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mercredi 19 juin 2013
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AFRIQUE DE L’OUEST: Les enseignements tirés du choléra
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Otto Bakano/IRIN
La grave épidémie de choléra de 2012 en Guinée et en Sierra Leone prouve qu'une meilleure préparation est nécessaire
DAKAR, 2 janvier 2013 (IRIN) - L’épidémie de choléra qui a frappé la Guinée et la Sierra Leone en 2012 est en régression. Que faut-il faire maintenant ? Commencer à se préparer… à affronter le choléra.
C’est une partie du message envoyé par les bailleurs de fonds, les travailleurs humanitaires et les responsables des services de santé après la plus grave épidémie de choléra depuis des années, épidémie qui a contaminé près de 30 000 personnes et en a tué 400 autres dans les deux pays, principalement en Sierra Leone. Ils appellent à une meilleure préparation face au choléra, fondée sur les enseignements tirés de l’épidémie et sur une stratégie mise à l’essai en Guinée en 2012.
Depuis 2009, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Action Contre la Faim (ACF), le gouvernement guinéen, l’Office d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) et l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) ont pris des mesures pour se préparer à une nouvelle épidémie, notamment en mettant en place des centres de dépistage communautaires, des campagnes d’informations auprès du grand public et des exercices de simulation.
« La propagation du choléra est favorisée par la désorganisation », a déclaré Christophe Valingot, spécialiste de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (WASH) pour ECHO. « Le choléra se propage très rapidement, il peut passer de 30 à plusieurs centaines de cas par semaine en très peu de temps. Quand il n’y a qu’une faible voire aucune préparation, nous perdons la possibilité d’éviter toutes ces maladies ».
Mais la préparation n’est pas vraiment un facteur de motivation pour les gouvernements et les bailleurs de fonds. « Nous avons beaucoup de mal à faire admettre la nécessité de fonds pour ce travail de préparation en Guinée », a déclaré M. Valingot.
Le besoin de stratégies
Les données récoltées en Afrique de l’Ouest au cours de la dernière décennie montrent qu’un pays ne peut présenter que peu voire aucun cas de choléra pendant plusieurs années, puis être frappé par des centaines de cas. « Les donateurs, les ONG [organisations non gouvernementales] et les gouvernements s’investissent entièrement lorsqu’une grave épidémie surgit, mais c’est comme si tout cela disparaissait complètement pendant les quelques périodes d’accalmie », a expliqué M. Valingot. « Finalement, cela montre les faibles progrès réalisés en matière de lutte contre le choléra ».
Selon les travailleurs sanitaires, la stratégie de l’UNICEF s’est révélée efficace en Guinée cette année, et l’ECHO et l’UNICEF cherchent à l’appliquer à toute la région.
Dans ce cas, pourquoi la Guinée a-t-elle quand même enregistré près de 7 300 cas ? Pour commencer,
la souche
découverte dans la région est bien plus virulente que les souches précédentes, a expliqué François Bellet, spécialiste de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (WASH) pour l’UNICEF en Afrique de l’Ouest et centrale.
« Bien sûr, il est impossible de savoir quelle aurait été la situation en Guinée en l’absence de cette stratégie », a-t-il déclaré à IRIN. « Mais compte tenu de la virulence de cette souche, il se pourrait bien que nous ayons évité une épidémie semblable à celle qui a ravagé le
Zimbabwe en 2008-2009
. À l’époque, le choléra avait contaminé près de 100 000 personnes au Zimbabwe et en avait tué plus de 4 000.
À la mi-décembre, la Sierra Leone comptait 22 345 cas de choléra et 286 décès sur une population de 5,6 millions. La Guinée, dont la population fait presque le double, enregistrait 7 321 cas de choléra et 121 décès.
L’utilisation du GPS
Les spécialistes WASH et les responsables des services de santé ont affirmé que l’utilisation du système de positionnement global (GPS) dans la capitale guinéenne de Conakry était primordiale. Répertorier géographiquement les foyers de choléra aide les travailleurs sanitaires à mieux cibler les actions WASH à effectuer. Le GPS facilite également les visites de suivi permettant d’identifier les pratiques à haut risque qui accélèrent la propagation de la maladie. D’après l’UNICEF et l’ACF, la localisation géographique et le GPS ne sont pas systématiquement utilisés en Sierra Leone.
M. Bellet a déclaré que les centres d’observation étaient essentiels en Guinée, car ils favorisaient une rapidité de réaction en termes de santé, d’eau et d’assainissement. En février, les premiers cas de choléra en Guinée ont été dépistés et signalés à ces centres communautaires par des personnes formées dans le cadre de la stratégie de préparation. Un des membres de la communauté a déclaré aux responsables des services de santé : « C’est revenu ».
