Émissions de mercure en hausse dans les pays en développement

Selon une nouvelle étude conduite par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), les pays en développement sont confrontés à une croissance des émissions de mercure qui met gravement en péril la santé de leur population.

Le rapport intitulé Global Mercury Assessment 2013 (Évaluation mondiale du mercure 2013), rendu public le 10 janvier à Nairobi, la capitale kényane, révèle que les émissions de ce métal toxique émanant de l’extraction artisanale de l’or ont doublé depuis 2005. Cela s’explique par la hausse du prix de l’or, qui a entraîné une augmentation de l’exploitation des mines d’or.

« Ce rapport rassemble des données scientifiques prouvant que le mercure présente un risque important pour la vie humaine, notamment en raison des contaminations au sein de la chaîne alimentaire », a dit Achim Steiner, directeur général du PNUE.

Le mercure peut avoir des effets négatifs sur le système nerveux central, la thyroïde, les reins, les poumons, le système immunitaire et les yeux. L’exposition au mercure menace directement la santé des 10 à 15 millions de personnes travaillant dans de petites exploitations aurifères.

Contamination de la nourriture

Selon le rapport, environ 260 tonnes de mercure présent dans le sol sont rejetées dans les rivières et les lacs à l’échelle mondiale.

L’extraction aurifère artisanale, qui utilise le mercure pour séparer le métal du minerai, et la combustion du charbon à des fins de production énergétique sont les deux activités qui contribuent le plus aux émissions mondiales de mercure. En 2010, l’extraction minière était responsable de 37 pour cent des émissions mondiales de mercure. Les déchets ménagers, la production de ciment et le raffinage du pétrole contribuent également à ces émissions.

« Dans de nombreux pays en développement comme le Kenya, l’extraction artisanale de l’or est réalisée près de points d’eau tels que des ruisseaux ou des rivières, qui entraînent le mercure rejeté jusque dans les lacs ou autres plans d’eau », a expliqué à IRIN Richard Mwendandu, directeur des accords multilatéraux sur l’environnement du ministère kenyan de l’Environnement et des Ressources minérales.

Selon le rapport, « la majeure partie des expositions des humains au mercure et des risques qui en découlent pour la santé passent par la consommation de produits de la mer ».

« L’Afrique et l’Asie sont particulièrement vulnérables aux effets du mercure. En effet, l’utilisation du charbon pour produire de l’énergie et l’extraction minière artisanale sont en augmentation dans les pays en développement », a précisé M. Steiner, du PNUE.

Solutions alternatives

Le rapport appelle les gouvernements à instaurer des cadres réglementaires et des mesures incitatives pour favoriser la transition vers des solutions alternatives viables, sûres et rentables. Il invite par ailleurs à un meilleur contrôle des émissions de mercure et une collecte de données permettant de mieux connaître les risques que cela pose pour les humains et la nature.

Par le biais de son Partenariat mondial sur le mercure, le PNUE a fixé comme objectif de réduire de 70 pour cent la demande de thermomètres et appareils de mesure de la tension artérielle fonctionnant au mercure d’ici 2017.

Une conférence est organisée à Genève du 13 au 18 janvier pour rédiger un traité mondial juridiquement contraignant destiné à réduire l’exposition de l’homme et de l’environnement au mercure.

« Lorsque nous parviendrons à élaborer un tel traité, les gouvernements nationaux bénéficieront d’un soutien mondial pour résoudre le problème du mercure, » a dit M. Steiner à IRIN.

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