Kumari Magar – Domestique au Népal

Kumari Magar, 30 ans, gagne 90 dollars par mois en faisant des ménages dans la capitale népalaise, Katmandou – à peine assez pour vivre. Elle habite avec son frère et sa sœur après avoir quitté, il y a six ans, le village de Dolalghat, à 100 km au nord-est de Katmandou, pour échapper à une vie de dur labeur comme agricultrice de subsistance.

Nom : Kumari Magar

Âge : 30 ans

Lieu : Katmandou

Est-ce que votre mari vit avec vous ? Je suis célibataire.

Quelle est votre activité principale ? Employée domestique.

Quel est votre salaire mensuel ? 50 dollars.

Quel est le montant total de vos revenus – y compris le salaire de votre mari, ainsi que toute autre source de revenus supplémentaire ? 90 dollars.

Combien de personnes vivent chez vous – quels sont vos liens de parenté ? Deux – un frère et une sœur.

Combien de personnes dépendent de votre revenu ou du revenu de votre mari – quels sont vos liens de parenté ? Nous dépendons les uns des autres. Mes parents dépendent de nous et tous les mois, nous leur envoyons un peu d’argent.

Combien dépensez-vous par mois pour la nourriture ? 25 dollars.

Quel est votre aliment de base principal – combien cela vous coûte par mois ? Le riz et les légumes – 25 dollars.

Combien payez-vous pour le loyer ? 20 dollars.

Combien dépensez-vous pour le transport ? 30 dollars.

Combien dépensez-vous par mois pour l’éducation de vos enfants ? Je n’ai pas d’enfants, mais j’essaie de donner de l’argent à ma sœur pour l’aider avec les siens.

Après avoir payé toutes vos factures du mois, combien vous reste-t-il ? Rien.

Avez-vous, vous ou un autre membre de votre famille, été obligée de sauter des repas ou de réduire les portions de nourriture au cours des trois derniers mois ? Oui. Il y a quatre mois, comme j’étais malade, je ne pouvais pas travailler et j’ai perdu mon salaire. Je n’avais pas assez d’argent pour acheter de la nourriture.

Avez-vous été obligée d’emprunter de l’argent (ou de la nourriture) au cours des trois derniers mois pour subvenir aux besoins essentiels de votre famille ? Oui, à des amis. J’ai aussi demandé des avances sur salaire à mon employeur.

« Venir à Katmandou était une erreur. Je n’arrive pas à économiser le moindre sou. Il ne reste jamais rien à la fin du mois. La majorité de mon salaire part dans la nourriture, et le reste dans le loyer. Mon frère et ma sœur sont dans le même cas.

« Au cours des deux dernières années, le prix des légumes, du lait et du sucre a vraiment augmenté. Nous avons commencé à nous passer de lait et de sucre et nous consommons désormais des portions de légumes réduites.

« Parfois, j’arrive à économiser de l’argent lorsque mes employeurs organisent des fêtes chez eux et que je peux rapporter les restes à ma famille. Cela nous permet de nous nourrir, quelquefois pendant plusieurs jours.

« Les domestiques comme moi rêvent de travailler pour des expatriés européens ou américains, car ils nous paient environ 150 dollars par mois. La plupart d’entre nous n’ont pas cette chance, cependant.

« Je suis mieux comme ça [célibataire]. Si j’avais des enfants, ils souffriraient. Je vois ma sœur qui souffre déjà. Elle travaille tellement dur pour nourrir ses enfants et les envoyer à l’école. Son mari les a abandonnés.

« Je dois trouver plus de travail. Je ne peux rien économiser et je ne peux même pas rembourser l’argent que mes amis m’ont prêté il y a quatre mois.

« Mon employeur dit qu’il va augmenter mon salaire de 10 pour cent… [Mais] je suis totalement à la merci de mes employeurs qui peuvent facilement me renvoyer s’ils ne sont pas satisfaits. Peut-être vont-ils trouver quelqu’un qui travaillera pour encore moins que moi ».

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