« Ils savaient que c’était le choléra avant tout examen biologique », a déclaré M. Bellet.
Ils savaient également qu’il était plus agressif que d’habitude. Un chef traditionnel de village dans l’île de Kaback en Guinée a déclaré à l’UNICEF qu’il avait connu six grandes épidémies, mais qu’il n’avait jamais vu de maladie aussi virulente. Pour M. Bellet, cela souligne l’importance de l’engagement communautaire et de la sagesse des anciens.
Lors d’une assemblée du 11 décembre réunissant l’ECHO, l’UNICEF et l’ACF pour présenter une rétrospective de l’épidémie de 2012 et des mesures de riposte engagées, l’une des recommandations était de créer des centres d’observation en Sierra Leone. Les participants ont aussi évoqué l’importance du maintien de ces centres en Guinée, où le financement public est insuffisant et les agents formés restent rarement en poste longtemps.
Eau salubre et installations sanitaires adaptées
Si la préparation et la sensibilisation à l’hygiène doivent être présentes toute l’année, ce qui est indispensable avant tout est l’accès continu à l’eau salubre et à un système sanitaire convenable. C’est seulement en Afrique, et principalement en Afrique de l’Ouest, que les cas de choléra augmentent chaque année. C’est lié à la lenteur des progrès accomplis en matière d’assainissement de l’eau et d’installations sanitaires, a déclaré M. Valingot, spécialiste pour l’ECHO.
« Le choléra est une maladie dont la présence indique clairement que quelque chose ne va pas », a-t-il dit. « S’il y a un taux élevé de cas de choléra, cela signifie probablement que beaucoup d’enfants meurent d’autres maladies diarrhéiques. Le Vibrio cholerae n’est pas tout le temps présent, il est souvent apporté de l’extérieur. Et sans barrières de protection telles que des installations sanitaires adaptées et de l’eau salubre, l’épidémie éclate ».
L’épidémiologiste Stanislas Rebaudet, qui a analysé la souche de choléra trouvée en Guinée, affirme que le fait qu’elle ait probablement été importée au lieu d’être présente dans l’environnement était porteur d’un message important : la maladie n’est pas inévitable et la mise en place de ces barrières de protection est salutaire.
np/ob/cb-fc/amz
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Santé et nutrition
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Eau et Assainissement
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[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]
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MONDE: IRIN Service français - Bulletin hebdomadaire humanitaire 675 14 juin 2013
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La grave épidémie de choléra de 2012 en Guinée et en Sierra Leone prouve qu'une meilleure préparation est nécessaire
DAKAR, 2 janvier 2013 (IRIN) - L’épidémie de choléra qui a frappé la Guinée et la Sierra Leone en 2012 est en régression. Que faut-il faire maintenant ? Commencer à se préparer… à affronter le choléra.
C’est une partie du message envoyé par les bailleurs de fonds, les travailleurs humanitaires et les responsables des services de santé après la plus grave épidémie de choléra depuis des années, épidémie qui a contaminé près de 30 000 personnes et en a tué 400 autres dans les deux pays, principalement en Sierra Leone. Ils appellent à une meilleure préparation face au choléra, fondée sur les enseignements tirés de l’épidémie et sur une stratégie mise à l’essai en Guinée en 2012.
Depuis 2009, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Action Contre la Faim (ACF), le gouvernement guinéen, l’Office d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) et l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) ont pris des mesures pour se préparer à une nouvelle épidémie, notamment en mettant en place des centres de dépistage communautaires, des campagnes d’informations auprès du grand public et des exercices de simulation.
« La propagation du choléra est favorisée par la désorganisation », a déclaré Christophe Valingot, spécialiste de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (WASH) pour ECHO. « Le choléra se propage très rapidement, il peut passer de 30 à plusieurs centaines de cas par semaine en très peu de temps. Quand il n’y a qu’une faible voire aucune préparation, nous perdons la possibilité d’éviter toutes ces maladies ».
Mais la préparation n’est pas vraiment un facteur de motivation pour les gouvernements et les bailleurs de fonds. « Nous avons beaucoup de mal à faire admettre la nécessité de fonds pour ce travail de préparation en Guinée », a déclaré M. Valingot.
Le besoin de stratégies
Les données récoltées en Afrique de l’Ouest au cours de la dernière décennie montrent qu’un pays ne peut présenter que peu voire aucun cas de choléra pendant plusieurs années, puis être frappé par des centaines de cas. « Les donateurs, les ONG [organisations non gouvernementales] et les gouvernements s’investissent entièrement lorsqu’une grave épidémie surgit, mais c’est comme si tout cela disparaissait complètement pendant les quelques périodes d’accalmie », a expliqué M. Valingot. « Finalement, cela montre les faibles progrès réalisés en matière de lutte contre le choléra ».
