanale et le tourisme font vivre 90 pour cent de la population de Lamu, qui compte 100 000 habitants, selon le ministère de la Planification.
La pêche en difficulté
Kiunga est une région isolée, située à environ 15 km de Ras Kamboni en Somalie. Les insurgés d’Al-Shabab lancent parfois des attaques surprises sur les villages d’Ishakani, Mangai, Mararani, Basuba, Milimani et sur l’île de Mkokoni à la recherche de nouvelles recrues et de nourriture.
En octobre 2011, après une série d’attaques à la grenade et d’enlèvements ciblant des touristes par Al-Shabab, les forces militaires kényanes ont lancé l’opération « Linda Nchi » - « protéger la nation » en Swahili - afin d’empêcher les militants d’entrer dans le pays.
Avant l’opération, un groupe de pêcheurs répartis sur une vingtaine d’embarcations pouvait attraper jusqu’à trois tonnes de poissons par nuit.
« Chaque équipage attrapait plus de trois tonnes de poissons par nuit ... Les marchands faisaient la queue pour nos poissons, et l’industrie de la pêche employait beaucoup de personnes », a dit Abdi Abdala, l’un des pêcheurs touchés.
La situation a évolué. L’armée, disent les pêcheurs, a imposé un couvre-feu qui empêche les habitants de pêcher la nuit.
« Nous nous demandons pourquoi le gouvernement nous interdit d’aller pêcher la nuit, alors que les pêcheurs somaliens peuvent le faire ? », a dit à IRIN Yusuf Kitete, un homme politique local.
« Les marchands qui viennent acheter du poisson doivent patienter jusqu’à quinze jours pour obtenir 800 kg ou moins, et certains repartent sans poisson », a-t-il ajouté.
Tourisme et autres industries
La peur a éloigné les touristes. Avant le lancement de l’opération militaire, la multiplication des attaques perpétrées par les Al-Shabab a contraint les principaux centres de villégiature de la région à fermer leurs portes. Les habitants qui y travaillaient se sont retrouvés au chômage.
« Nous nous demandons pourquoi le gouvernement nous interdit d’aller pêcher la nuit, alors que les pêcheurs somaliens peuvent le faire ? »
« Le [centre de villégiature] de Munira Camp a rouvert, mais il n’y a pas de touristes étrangers, seulement quelques Kényans. Les propriétaires du Kiwayu Safari Village [un autre centre de villégiature] sont venus ici brièvement pour évaluer la sécurité et au moment de leur départ, ils espéraient revenir après les élections générales », a dit à IRIN Mohamed Saburi, un pêcheur du village de Mkokoni.
Les Awer ou Boni, qui forment un groupe ethnique, ont également été touchés par l’opération militaire et par l’insurrection des Al-Shabab. Ils vivent principalement de la vente de produits de la forêt et de miel, mais ils ne peuvent plus se rendre dans les forêts, car ils risquent d’être enlevés par des militants ou d’être catalogués comme partisans d’Al-Shabab par l’armée.
Le groupe Al-Shabab a été accusé de forcer des mineurs à s’enrôler dans ses rangs.
« Nous sommes des chasseurs-cueilleurs et nous dépendons des forêts, qui sont devenus des champs de combat. Nous n’allons plus en forêt, car nous avons peur de rencontrer des miliciens ou d’être pris pour des membres d’Al-Shabab si [des soldats kényans] nous y trouvent », a dit Ibrahim Mardi du village de Mangai.
Isolation
Les attaques d’Al-Shabab se sont calmées depuis l’intervention militaire en Somalie, mais les habitants ont dit à IRIN qu’ils vivaient encore dans la peur et qu’ils subissaient des restrictions.
« Les habitants ne vivent pas normalement à cause de la peur et des restrictions imposées par le gouvernement. Nous sommes isolés du reste de la population kényane, car nous ne pouvons pas accueillir des gens librement ou aller voir des gens de peur d’être liés à Al-Shabab. Nous sommes à la merci des forces de sécurité », a dit Mohamed Alale.
ds/ko/rz-mg/amz
Theme (s)
:
Economie
,
Sécurité alimentaire
,
Démocratie et gouvernance
,
Paix et sécurité
,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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Des vies perturbées
LAMU, 12 février 2013 (IRIN) - Alors que les forces de sécurité kényanes s’efforcent de repousser les insurgés d’Al-Shabab, les opérations militaires et l’insécurité persistante à Kiunga, une ville frontalière isolée du district côtier de Lamu-Est, perturbent les conditions de vie de la population locale, indiquent les habitants.
