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Frederik Ngubane, apatride en Afrique du Sud : « J’ai l’impression que mon avenir est en suspens »

PRETORIA, 31 janvier 2013 (IRIN) - Frederik Ngubane, un Sud-Africain de 22 ans, est revenu dans son pays natal en 2009, après avoir passé son enfance au Kenya et en Ouganda. M. Ngubane, qui est orphelin, avait perdu tout contact avec ses parents sud-africains ; peu de temps après son arrivée dans le pays, il a perdu son certificat de naissance, le seul document prouvant sa nationalité. Pendant quatre ans, il a été apatride et, aujourd’hui, l’espoir de voir sa situation s’améliorer s’amenuise.

« Ma mère et mon père étaient sud-africains, mon père est mort en 1993 et ma mère [et moi] sommes partis au Kenya. J’ai grandi là-bas jusqu’à la mort de ma mère, en 2002, et ensuite je suis parti en Ouganda avec ma tante.

« À la mort de ma tante, je suis revenu en Afrique du Sud pour essayer de reprendre contact avec ma famille. Je n’étais pas en contact avec eux, mais je savais où ils vivaient ; je pensais que ce serait facile.

« Je n’avais pas de passeport, seulement un certificat de naissance [sud-africain]. Il m’a fallu quatre mois pour venir ici depuis l’Ouganda. Malheureusement, j’ai tout perdu quand j’ai été pris otage à Tonga, à environ 40km de la frontière [mozambicaine]. Ils m’ont gardé une nuit, ils voulaient que je leur donne le numéro de téléphone d’un parent à qui ils pourraient demander de l’argent, mais je me suis enfui.

« Je suis allé à Newcastle [dans la province du KwaZulu-Natal] pour retrouver la famille de mon père – c’est à ce moment-là que j’ai été arrêté. Je suis allé au poste de police pour demander de l’aide et j’ai rencontré un policier qui portait le même nom de famille que moi. Il m’a ramené chez lui ; ensuite, nous sommes allés au [département] des Affaires intérieures. Ils m’ont interrogé et j’ai passé trois semaines au poste de police avant d’être transféré à Lindela [centre de rapatriement].

« Ils ont essayé de me déporter. Ils ont appelé l’ambassade ougandaise, mais ils ont répondu non. Ensuite, ils ont essayé le Kenya, mais eux-aussi ont dit non. Alors, après trois mois, ils m’ont relâché.

« Une fois libre, je suis allé au département des Affaires intérieures de Johannesburg, mais ils m’ont mis dehors. J’ai également essayé de déposer une demande d’asile, mais ils ont refusé, car je suis né en Afrique du Sud.

« Je ne sais pas combien de fois je suis allé au département des Affaires intérieures. Un homme que j’ai rencontré là-bas m’a dit la semaine dernière qu’une personne qui a de l’argent peut obtenir la nationalité. À Newcastle aussi, ils m’ont dit que si j’avais de l’argent, je pourrais obtenir de l’aide. Si on n’a pas d’argent, on souffre.

« J’ai été arrêté à plusieurs reprises. Ça peut arriver quand je passe dans le CBD [Central Business District, quartier d’affaires]. Mais quand ils appellent les Affaires intérieures, on leur dit que mon dossier est en cours de traitement et ils me relâchent.

« Je me suis beaucoup déplacé ; je ne me suis pas installé. Aujourd’hui, je vis dans un abri à Pretoria. Je travaille à la pièce, mais pour la plupart des emplois, ils demandent une carte d’identité.

« C’est en 2010 que je suis venu à Lawyers for Human Rights (avocats pour les droits de l’homme) pour la première fois. Ils m’ont aidé à faire une demande d’exemption pour obtenir la résidence permanente, mais je n’ai pas l’impression que ça avance.

« C’est trop dur. J’ai l’impression que mon avenir est en suspens, je ne peux pas avancer. Je suis totalement désespéré.

« Il y a des gens qui ont vécu en Afrique du Sud toute leur vie et qui n’ont pas de papiers, alors je pense que j’ai peu de chances. Je suis prêt à partir dans n’importe quel pays qui me viendrait en aide ».

ks/rz-mg/amz

Theme (s): Droits de l'homme, Migration,

[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]

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