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Des travaux novateurs ouvrent de nouvelles pistes dans la recherche d’un vaccin anti-VIH

JOHANNESBOURG, 16 janvier 2013 (IRIN) - Le seul essai clinique de vaccin anti-VIH ayant obtenu un succès modéré a été réalisé il y a trois ans. Encore aujourd’hui toutefois, l’interprétation de ses résultats continue d’apporter de nouvelles informations au sujet du virus et ravive l’espoir d’un futur vaccin.

En 2009, des chercheurs ont publié les résultats d’une étude réalisée en Thaïlande sur une période de six ans et connue sous le nom de RV144. L’essai, mené auprès de 16 000 hommes et femmes séronégatifs, a révélé que le taux d’infection au VIH était 31 pour cent plus faible chez les participants qui avaient reçu le vaccin que chez ceux à qui on avait administré un placebo.

Si ce taux de protection est encourageant, il est encore loin du taux de prévention minimum de 50 pour cent nécessaire pour ralentir l’épidémie, qui touche environ 34 millions de personnes dans le monde, selon des chercheurs de l’université Duke, aux États-Unis.

Aujourd’hui, les chercheurs disent mieux comprendre les raisons du succès du vaccin – et des cibles potentielles pour la mise au point de futurs vaccins.

Selon l’étude, publiée dans une édition récente du journal Immunity, le vaccin aurait déclenché la réponse immunitaire de quatre anticorps différents. En utilisant les données collectées auprès de trois des participants à l’essai, les chercheurs de l’université Duke, du Programme de recherche sur le VIH de l’armée américaine et du ministère thaïlandais de la Santé publique ont déterminé que les anticorps agissaient sur un site important situé à la surface des cellules infectées par le VIH. Les anticorps identifiaient les cellules infectées afin que les cellules tueuses naturelles les détruisent dans le cadre de la réponse immunitaire du corps.

Cette recherche pourrait changer la façon dont les vaccins contre le VIH seront mis au point à l’avenir.

Selon Barton Haynes, co-auteur de l’étude et directeur de l’Institut de vaccin humain de l’université Duke, ces résultats démontrent l’importance des sites dits « variables », situés sur la surface des cellules infectées et souvent ignorés dans la recherche sur les vaccins. Jusqu’à présent, la plupart des chercheurs ont évité de fonder leurs espoirs sur de tels sites, car ils diffèrent d’une souche du virus à l’autre, a-t-il dit à IRIN/PlusNews.

Il a ajouté qu’il fallait cependant faire preuve de prudence, car les chercheurs ne sont pas certains que ce type de réponse immunitaire permette d’expliquer le succès limité de l’essai réalisé en Thaïlande.

Les résultats de l’étude sont similaires à ceux obtenus récemment par des chercheurs sud-africains. Ces derniers auraient identifié une autre cible potentielle des vaccins contre le VIH. L’étude s’intéresse à des anticorps neutralisants qui ciblent des sucres spécifiques et s’y lient, empêchant du même coup le virus d’infecter les cellules saines. D’après M. Haynes, le candidat idéal au vaccin contre le VIH serait capable de produire les deux types de réponses immunitaires.

llg/kn/rz-gd/amz

Theme (s): VIH/SIDA (PlusNews),

[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]

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