Les principales activités économiques, y compris le tourisme, tournent au ralenti depuis les attaques perpétrées par les militants d’Al-Shabab originaires de la Somalie voisine. Les efforts déployés par les forces de sécurité kényanes pour éradiquer les opérations d’Al-Shabab ont quant à elles touché l’industrie de la pêche locale.
La pêche artisanale et le tourisme font vivre 90 pour cent de la population de Lamu, qui compte 100 000 habitants, selon le ministère de la Planification.
La pêche en difficulté
Kiunga est une région isolée, située à environ 15 km de Ras Kamboni en Somalie. Les insurgés d’Al-Shabab lancent parfois des attaques surprises sur les villages d’Ishakani, Mangai, Mararani, Basuba, Milimani et sur l’île de Mkokoni à la recherche de nouvelles recrues et de nourriture.
En octobre 2011, après une série d’attaques à la grenade et d’enlèvements ciblant des touristes par Al-Shabab, les forces militaires kényanes ont lancé l’opération « Linda Nchi » - « protéger la nation » en Swahili - afin d’empêcher les militants d’entrer dans le pays.
Avant l’opération, un groupe de pêcheurs répartis sur une vingtaine d’embarcations pouvait attraper jusqu’à trois tonnes de poissons par nuit.
« Chaque équipage attrapait plus de trois tonnes de poissons par nuit ... Les marchands faisaient la queue pour nos poissons, et l’industrie de la pêche employait beaucoup de personnes », a dit Abdi Abdala, l’un des pêcheurs touchés.
La situation a évolué. L’armée, disent les pêcheurs, a imposé un couvre-feu qui empêche les habitants de pêcher la nuit.
« Nous nous demandons pourquoi le gouvernement nous interdit d’aller pêcher la nuit, alors que les pêcheurs somaliens peuvent le faire ? », a dit à IRIN Yusuf Kitete, un homme politique local.
« Les marchands qui viennent acheter du poisson doivent patienter jusqu’à quinze jours pour obtenir 800 kg ou moins, et certains repartent sans poisson », a-t-il ajouté.
Tourisme et autres industries
La peur a éloigné les touristes. Avant le lancement de l’opération militaire, la multiplication des attaques perpétrées par les Al-Shabab a contraint les principaux centres de villégiature de la région à fermer leurs portes. Les habitants qui y travaillaient se sont retrouvés au chômage.
« Nous nous demandons pourquoi le gouvernement nous interdit d’aller pêcher la nuit, alors que les pêcheurs somaliens peuvent le faire ? »
« Le [centre de villégiature] de Munira Camp a rouvert, mais il n’y a pas de touristes étrangers, seulement quelques Kényans. Les propriétaires du Kiwayu Safari Village [un autre centre de villégiature] sont venus ici brièvement pour évaluer la sécurité et au moment de leur départ, ils espéraient revenir après les élections générales », a dit à IRIN Mohamed Saburi, un pêcheur du village de Mkokoni.
Les Awer ou Boni, qui forment un groupe ethnique, ont également été touchés par l’opération militaire et par l’insurrection des Al-Shabab. Ils vivent principalement de la vente de produits de la forêt et de miel, mais ils ne peuvent plus se rendre dans les forêts, car ils risquent d’être enlevés par des militants ou d’être catalogués comme partisans d’Al-Shabab par l’armée.
Le groupe Al-Shabab a été accusé de forcer des mineurs à s’enrôler dans ses rangs.
« Nous sommes des chasseurs-cueilleurs et nous dépendons des forêts, qui sont devenus des champs de combat. Nous n’allons plus en forêt, car nous avons peur de rencontrer des miliciens ou d’être pris pour des membres d’Al-Shabab si [des soldats kényans] nous y trouvent », a dit Ibrahim Mardi du village de Mangai.
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« Les habitants ne vivent pas normalement à cause de la peur et des restrictions imposées par le gouvernement. Nous sommes isolés du reste de la population kényane, car nous ne pouvons pas accueillir des gens librement ou aller voir des gens de peur d’être liés à Al-Shabab. Nous sommes à la merci des forces de sécurité », a dit Mohamed Alale.
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