Selon les travailleurs sanitaires, la stratégie de l’UNICEF s’est révélée efficace en Guinée cette année, et l’ECHO et l’UNICEF cherchent à l’appliquer à toute la région.
Dans ce cas, pourquoi la Guinée a-t-elle quand même enregistré près de 7 300 cas ? Pour commencer,
la souche
découverte dans la région est bien plus virulente que les souches précédentes, a expliqué François Bellet, spécialiste de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (WASH) pour l’UNICEF en Afrique de l’Ouest et centrale.
« Bien sûr, il est impossible de savoir quelle aurait été la situation en Guinée en l’absence de cette stratégie », a-t-il déclaré à IRIN. « Mais compte tenu de la virulence de cette souche, il se pourrait bien que nous ayons évité une épidémie semblable à celle qui a ravagé le
Zimbabwe en 2008-2009
. À l’époque, le choléra avait contaminé près de 100 000 personnes au Zimbabwe et en avait tué plus de 4 000.
À la mi-décembre, la Sierra Leone comptait 22 345 cas de choléra et 286 décès sur une population de 5,6 millions. La Guinée, dont la population fait presque le double, enregistrait 7 321 cas de choléra et 121 décès.
L’utilisation du GPS
Les spécialistes WASH et les responsables des services de santé ont affirmé que l’utilisation du système de positionnement global (GPS) dans la capitale guinéenne de Conakry était primordiale. Répertorier géographiquement les foyers de choléra aide les travailleurs sanitaires à mieux cibler les actions WASH à effectuer. Le GPS facilite également les visites de suivi permettant d’identifier les pratiques à haut risque qui accélèrent la propagation de la maladie. D’après l’UNICEF et l’ACF, la localisation géographique et le GPS ne sont pas systématiquement utilisés en Sierra Leone.
M. Bellet a déclaré que les centres d’observation étaient essentiels en Guinée, car ils favorisaient une rapidité de réaction en termes de santé, d’eau et d’assainissement. En février, les premiers cas de choléra en Guinée ont été dépistés et signalés à ces centres communautaires par des personnes formées dans le cadre de la stratégie de préparation. Un des membres de la communauté a déclaré aux responsables des services de santé : « C’est revenu ».
« Ils savaient que c’était le choléra avant tout examen biologique », a déclaré M. Bellet.
Ils savaient également qu’il était plus agressif que d’habitude. Un chef traditionnel de village dans l’île de Kaback en Guinée a déclaré à l’UNICEF qu’il avait connu six grandes épidémies, mais qu’il n’avait jamais vu de maladie aussi virulente. Pour M. Bellet, cela souligne l’importance de l’engagement communautaire et de la sagesse des anciens.
Lors d’une assemblée du 11 décembre réunissant l’ECHO, l’UNICEF et l’ACF pour présenter une rétrospective de l’épidémie de 2012 et des mesures de riposte engagées, l’une des recommandations était de créer des centres d’observation en Sierra Leone. Les participants ont aussi évoqué l’importance du maintien de ces centres en Guinée, où le financement public est insuffisant et les agents formés restent rarement en poste longtemps.
Eau salubre et installations sanitaires adaptées
Si la préparation et la sensibilisation à l’hygiène doivent être présentes toute l’année, ce qui est indispensable avant tout est l’accès continu à l’eau salubre et à un système sanitaire convenable. C’est seulement en Afrique, et principalement en Afrique de l’Ouest, que les cas de choléra augmentent chaque année. C’est lié à la lenteur des progrès accomplis en matière d’assainissement de l’eau et d’installations sanitaires, a déclaré M. Valingot, spécialiste pour l’ECHO.
« Le choléra est une maladie dont la présence indique clairement que quelque chose ne va pas », a-t-il dit. « S’il y a un taux élevé de cas de choléra, cela signifie probablement que beaucoup d’enfants meurent d’autres maladies diarrhéiques. Le Vibrio cholerae n’est pas tout le temps présent, il est souvent apporté de l’extérieur. Et sans barrières de protection telles que des installations sanitaires adaptées et de l’eau salubre, l’épidémie éclate ».
L’épidémiologiste Stanislas Rebaudet, qui a analysé la souche de choléra trouvée en Guinée, affirme que le fait qu’elle ait probablement été importée au lieu d’être présente dans l’environnement était porteur d’un message important : la maladie n’est pas inévitable et la mise en place de ces barrières de protection est salutaire.
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